Bourse : les valeurs technologiques ont la cote
20 février 2018
Loubna Chihab (248 articles)
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Bourse : les valeurs technologiques ont la cote

Les cours ont sensiblement augmenté depuis début 2017. Elles ont profité de la conjoncture favorable sur le marché boursier et de leurs bons fondamentaux. Le distributeurs de matériels font preuve de résilience; les spécialistes des solutions de paiement d’innovation et de diversification.

Les actions des sociétés informatiques cotées enchaînent les performances depuis quelque temps. En 2017, elles ont réalisé (hormis quelques exceptions) des hausses à deux, voire trois chiffres, profitant de l’engouement des investisseurs pour le marché actions dans sa globalité, mais aussi du fait qu’elles disposaient de niveaux de valorisations attractifs. Du moins jusqu’à l’année dernière «puisque aujourd’hui elles sont relativement chères», confie un analyste. «Le regain d’intérêt pour ces valeurs est palpable, que ce soit de la part des institutionnels ou des particuliers», affirme un gestionnaire. La roue a visiblement tourné en faveur de ce secteur qui fait un rattrapage après une période difficile. «Compte tenu du poids de leurs activités avec l’Administration et les grands groupes, les entreprises du secteur souffraient auparavant du ralentissement économique et des restrictions budgétaires, ce qui s’était clairement reflété sur leurs résultats financiers», explique l’analyste. Aujourd’hui, le secteur est globalement bien orienté, profitant de la reprise des marchés aussi bien dans le public que dans le privé. Analyse.

Le titre HPS est de loin celui qui a réalisé la meilleure performance du secteur, de début 2017 à aujourd’hui (+151,6%).

HPS : un parcours sans faute depuis 6 ans

Ce leader de l’édition de solutions de paiement électronique ne déçoit pas les investisseurs en termes de réalisations financières, puisqu’il a réussi à enchaîner les progressions de ses agrégats depuis 2012. De même, en termes de rétribution des actionnaires, HPS s’est montrée plus généreuse durant ces trois dernières années, passant d’un dividende de 17 DH en 2014 à 25 DH en 2015 puis à 35 DH en 2016.

La valeur rassure également par les stratégies suivies jusque-là. «HPS est en train de changer de business model : elle passe de la vente de licences -ce qui rendait son chiffre d’affaires extrêmement instable- à la facturation au clic (à l’utilisation). Ce qui lui permettra de générer des revenus plus récurrents et une rentabilité plus stable». Mais ce qui a le plus créé la dynamique autour du titre, «c’est l’entrée d’un fonds américain dans le capital de la société», affirme un analyste.

Au niveau international et dans un contexte de développement de son offre Processing (une activité globale de gestion de back-office bancaire), HPS intervient dans de nouveaux marchés à travers la conclusion de partenariats avec des opérateurs reconnus (Mexique, Espagne, Japon).

En 2018, HPS compte développer sa présence en Asie tout en consolidant son positionnement en Afrique, en Europe et sur le marché américain.

Disway : une résilience à toute épreuve

L’entreprise parvient à consolider son positionnement sur un marché de la distribution informatique en décroissance. En 2017, les ventes d’ordinateurs ont baissé de 20% à moins de 200 000 unités en raison de l’absence de marchés publics comparativement à 2016. Disway a résisté grâce à l’élargissement de son mix produits et solutions à travers, notamment, des signatures d’accords de distribution au Maroc (Huawei) et en Tunisie (Dell EMC), à une bonne couverture du marché algérien et des pays de l’Afrique de l’Ouest à partir de la filiale de Dubaï et, enfin, à une percée en Tunisie avec une part de marché passant de 5% à 30%. En 2018, Disway compte lancer une place de marché dédiée au Cloud pour ses revendeurs avec possibilité de paiement en dirhams et de commande en fonction des besoins évolutifs des clients.

Tous ces chantiers «devraient permettre d’atteindre l’objectif de chiffre d’affaires à l’export de 40% à l’horizon 2020», affirme le top management de la société.

Des projets ambitieux qui ne manquent pas de rassurer les investisseurs dont l’intérêt pour la valeur a fait grimper son cours de 40% depuis début 2017.

