5 avril 2010
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Subventions agricoles : 3 milliards de DH et de nouvelles modalités pour 2010

Toutes les filières agricoles et de l’élevage vont profiter des aides.
L’oléiculture est particulièrement choyée.
4 000 DH par ha pour les travaux d’épierrage et 2 000 DH par ha pour ceux de défoncement.
Les porteurs des projets d’agrégation ont la possibilité de recourir au soutien de l’Etat pour financer la totalité de leur équipement en système d’irrigation localisée.

Jamais l’Etat n’a déployé un effort financier aussi colossal pour moderniser l’activité agricole. 3 milliards de DH : c’est l’enveloppe allouée au titre de l’année 2010 aux subventions du secteur agricole et dont d’ailleurs les nouvelles modalités viennent d’être rendues publiques. La plupart des secteurs, notamment les plus prometteurs, bénéficieront d’une multitude de subventions dans l’objectif de renouveler leurs installations et leurs équipements. Le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens pour permettre également de renforcer la compétitivité sur les marchés étrangers de certaines filières agricoles. La plupart des filières sont concernées. Détails des 11 arrêtés publiés au Bulletin officiel du 4 mars (certaines mesures sont déjà entrées en vigueur depuis l’année dernière et d’autres sont opérationnelles depuis la publication de ce bulletin officiel).

Soutien aux projets d’agrégation

L’Etat octroie une subvention pour tout investissement dans l’installation et l’équipement d’unités de valorisation qui s’inscrit dans le cadre des projets d’agrégation dans les différents domaines agricoles. La valeur de la subvention est fixée à 10% du montant global de l’investissement dans la limite des plafonds déterminés en fonction des types de projets. Ce plafond peut atteindre 4,75 MDH pour tout projet de mise en place d’une station de conditionnement des agrumes, 1,5 MDH pour les semences, 2,46 MDH pour les cultures maraîchères et 1,98 MDH quand il s’agit d’un complexe intégrant une unité de conditionnement et de surgélation.
Lorsque l’investissement porte sur la création d’une unité frigorifique, le soutien financier peut aller jusqu’à 2,24 MDH. Les projets montés autour d’une unité de stockage des céréales en bour et/en irrigué peuvent bénéficier d’une aide maximale de 3,2 MDH.
Les éleveurs ne sont pas en reste puisqu’ils peuvent profiter d’une subvention de 3,47 MDH au maximum pour tout investissement portant sur l’installation d’un complexe intégrant un centre d’engraissement de taurillons, un abattoir et une salle de découpe. Les producteurs de lait, eux, peuvent engager leur projet d’investissement portant sur une unité de valorisation en sollicitant une subvention plafonnée à 2,4 MDH. On prévoit également une aide d’un plafond de 760000 DH au profit des agriculteurs qui comptent monter une unité de conserves d’olives.
Le même dispositif est prévu pour les projets initiés par des investisseurs particuliers. Avec la seule différence que l’Etat prend en charge 10% seulement du coût du projet mais en gardant les mêmes plafonds pour les différentes opérations.
 
Achat de matériel

Les porteurs des projets d’agrégation ont, par ailleurs, la possibilité de recourir au soutien de l’Etat pour financer la totalité de leur équipement en système d’irrigation localisée. C’est le cas pour le creusement et le cuvelage de puits et de forages, la fourniture et l’installation des équipements de pompage de l’eau, l’aménagement de bassins de stockage de l’eau destinée à l’irrigation, la fourniture et l’installation de matériels de stations de tête, la fourniture et la pose des conduites d’amenée et de distribution de l’eau d’irrigation.
Un grand effort est consenti également au niveau de l’investissement dans l’acquisition de matériel agricole. Fait notable : les subventions ont été élargies à d’autres types de matériels qui n’en profitaient pas auparavant. Ainsi, des récolteuses automotrices de betterave et de canne à sucre pour lesquelles l’Etat promet une aide de 40 % du coût total, soit 960 000 DH par machine.
Bonne nouvelle aussi pour les agriculteurs qui comptent investir dans la filière oléicole. Pour la première fois, une subvention de 640 000 DH et une autre de 320 000 DH seront accordées pour l’achat d’enjambeur et de vibreur pour la récolte des olives.

Aménagements hydro-agricoles et fonciers

Le volet de l’aménagement hydro-agricole n’a pas été oublié. L’Etat prendra en charge ainsi 80% (contre 30% l’année dernière) des dépenses réalisées en matière de creusement et cuvelage de puits et de forages pour les projets individuels d’irrigation localisée. Même traitement pour les opérations relatives à la fourniture et l’installation des équipements de pompage de l’eau et de matériels de station de tête, l’aménagement de bassins de stockage de l’eau destinée à l’irrigation … Toutes ces subventions sont soumises à des plafonds.
Pour les projets réalisés de manière collective ou par les petits agriculteurs, l’Etat supportera la totalité des dépenses tout en fixant un plafond en fonction de la nature de l’opération.
Il subventionnera aussi les opérations d’amélioration foncière en octroyant des aides qui pourront s’élever à 4 000 DH par ha pour les travaux d’épierrage et à 2 000 DH par ha pour ceux de défoncement. Pour la collecte des eaux pluviales, il prendra en charge 50% des dépenses à hauteur de 2 500 DH par ha.    
 
Création de vergers

Pour la création de vergers homogènes d’oliviers, les agriculteurs bénéficient des subventions qui s’élèvent, pour les plantations effectuées selon le système d’irrigation de goutte-à-goutte durant les campagnes allant de 2009 à 2012, à 6 000 DH par ha. Elles passeront à 5 500 DH par ha entre 2012 et 2014. Le montant de l’aide est de 3500 DH par ha pour les plantations irriguées en dehors du système de goutte-à-goutte et celles réalisées en bour.
L’utilisation des filets de protection des cultures maraîchères sous serres contre les insectes est subventionnée à hauteur de 35 % du prix d’acquisition du filet avec un plafond de 12 000 DH par ha.
Quant à la subvention à la commercialisation des boutures agréées de canne à sucre, elle est fixée à 150 DH la tonne et elle est versée directement aux organismes agréés.

Soutien à la production animale

L’Etat octroie aux professionnels de l’élevage 25 % des frais de construction des bâtiments d’élevage et 30 % des dépenses d’acquisition du matériel d’exploitation. Il offrira également une aide pour les matériels nécessaires à l’exercice de cette activité. Les montants des subventions vont de 6 000 DH pour le broyeur à 300 000 DH pour l’ensileuse à maïs automotrice. Le gouvernement encourage également les professionnels à développer les techniques de reproduction, de conservation des semences dans le cadre de l’insémination artificielle. Il accorde ainsi des aides allant de 2 000 à 6 000 DH pour le matériel employé à cet effet. Sans parler d’une dizaine d’autres subventions comprises entre 300 DH et 210 000 DH pour l’acquisition de matériels en vue de développer le refroidissement des unités d’élevage et pour traire et conserver le lait à la ferme.