Travail des enfants : ce fléau que le Maroc n’arrive pas à endiguer
10 juillet 2018
Mehdi Jaouhari (185 articles)
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Travail des enfants : ce fléau que le Maroc n’arrive pas à endiguer

Au moins 162 000 enfants marocains exercent un travail à caractère dangereux. Ils sont principalement ruraux, masculins, et âgés de 15 à 17 ans. Les régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès concentrent 70% de cette population.

Ce sont 2,3% des enfants – âgés de 7 à 17 ans – qui exercent un travail revêtant un caractère dangereux au Maroc en 2017, à en croire le Haut commissariat au plan (HCP). Pour rendre publique cette statistique quelques jours après la Journée mondiale contre le travail des enfants célébrée le 12 juin, les équipes d’Ahmed Lahlimi se sont basées sur l’analyse des nouvelles données de l’Enquête nationale sur l’emploi. Celle-ci révèle d’abord, qu’en 2017, parmi les 7 049000 d’enfants que compte le Royaume, 247 000 d’entre eux exercent un travail. Dans le détail, les 162000 enfants astreints au travail dangereux sont à 76,3% ruraux, 81% masculins et à 73% âgés de 15 à 17 ans.

En ville, la moitié des travailleurs mineurs exercent dans les services

Autre détail significatif : quatre régions abritent 70% des enfants victimes du travail dangereux. Casablanca-Settat vient en tête avec 25,3%, suivie de Marrakech-Safi (20,3%), puis Rabat-Salé-Kénitra (12,7%) et enfin la région de Fès-Meknès avec 11,7%. Le travail dangereux reste concentré dans certains secteurs économiques et diffère selon le milieu de résidence. En zone rurale, les enfants exerçant un travail dangereux se retrouvent en particulier dans le secteur de l’«agriculture, forêt et pêche» (82,6%). En revanche, en villes, ils sont concentrés dans les «services» (52,7%) et dans l’«industrie y compris l’artisanat» (32%). Le taux d’incidence enregistré au Maroc passe du simple au double pour s’établir à 4,6% d’après l’Organisation international du travail (OIT). Dans d’autres régions du monde, l’incidence est de 1,5% au niveau des Etats arabes à 3,2% dans les Amériques, pour culminer à 8,6% en Afrique.

La convention n°182 de l’OIT, relative à «l’interdiction des pires formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination», définit le travail dangereux pour les enfants comme étant «le travail qui, par sa nature et les circonstances dans lesquelles il est effectué, est susceptible de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité des enfants». Cette convention, adoptée par le BIT en 1999 et entrée en vigueur en 2000, a été ratifiée par le Maroc en janvier 2001. Il s’agit notamment de tous les travaux effectués par les enfants dans les mines, les champs, les usines ou leurs propres familles, susceptibles de les exposer à des risques physiques ou psychologiques, tels que ceux qui les exposent, par exemple, à supporter le contact avec les pesticides ou d’autres substances toxiques, ou à porter de lourdes charges ou d’être soumis à des horaires exténuants.