Formation continue : Quels critères pour une formation de haut niveau ?
30 janvier 2018
Brahim Habriche (1945 articles)
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Formation continue : Quels critères pour une formation de haut niveau ?

Qualité des intervenants, originalité des méthodes d’enseignement, implication des participants…, beaucoup de critères influent sur la renommée d’une formation. En MBA, les participants apprennent des méthodes et des concepts mais surtout à travailler sur des études de cas et des projets d’entreprises.

Titre pompeux, formation vous garantissant monts et merveilles…Attention, tous les MBA ne se valent pas. Le problème est qu’il est n’est pas toujours aisé de différencier les bons des mauvais. Malgré toutes les promesses, il peut arriver qu’on s’ennuie dès les premiers cours, tout simplement parce que les contenus réels des programmes sont loin des attentes.

En MBA, les participants apprennent en théorie des méthodes et des concepts mais surtout à travailler sur des études de cas et des projets d’entreprises. Dans tous les cas, ils auront à utiliser leur sens de la communication à travers les présentations mais aussi à travailler en équipe. En effet, dans le but de reproduire des situations réelles de travail, les participants sont très souvent amenés à travailler en groupes multiculturels sur différents projets. Cela demande beaucoup de temps et n’est pas toujours facile à gérer, surtout dans les écoles où la compétitivité est importante.

Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh, se rappelle des premières années lorsqu’il avait lancé son cycle supérieur en ressources humaines. «Je veillais souvent à ce que les participants fassent de la recherche, à faire des lectures ou des préparations en groupe, notamment lorsqu’il s’agit d’études de cas. Le travail personnel importe autant que le travail collectif», souligne-t-il.

Certaines écoles privilégient les projets d’entreprise comme méthode d’enseignement. Ces exercices ont pour avantage de poser des problèmes réels d’entreprises et, dans ces cas, les participants doivent résoudre des problèmes concrets, comme s’ils étaient des décideurs. Le travail se fait souvent en groupe et en collaboration avec l’entreprise avec laquelle on est amené à échanger et auprès de laquelle on doit recueillir des informations. Le professeur suit le travail et l’oriente si nécessaire. L’étude se termine par une présentation de préconisations pour l’entreprise et d’actions à mener.

Autre facteur à prendre en compte : l’expertise et la pertinence de l’animateur. Souvent, les écoles font appel à des mastodontes dans différents domaines. L’Institut des ressources humaines (IRH) a toujours fait appel à de grandes pontes de la GRH comme Jean-marie Peretti, Jacques Igalens et autres. «La qualité des intervenants y est importante et fait que les cours sont beaucoup plus interactifs et apprenants pour les participants», souligne Essaid Bellal. De même que d’autres écoles d’ingénieurs et de commerce locales ont toujours fait appel à d’anciens commis de l’Etat comme Fathallah Oualalou, Mohamed Alaoui M’daghri ou des experts de la finance, du marketing et bien d’autres.

Toutefois, Mohamed Benouarrek, DRH dans un groupe industriel, tempère : «Certains professionnels de haut niveau ont certes une expertise confirmée mais ne peuvent pas la transmettre adéquatement. Le savoir-faire n’est guère synonyme de faire-savoir. L’andragogie est l’art d’enseigner aux adultes. L’art de les gérer est bien différent».

Et de poursuivre que «l’égo, la patience, l’écoute active, la valorisation des apprenants sont tous des critères de fond qui déterminent à un grand pourcentage la réussite ou l’échec de la formation. Les participants aux programmes de MBA sont des professionnels de haut niveau en général. Ils disposent eux-mêmes d’une expertise dans un domaine ou autre et souhaitent occuper un espace important du temps imparti à la formation». L’intervenant doit également avoir cette capacité à conceptualiser son vécu professionnel pour le transmettre aux participants.

Les participants, eux-mêmes, sont aussi un gage de réussite et de qualité d’un MBA. Avec des expériences professionnelles et culturelles différentes, ils nourrissent les cours, tout autant que les professeurs. Certaines écoles peuvent notamment annuler certaines promotions, faute d’avoir le nombre requis de participants expérimentés.

Enfin, les participants sont également amenés à organiser des conférences, faire venir sur le campus des managers de renom, regrouper une population spécifique du MBA et gérer ses problèmes particuliers sociaux et sociétaux ou bien à caractère sportif.

Les responsabilités que les participants prennent peuvent se révéler très intéressantes dans un CV.