Edito

Amazigh time

Au delà du caractère officiel de l'Amazigh, la loi organique devant préciser les conditions de cette officialisation tarde et cela peut créer des abus de part et d'autre.

Fadel Agoumi EDITO LAVIEECO

Parlez-vous l’amazigh ? Pour une partie des Marocains la réponse à la question serait négative, alors que la même question posée pour l’arabe récolterait une quasi-majorité de «oui». Une majorité de la population berbérophone parlant arabe, on ne s’est jamais vraiment préoccupé d’intégrer dans les documents officiels, dans la signalétique urbaine et jusqu’à il y a peu, dans les messages de communication, la langue amazighe. Pourtant, il est des personnes qui ne parlent pas arabe et qui sont marocains comme vous et moi. Doit-on leur renier le droit à comprendre, être informés, lire, exister comme les autres ? Bien entendu non. Pourtant, un commerçant a bien failli aller en prison parce qu’il ne comprenait pas ce qu’on lui disait devant une Cour de justice (voir article).

Avant même que la question ne soit politique, elle relève d’abord d’un droit élémentaire dans ce Maroc que l’on reconnaît comme étant à l’identité plurielle. Ne compte-t-on pas d’ailleurs dans le gouvernement actuel 10 ministres amazighes (voir article) . Et c’est dans cet esprit-là que la nouvelle Constitution a pris en compte une doléance longtemps exprimée, celle de faire de l’amazigh une langue officielle.

Mais c’est là aussi la difficulté. Dans son article 5, la Constitution, tout en reconnaissant l’amazigh comme langue officielle, assortit ledit article d’un alinéa en vertu duquel une loi organique viendrait définir «le processus de mise en œuvre du caractère officiel (…) ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, et ce, afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle».

Langue officielle alors ou pas ? Ou plutôt pas encore ? A priori, on est dans la reconnaissance mais pas encore dans l’application sur le terrain. Or, ce vide juridique peut créer des abus de part et d’autre. Des citoyens peuvent, en se prévalant de la reconnaissance du caractère officiel, exiger qu’au minimum on leur parle uniquement amazigh et se cacher derrière leur méconnaissance de l’arabe pour récuser un acte administratif, un jugement ou une injonction de payer. A contrario, un établissement public peut, en invoquant l’inexistence de la loi organique, faire la sourde oreille devant les doléances de citoyens qui sont de bonne foi.

C’est pourquoi il devient urgent d’élaborer, de faire adopter cette loi, et de communiquer largement à son sujet. Que la mise en œuvre soit lente ou rapide, il faut que le citoyen sache quand, comment et dans quels domaines l’officialisation de l’amazigh sera effective ? Ainsi, le processus sera plus apaisé, moins sujet à caution.

Fadel Agoumi. La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-05-14

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