7 octobre 2005
Saad Benmansour (1059 articles)
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Une association rien que pour Cosumar

Les initiés en matière de droit des affaires connaissent certainement tous la société à  actionnaire unique. Cette forme juridique a été créée par le législateur marocain quand il a remarqué que de plus en plus de porteurs de projets penchaient pour l’aventure en solitaire.

Les initiés en matière de droit des affaires connaissent certainement tous la société à actionnaire unique. Cette forme juridique a été créée par le législateur marocain quand il a remarqué que de plus en plus de porteurs de projets penchaient pour l’aventure en solitaire. Aujourd’hui un autre cas pourrait faire jurisprudence. Cette fois-ci dans le monde associatif.
En effet, l’association professionnelle sucrière (APS), puisqu’il s’agit d’elle, est un cas d’école. A fin juillet dernier, le gouvernement annonçait tambour battant la vente de quatre sucreries étatiques à la Cosumar après que celle-ci se soit montrée plus convaincante que le français Tereos, l’autre candidat en lice. Du coup, et sans que personne ne s’en rende compte, l’APS, créée en 1971 et censée regrouper les industriels du sucre et défendre leurs intérêts, se retrouve avec un membre unique, en l’occurrence la Cosumar. A la question «que deviendra l’APS avec cette nouvelle donne ?», un responsable de l’association, dont les locaux sont à Rabat, répond spontanément : «Elle défendra les intérêts de son seul membre, la Cosumar». Très logique ! Cela dit, on est curieux de savoir comment se dérouleront les élections du bureau et les délibérations. Pour varier les plaisirs, il y aura probablement des représentants de chaque sucrerie, filiale de la Cosumar, dans les instances dirigeantes, mais on peut pronostiquer dès maintenant, et sans risque de se tromper, que le prochain président de l’APS sera de… la Cosumar.