Edito

Bienvenue, mon riche ami !

Si des capitaux venaient à quitter leurs pays en Europe ou ailleurs, ce serait dommage pour nous de ne pas pouvoir en ramener une partie au Maroc. Si nous ne le faisons pas, d'autres pays le feront à notre place.

En cette rentrée 2012-2013, le moral des patrons n’est pas au top. Le sondage publié cette semaine par La Vie éco et réalisé auprès de 206 chefs d’entreprises le démontre (voir article). Ce n’est pas étonnant au vu de tout ce qui se passe autour de nous. Un gouvernement qui peine encore à être rassurant vis-à-vis de la communauté des affaires et des investisseurs, des maladresses de la part de certains ministres qui, sous couvert de vouloir restaurer la gouvernance, inquiètent plus par leurs discours...

Mais le sondage montre aussi que les patrons font la part des choses entre une conjoncture mauvaise et les fondamentaux du pays et de notre économie qui, eux, restent solides. C’est d’ailleurs pour cette raison que, malgré toutes les turbulences qu’a connues le monde et notre région en particulier ces deux dernières années, le Maroc continue d’être parmi les champions des investissements directs étrangers. C’est le fruit d’au moins deux décennies de travail laborieux sur les procédures administratives, sur l’arsenal juridique mais aussi sur l’image du pays auprès de nos partenaires étrangers. Le Maroc est aujourd’hui perçu incontestablement comme un pays ouvert, une terre d’accueil. Avec la conjoncture actuelle, la montée de la tension et de la vague islamiste dans la région, le Maroc a intérêt à doubler d’efforts en tenant un discours rassurant et en prouvant dans les faits qu’il restera toujours une terre d’accueil. D’un autre côté, notre diplomatie économique et notre réseau à l’étranger doivent bien fonctionner. Ils doivent être à l’affût de l’information, être en mesure de proposer du concret à ces investisseurs potentiels et leur démontrer tous les bénéfices qu’ils auraient à venir s’installer au Maroc. Prenons l’exemple de Bernard Arnault, le patron de l’enseigne de luxe LVMH et l’une des plus grosses fortunes de France, qui a annoncé vouloir s’installer en Belgique avec tout le tollé que cela lui a coûté, à commencer par cette fameuse Une du quotidien français Libération du 5 septembre qui titrait «Casse-toi, riche…».

Le Maroc pourrait et devrait, pourquoi pas, saisir une telle opportunité. Il ne s’agit pas de profiter des malheurs des autres mais en business il n’y a pas de sentiments, dit-on. Si des capitaux venaient à quitter leurs pays en Europe ou ailleurs, ce serait dommage pour nous de ne pas pouvoir en ramener une partie au Maroc. Si nous ne le faisons pas, d’autres pays le feront à notre place.

Saâd Benmansour. La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-09-24

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