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Comment mettre en place des indicateurs de performance efficaces
L’approche quantitative est privilégiée au détriment du qualitatif
La mise en place d’un système de reporting performant n’est
pas uniquement une affaire d’informatique, une réflexion approfondie
sur les critères-clés de choix des applications doit être
menée au préalable
L’efficacité d’un système
de reporting se mesure par la qualité des décisions qu’il
permet de prendre.

Au cours d’une récente mission menée auprès d’une entreprise importante, le directeur général s’est plaint de son système d’indicateurs de gestion de performance qui ne lui permettait pas de piloter efficacement
l’activité de son entreprise et nous a demandé d’établir
un diagnostic détaillé de ce domaine.
Dès les premiers jours, nous nous sommes rendu compte que l’entreprise
souffrait plus de l’existence d’une multitude d’indicateurs
que de leur insuffisance, et la première recommandation fut de diviser
leur nombre par dix (trop d’informations tue l’information).
En effet, la multiplication des applications comptables et financières,
et le développement des ERP (système d’information) ainsi
que des solutions de reporting, ont facilité l’élaboration
d’informations et d’états, privilégiant de ce fait
une approche quantitative au détriment de l’aspect qualitatif.
Les déterminants d’un système de reporting destiné à la
direction générale
L’efficacité d’un système d’indicateurs et
de reporting destiné à la direction générale et/ou
au comité de direction dépend essentiellement d’un ensemble
de critères qu’on peut résumer en cinq points.
1- Utiliser un nombre limité d’indicateurs
Le nombre d’indicateurs doit être réduit au minimum «significativement» utile.
A titre d’anecdote, un grand chef d’Etat refusait catégoriquement
de lire et interdisait à son directeur de cabinet de lui transmettre
des notes de plus de 2 pages par problème et ce, quelle que soit sa
complexité.
L’activité de l’entreprise doit donner lieu à la
définition des process importants, des référentiels et
des indicateurs. Les process généralement en vigueur portent
sur les achats, la production, la commercialisation, la productivité,
le financement, etc.
Ainsi, et au titre du premier process, il est opportun de suivre l’évolution
des conditions d’achat, surtout lorsque celles-ci impactent d’une
manière importante la structure des prix de revient ou lorsque l’activité de
l’entreprise est de nature commerciale. Dans cet esprit, il est intéressant
de suivre, notamment, les achats réalisés dans le cadre des contrats
annuels et ceux qui sont faits en dehors.
Au titre du process production, il est pertinent d’effectuer un suivi
des coûts de production hors matières ainsi que le degré d’utilisation
de l’outil industriel.
Au titre de l’axe commercial, le développement des CRM permet
de disposer d’informations sur l’efficacité commerciale
de l’entreprise et la qualité de la relation clients.
L’axe productivité peut donner lieu à la définition
d’indicateurs cibles auxquels les réalisations sont rapprochées.
Au titre de l’axe financement, deux indicateurs peuvent être retenus, à savoir
la génération de cash par l’activité et le coût
de financement.
2- Adapter les indicateurs aux éléments-clés de la stratégie
de l’entreprise
Il convient dans un second temps de veiller à l’adaptation de
ces indicateurs aux éléments-clés et significatifs de
la stratégie d’entreprise. Dans ce sens, les paramètres
retenus doivent donner lieu à un examen annuel afin de s’assurer
de la persistance de leur utilité. Il n’est pas rare de voir,
d’un exercice à l’autre, un nombre important d’indicateurs
devenir sans intérêt et donc être abandonnés et remplacés
par de nouveaux indicateurs.
3- Harmoniser les concepts
La définition de ces indicateurs doit être accompagnée
d’une action d’harmonisation des concepts au sein de la société.
Ceci est encore plus important au sein d’un groupe à activités
multiples et différentes. En effet, un indicateur doit avoir la même
signification pour tout le monde et il ne doit subsister aucune marge d’interprétation
individuelle pour qui que ce soit. En revanche, ce qui est recherché à travers
l’analyse d’un indicateur ou de son évolution, c’est
de pouvoir identifier suffisamment tôt une tendance de satisfaction ou
encore de risque à laquelle il faut remédier rapidement.
4- Priorité aux indicateurs faciles à traiter
La priorité doit être donnée aux indicateurs dont l’élaboration
ne nécessite pas de multiples retraitements et écarter ceux dont
la mise en œuvre est trop complexe par rapport à leur pertinence.
5- Concentrer la production des indicateurs dans une courte
période
La production de l’ensemble des indicateurs doit être concentrée
dans les délais les plus courts, et de préférence identiques,
afin de permettre aux destinataires de disposer d’une vision globale
et homogène de la situation. Le «timely» est donc un élément-clé de
la qualité d’un système d’informations.
Un système de reporting doit être adapté aux spécificités
de l’entreprise et du secteur
Lors d’une autre intervention dans une entreprise importante, le directeur
financier nous a demandé en premier lieu de lui présenter, avant
de parler de la consistance des missions que nous avions réalisées
par ailleurs, des tableaux de bord que nous proposions à nos clients.
Il a manifesté un grand étonnement quand nous lui avons répondu
que nous n’en avions pas, et que le système de reporting est l’exemple
type de domaines où il est nécessaire de faire du sur-mesure,
adapté aux spécificités du secteur et de l’activité de
l’entreprise ainsi qu’aux attentes de ses dirigeants.
La mise en place d’un «datawherehousing» et l’utilisation
des logiciels de BPM (business performance management) permet d’aller
puiser l’information dans les différentes applications de gestion
et de construire des informations synthétiques qui permettent de disposer
d’une vue globale et cohérente sur l’évolution de
l’activité de l’entreprise.
En revanche, la mise en place d’un système de reporting performant
n’est pas uniquement une affaire d’informatique. A cet effet, il
faut éviter de se donner bonne conscience en investissant uniquement
dans des applications. Une réflexion approfondie permettant de définir
des critères-clés doit être menée préalablement
au choix des applications. Ces indicateurs servent, en par ailleurs, à l’appréciation
de l’efficacité du management et, dans certaines entreprises, à la
détermination de la rémunération variable des dirigeants,
communément appelée bonus.
Le système de reporting se trouve par ailleurs crédibilisé par
la qualité et la rapidité des décisions qu’il permet
de prendre et les résultats qu’il permet d’atteindre.
Mohamed
EL HAJJOUJI
Administrateur
AKCE Finance, conseil opérationnel en financement et trésorerie,
GESPER Services
www.lavieeco.com
2005-11-18
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