Edito

On nous a à l'oeil...

De gros investisseurs étrangers se posent des questions sur ce qui se passe actuellement dans notre majorité.

Edito SAAD BENMANSOUR MAROC.

Nos politiciens ne mesurent peut-être pas la portée de leurs faits, gestes et déclarations ni l’ampleur des dégâts que cela peut produire. Ce qui se passe actuellement entre l’Istiqlal et le PJD n’est pas seulement destiné à la consommation locale. Loin de là. Les membres de la délégation officielle marocaine qui ont fait le déplacement à Londres cette semaine pour y boucler l’opération de l’emprunt international l’ont touché du doigt. Et pour cause. De gros investisseurs étrangers se posent des questions sur ce qui se passe actuellement dans notre majorité et s’interrogent sur l’avenir politique chez nous. Entendez par là, sur la stabilité du pays. Il est parfaitement normal qu’avant de miser leurs billes, les investisseurs se demandent s’ils pourront les récupérer le moment venu.

On ne sait pas quelles sont les réponses qu’ont pu apporter les experts marocains pour les tranquilliser et les convaincre. Mais l’on se demande comment et dans quels termes un ministre de l’actuelle majorité peut-il expliquer à un analyste sénior de la place londonienne ou le président d’un fonds d’investissement mondial le cirque politique qui se déroule actuellement chez nous. On a beau vouloir admettre qu’on est en phase d’apprentissage, il est difficile de s’expliquer, entre autres bizarreries, comment le chef d’un parti de la majorité discrédite lui-même ses propres ministres qui font partie du gouvernement… Certes, pour l’instant, les indicateurs des investissements directs étrangers sont toujours au vert. Mais pour combien de temps encore ? Car comme ceux de Londres, d’autres investisseurs en Europe et ailleurs doivent certainement se poser les mêmes questions. Et s’il se trouve que certains ont même dû retarder leur implantation ou remis en question leurs appréciations du Maroc le temps d’y voir plus clair. Et si nos partis politiques, en particulier ceux de la majorité, continuent leur cinéma, c’est tout le pays qui en pâtira. Qu’on se le dise.

L’emploi et la croissance ne se décrètent pas comme on le sait. Ce sont les résultantes d’une dynamique collective dans laquelle le gouvernement, l’administration et les opérateurs économiques ont chacun une partition à jouer. Et quand les chefs d’entreprises marocains parlent de visibilité, ce ne sont certainement pas des paroles en l’air. L’acte d’investir étant universellement et étroitement lié à la confiance, les entreprises marocaines et les investisseurs bien loin de chez nous réagissent de la même manière. Il ne faut pas s’étonner après que notre économie, pendant une année entière, en l’occurrence 2012, ait pu créer à peine un petit millier d’emplois en net.

Saâd Benmansour. La Vie éco
www.lavieeco.com

2013-05-27

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