Les investissements étrangers en Bourse se maintiennent malgré la crise
4 juillet 2012
Ibtissam Benchanna (777 articles)
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Les investissements étrangers en Bourse se maintiennent malgré la crise

L’investissement des étrangers a perdu 11,7% de sa valeur en 2011 en raison de la baisse des cours. Leur part dans la capitalisation boursière reste toutefois stable, à  plus de 28%.

Les avoirs des investisseurs étrangers sur le marché boursier casablancais ont perdu 11,7% de leur valeur en 2011 pour atteindre 147,7 milliards de DH. C’est ce que révèle le dernier rapport sur l’investissement étranger à la Bourse de Casablanca publié par le CDVM. Ce recul ne s’explique pas par le désengagement des intervenants étrangers du marché financier marocain. En fait, c’est la contre-performance en 2011 des cours des plus importantes valeurs détenues dans leurs portefeuilles qui explique cette baisse.

En effet, le titre Lafarge Ciments s’est déprécié de près de 27%, Ciments du Maroc a enregistré une baisse de 21% et BMCE Bank a clôturé l’année dernière sur un recul de 18,2%. BMCI et Maroc Telecom ont également accusé des pertes de 12,14% et 9,6% respectivement. Il est à souligner que ces valeurs représentent 73% du portefeuille détenu par les étrangers et les MRE en Bourse.

Cette situation a causé un recul de la part des étrangers dans la capitalisation boursière du marché. Celle-ci a enregistré une légère baisse de 3 points de base d’une année à l’autre pour s’établir à fin 2011 à 28,6%, et ce, en raison essentiellement de la baisse de la capitalisation boursière de 10,85% à fin 2011. Parallèlement, avec la morosité générale du marché, les étrangers n’ont pas trouvé de réelles opportunités de placements pour compenser leurs pertes.
En analysant de près la typologie des investissements, on trouve que les participations stratégiques en actions cotées demeurent de loin prédominantes sur le marché. Elles représentent 89,7% de l’investissement étranger en Bourse, part qui demeure en quasi-stagnation vu le caractère important de cet investissement. En effet, rapporté à la capitalisation boursière globale, la part stratégique des investisseurs étrangers se situe à 25,7%, en légère baisse de 4 points de base.
En somme, l’investissement des étrangers est réparti sur onze secteurs d’activité dont la majorité prend la forme de placements stratégiques. A ce titre, on compte Nexans Maroc avec 84% de la capitalisation, IAM avec 57%, Lydec avec 52%, le secteur des bâtiments et matériaux de construction avec 49% et les banques avec 20%. Dans ce qui reste des secteurs de la cote, leur part ne dépasse pas 3%.
Par contre, quoique faible, la part du flottant des étrangers par rapport à la capitalisation du marché affiche une hausse progressive sur les trois dernières années. De 2,5% en 2009, elle est passée à 3% en 2011 et représente ainsi 12,7% de la capitalisation boursière flottante.

Par ailleurs, les étrangers qui interviennent à la Bourse de Casa sont majoritairement européens. A eux seuls, ils détiennent 88% du volume total des investissements étrangers, talonnés directement par les opérateurs du Moyen-Orient et de l’Afrique avec 4,44% chacun. Ceux de l’Amérique du Nord arrivent en troisième position avec 2,82%. A côté de cela, la répartition des investisseurs étrangers par type montre une forte présence des personnes morales non résidentes qui accaparent la plus grande part avec 98,6%. Néanmoins, cette part est en baisse de 11,8% par rapport à 2010 en raison de la baisse constatée au niveau de l’actif global des investisseurs. Les autres catégories, à savoir les étrangers résidents et les MRE, ont un faible poids de 1,4% seulement.

L’investissement étranger en OPCVM est en baisse pour la troisième année consécutive

Au moment où l’investissement étranger en actions cotées est resté aussi stable, celui en OPCVM, lui, a emprunté une tendance baissière de 30% pour s’établir à 896,6 MDH. En même temps, l’actif net global des OPCVM a atteint 229,4 MDH, en amélioration de 2% par rapport à 2010. Il faut dire à ce titre que les OPCVM marocains n’ont pas la cote auprès des investisseurs étrangers autant que le placement direct, au regard de la faible part de ces derniers. Le montant des investissements étrangers ne représente que 0,4% de l’actif net global des OPCVM et cette part est en baisse depuis 2009 où elle était de 0,72%.

A ce titre, la baisse la plus importante est imputable aux personnes morales étrangères résidentes qui ne représentent plus que 2,4%, alors que leurs placements dans les fonds marocains avoisinaient 30% en 2010. Ce recul est suivi directement par l’investissement des MRE qui a baissé de 30%, à 368 MDH. Néanmoins, ce sont les personnes physiques qui concentrent la plus grande part des investissements étrangers en titres d’OPCVM. Avec 90%, le montant d’investissement a totalisé 802,6 MDH.
Enfin, en raison de leur rendement plus intéressant, les produits de taux sont plus demandés que les autres. En effet, les OPCVM monétaires viennent en première position de placement des étrangers.