Vers la création d’une filière de valorisation des déchets des équipements électriques et électroniques
2 février 2016
Anne-sophie Martin (653 articles)
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Vers la création d’une filière de valorisation des déchets des équipements électriques et électroniques

Le département de l’environnement planche actuellement sur une étude complète sur le sujet. Ses résultats sont attendus cette année pour lancer la création de la filière dès la fin de cette année.

Après avoir poussé à l’émergence des filières de valorisation des batteries automobiles, pneus, huiles lubrifiantes et alimentaires, et papier et carton usés, le ministère de l’environnement se penche aujourd’hui sur la création d’une filière de valorisation des déchets des équipements électriques et électroniques (DEEE). Considérés comme dangereux car ils contiennent du mercure, du plomb ou encore du phosphore, ils intègrent les piles usagées comme les appareils électriques et électroniques. C’est pour éviter que ceux-ci continuent de polluer les sols des décharges –sauvages ou contrôlées– du Royaume que le ministère de l’environnement est en train de développer une filière dédiée pour leur traitement. «Une étude est en cours pour la mise en place de la filière définissant le mode d’organisation à adopter et le business plan y afférent», précise-t-on du côté du département de Hakima El Haite.

Identifier les partenaires potentiels

Une première étape, portant sur le recueil de données relatives aux DEEE au Maroc, l’évaluation du potentiel de la mise en place d’une filière pour la valorisation de ces déchets et la fourniture d’orientations et d’assistance du ministère pour la conception de la filière des piles usagées, est déjà bien avancée.

Celle-ci a notamment permis de révéler qu’environ

115 000 tonnes de DEEE seraient commercialisées chaque année dans le pays. En 2014, 2 milliards de dirhams de métaux de recyclage (cuivre, aluminium, laiton, etc.) ont ainsi été exportées et 3,3 milliards de DH de matériaux fabriqués à partir de ces métaux sont importés après transformation. Au Maroc par contre, le marché du traitement des DEEE est évalué à 410 MDH. Cinq catégories constituent 97,5% du stock des DEEE marocains, à savoir les grands appareils ménagers (GAM), les petits appareils ménagers (PAM), les ordinateurs et matériel grand public, constitués principalement de cartes et d’écrans, les piles usagées et le matériel d’éclairage. Ces 5 catégories ont donc été retenues dans une grille de sélection, objet d’un plan de recyclage.

En 2008, le stock de DEEE était estimé à 800 000 tonnes. On estime également la production annuelle de ces déchets à 100 000 tonnes, en croissance de 3,5% par an. Cela porterait donc la production annuelle à 150 000 tonnes en 2020 et 200 000 tonnes en 2030. Cette première étape sera complétée par une étude de marché de la valorisation des DEEE et l’élaboration d’un plan d’action national et d’un business plan. Ce dernier doit notamment permettre d’identifier les gisements, les mesures d’accompagnement et d’incitation éventuelles, mais surtout les partenaires potentiels. Il faut dire que le secteur actuel de traitement des DEEE est très peu développé.

Les résultats complets de l’étude doivent être rendus dans le courant de cette année même pour lancer la filière d’ici la fin de l’année.