Elles ont toutes les deux démarré l’année du mauvais pied, après de belles performances boursières l’année dernière. Il faut dire que leurs profit warnings, publiés fin 2017, ont refroidi les investisseurs. Involys a annoncé la dégradation de son résultat net suite à la non-concrétisation ou le report de plusieurs projets portant sur plusieurs millions de DH. IB Maroc s’attend également à des ventes en baisse par rapport à 2016 en raison du retard du vote de la Loi de finances 2017 et de son exposition importante au secteur public (42% de son chiffre d’affaires). La société devrait donc afficher un chiffre d’affaires largement inférieur à ce qui était prévu antérieurement, ses projets n’ayant repris qu’à la fin du premier semestre 2017.

Microdata mise sur une niche rentable

«C’est une belle petite valeur qui a toujours fait d’excellentes performances, même dans des contextes macroéconomique/sectoriel difficiles. Elle se positionne sur une niche assez particulière», résume un analyste.

Microdata est un reseller qui vend du matériel informatique mais aussi les services associés. La société a en effet mis en place une organisation qui permet de répondre à toutes les requêtes et doléances de ses clients. «Microdata souffre moins des cycles économiques parce qu’elle gagne beaucoup en termes de maintenance et d’entretien pour ses clients, composés principalement des ministères, des banques et des grandes entreprises», explique un autre analyste. Une résilience qui semble très bien accueillie par le marché boursier. Depuis 2017, le titre s’est renforcé de 99%.

L’innovation de S2M séduit le marché

Le regain d’intérêt pour cette valeur est clairement visible sur le marché. Le titre s’est quasiment apprécié de moitié depuis l’année dernière (+48%). «Un engouement qui s’est accéléré quand Medtech s’est invitée dans son tour de table à hauteur de 32%», précise un analyste.

Pourtant, tout n’était pas rose depuis son introduction en bourse. Rappelons que neuf mois après sa cotation (en 2011), le spécialiste de la monétique S2M avait annoncé un profit warning. L’entreprise, ayant visiblement été très optimiste dans son business plan, s’est retrouvée confrontée à une conjoncture nationale et internationale atone. Mais elle s’est bien rattrapée quelque temps après grâce à des stratégies payantes sur ces 4 dernières années qui ont boosté ses ventes et sa profitabilité.

Pour ne citer que certaines de ses réalisations, S2M a accéléré sa cadence d’expansion sur de nouveaux marchés à l’international (Afrique, Asie). Elle a également lancé la première carte contactless au Maroc et a introduit une nouvelle technologie au Maroc et en Afrique permettant aux institutions financières de se conformer aux normes des systèmes internationaux Visa et Mastercard. La société a aussi conforté sa position dans le domaine de la finance islamique avec un contrat d’accompagnement de Tadhamon International Islamic Bank via son centre de processing S2M TGCC basé au Bahreïn. Enfin, elle déploie au Maroc et à l’international sa solution d’Emission Distante Instantanée, destinée à l’émission instantanée de cartes dans les agences bancaires.

M2M Group : une structure robuste

Depuis début 2017, M2M a vu son cours augmenter de 30%. Cette valeur séduit par sa solide croissance générée par des projets à forte valeur ajoutée technologique, orientés nouveaux usages et nouvelle économie. Au niveau des investissements, M2M Group avait initié un plan pluriannuel en 2013 visant à concrétiser le lancement et le développement de l’activité de sa filiale NAPS, spécialisée dans la mise à disposition et la gestion de tout moyen de paiement électronique, pour une enveloppe totale de 120 MDH à l’horizon 2018. Cette dernière vise une part de marché de 15% sur les 3 prochaines années.

M2M a également lancé un programme de transformation digitale et opérationnelle qui a abouti au développement d’une nouvelle solution lui permettant une ouverture sur de nouveaux marchés de la fintech et de la mobilité intelligente. Parallèlement, la société a étendu son activité à de nouveaux secteurs d’activité et consolidé sa présence sur les marchés de la monétique, de l’e-gov et de la billettique transport.

Analystes, investisseurs et traders sont unanimes: les sociétés technologiques cotées en bourse communiquent très peu (pas du tout pour certaines). C’est la raison pour laquelle elles font rarement l’objet d’analyse. «HPS et Disway ont une communication financière limitée mais louable. S2M et M2M se contentent du minimum. Tandis que les autres valeurs, hormis l’information légale, ne communiquent pas du tout!», résume un analyste.