Randonnée : un gros potentiel à exploiter  dans les zones montagneuses
8 mai 2018
Wiam Markhouss (336 articles)
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Randonnée : un gros potentiel à exploiter dans les zones montagneuses

Des guides et une partie de la population de la région de Béni-Mellal s’opposent au balisage des parcours afin de pouvoir proposer leurs services aux randonneurs. Dans l’Oriental, des associations veulent dynamiser la vallée de Zegzel par l’ouverture de la grotte du chameau, déjà aménagée, et la création de parcours d’escalade et de tyrolienne. De nouveaux parcours de randonnée permettront de créer de nouveaux produits touristiques dans la province d’Al Haouz.

L’arrivée du printemps est propice aux activités de randonnée pédestre dans le Haut-Atlas, dans les montagnes d’Azilal ou encore à proximité de Beni-Znassen dans l’Oriental. Touristes marocains et surtout étrangers parcourent ces sites accompagnés de guides de montagnes aguerris. Dans divers parcours, les circuits sont balisés par la commune et la signalétique est présente. «Mais nous assistons à une certaine résistance de la part des guides de montagne, que ce soit à Béni-Mellal, à Azilal ou à Khénifra qui s’opposent au balisage. Pour eux, le fait qu’un touriste arrive à s’orienter seul implique un manque à gagner. Par conséquent, les panneaux de signalisation sont arrachés aussitôt installés», déclare Abdellatif Baouden, délégué du tourisme de Béni-Mellal. Dans la vallée d’Aït Bouguemaz, qui comprend 30 gîtes, c’est la population locale qui s’oppose à l’amélioration de la signalisation, considérant que les randonneurs ne s’arrêteront plus dans cette zone encore enclavée. Ce qui réduirait le nombre de nuitées enregistrées dans la trentaine de gîtes. Ce phénomène semble propre à cette région où le tourisme rural et de montagne prend une place prépondérante dans l’activité économique. «La rémunération d’un guide d’un groupe de touristes avoisine 300 à 400 DH, sans compter la location de mulets dont le prix est de 50 à 100DH/tête”, renchérit le délégué du tourisme.

Au delà du balisage, les associations veulent créer un produit touristique aux normes

Selon Youssef Zaki, président du CRT de l’Oriental, la majorité des circuits pédestres allant de Tafoughalt jusqu’à Cap de l’eau sont balisés. Et cela ne dérange personne. Par contre, la signalétique manque dans les circuits en voiture. Ce sont les communes ou les associations qui s’occupent du balisage. «Mais dans le plan d’action 2018 validé et approuvé par le wali de la région, le CRT, le ministère du tourisme et l’ONMT, un budget a été débloqué pour la communication et la promotion de la région et pour la signalisation de 11 circuits pédestres dans la province de Berkane”, explique le président du CRT.

Du côté associatif, Mohamed El Kadiri Boudchiche, acteur dans la région, s’attelle aujourd’hui avec une équipe espagnole à tracer les circuits de randonnée et installer les plaques signalétiques dans la vallée de Zegzel située dans les montagnes de Beni-Znassen. «Auparavant, les circuits étaient balisés par le Haut commissariat aux eaux et forêts. Mais les normes n’ont pas été respectées. Nous essayons de refaire le nettoyage et le traçage. L’objectif final est de tracer, créer des parcours d’escalade et des tyroliennes avec l’accompagnement des experts espagnols. Aujourd’hui, une petite route a été balisée dans la région entre Sidi Amar Acherqui et la grotte du chameau dans la vallée de Zegzel sur une distance de 8,7 km», dévoile-t-il.

La vallée du Zat sur la route de Ouarzazate sur «le Guide du routard»

Mohamed El Kadiri Boudchiche a aussi participé avec des spéléologues français à l’appel d’offres pour l’ouverture et la gestion de la grotte du chameau dont la cavité a été aménagée en 2015 dans le cadre d’un projet du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). La grotte dispose d’éclairage, d’escaliers métalliques et de capteurs de température et de CO2 installés. «Le projet d’aménagement extérieur que nous avons proposé inclut un centre d’accueil des visiteurs, ainsi que des structures intégrées au site pour les services, les accès et les parkings. A l’intérieur de la grotte, seront réalisés un réaménagement et la mise en place d’un service “Audioguide” qui permettra d’effectuer les visites en plusieurs langues. Nous avons proposé un mode de gestion écologique qui intègre la population locale. Nous ferons de notre mieux pour l’ouvrir en 2018», affirme M. Boudchiche.

Dans la belle région d’Al Haouz, près de Marrakech, qui attire les randonneurs européens et locaux, l’objectif du CPT d’Al Haouz est de créer de nouveaux parcours et par conséquent de nouveaux produits touristiques. «Nous accompagnons en ce moment un Français et un Anglais qui préparent un guide pour le Routard qui inclut les pistes montagneuses de la vallée du Zat sur la route de Ouarzazate. Aujourd’hui, la route de la région de Tizili est praticable pour les circuits en voiture. La nouveauté est le balisage des circuits de Chamharouh entre Toubkal et Imlil», explique Mohamed Belouad, guide et membre du CPT de la région d’Al Haouz. Le trekking semble avoir de beaux jours devant lui au Maroc, mais l’implication des populations locales est vitale pour sa réussite.