Edito

Droit de grève, le grand malentendu !

Le droit de grève, aussi constitutionnel qu'il soit, peut-il s'exercer de manière sauvage, au détriment de la pérennité de l'économie et de l'attractivité du pays à l'international ?

Le droit de grève a toujours figuré dans les différentes Constitutions qui se sont succédé. Et, à chaque fois, il a été expressément stipulé que ce droit de grève devait faire l’objet ultérieurement d’une loi organique. Depuis la refonte de la législation du travail au début des années 2000, et particulièrement depuis 2004, le droit de grève figure donc naturellement en tête de liste des points programmés à l’ordre du jour du dialogue social. Cela fait plus de dix ans que le gouvernement, le secteur privé et les syndicats discutent de la question. Il y a eu même quelques premières moutures d’un projet de texte dans ce sens.

Donc, l’on devrait en déduire en toute logique que la réflexion est bien avancée et que les parties ont dépassé le stade du domaine de définition comme on dit en mathématiques. En d’autres termes, patrons et syndicats sont censés aujourd’hui parler le même langage et être au même niveau de compréhension de la chose négociée. Or, voilà qu’en cette rentrée 2012-2013, le patron d’un grand syndicat et non des moindres, en l’occurrence l’UMT, révèle qu’il y a un profond quiproquo sur la question entre les parties. On apprend ainsi que les uns et les autres sont encore diamétralement opposés quant à la manière de poser le problème. Le droit de grève peut-il, sous le couvert de la légitimité constitutionnelle, être exercé de manière sauvage et au détriment d’autres libertés comme celle de travailler ? Comment concilier entre un droit fondamental constitutionnel, d’une part, et la pérennité de notre économie et de notre attractivité vis-à-vis des investisseurs étrangers, d’autre part ?


Quand gouvernement, patronat et syndicats auront réellement débattu de ces questions de fond et trouvé un terrain d’entente, il deviendra alors plus facile de traduire tout cela en un texte réglementaire et à caractère opérationnel. Ils auraient dû commencer par là, il y a dix ans.

Saâd Benmansour. La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-10-01

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