Edito

Salariés, la vache à lait...

Quand un salarié, même avec un revenu de 25 000 DH ou plus, est le seul à faire vivre sa petite famille, doit assurer toutes les dépenses et payer en plus les crédits de la voiture et du logement, on ne peut pas dire qu'il est riche.

Edito Saad Benmansour Lavieeco.com

Personne ne peut remettre en cause les bonnes intentions du gouvernement quand il a proposé un impôt supplémentaire de 3% sur les hauts revenus qui dépassent 25 000 DH nets par mois afin de contribuer à l’effort de solidarité nationale. Certes, le principe est bon, mais les modalités pratiques de sa mise en application ne le sont pas du tout. D’abord, quand le gouvernement décrit les personnes qui ont des revenus supérieurs à 25 000 DH par mois comme étant des riches, il fait là dans l’abus de langage pour ne pas dire autre chose car cette notion de richesse est très relative, voire à la limite du subjectif.

Quand un salarié, même avec un revenu de 25 000 DH ou plus, est le seul à faire vivre sa petite famille, doit assurer toutes les dépenses et payer en plus les crédits de la voiture et du logement, on ne peut pas dire qu’il est riche. Un couple sans enfants où chaque conjoint perçoit 20 000 DH net par mois n’a pas les mêmes dépenses et pourtant il ne sera pas taxé car non considéré comme riche au sens du nouvel impôt que le gouvernement veut instaurer. Premier problème donc, d’ordre pratique : comment la Direction générale des impôts va-t-elle procéder concrètement ? Va-t-on taxer les ménages ou les individus ?
D’un autre côté, si notre chef de famille est considéré comme riche, le pauvre, que dira-t-on des personnes qui roulent dans les voitures de luxe importées dont certaines valent parfois 6 ou 7 millions de DH, qui ont des résidences secondaires, tertiaires et plus, qui ont des yachts personnels et qui passent chaque année leurs vacances dans les îles du Pacifique ? Et il se trouve que certaines de ces personnes, pour ne pas dire beaucoup, gagnent sur papier bien moins que notre pauvre chef de famille salarié.

Amusons-nous à examiner les recettes que retire l’Etat de l’impôt sur le revenu. Près de 75% de ces recettes proviennent des 4,6 millions de salariés que compte le Maroc. En même temps, à titre de comparaison, les 400 000 contribuables qui exercent des professions libérales assurent 11% à peine des recettes. Quand on calcule une simple moyenne en éliminant les catégories exonérées de part et d’autre, on découvre qu’un médecin, par exemple, paie en moyenne 970 DH d’impôt par mois contre 1 000 DH pour le salarié. Cette comparaison se passe de tout commentaire. Si effort de solidarité il y a, il doit être le fait de tous et pas toujours les mêmes. Et le premier acte de solidarité, c’est d’abord que tout contribuable déclare ses revenus, les vrais, et paie correctement ses impôts. Rien qu’avec cela, le gouvernement aurait largement de quoi subvenir aux besoins et probablement plus. On peut comprendre que, face à l’urgence du besoin, le gouvernement se rabatte sur la solution de facilité, c’est-à-dire les salariés, car facilement identifiables et les entreprises transparentes qui jouent le jeu. Mais, encore une fois, attention aux effets pervers car, au final, au lieu d’encourager les bons contribuables on les surtaxe...

Saâd Benmansour. La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-10-29

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