Economie
Marrakech veut atteindre 100 000 ha d'oliviers
La région compte 88 000 ha aujourd'hui ; 1 500 ha seront plantés chaque année
Amélioration des rendements et introduction de nouvelles variétés plus productives.
Généralisation du goutte-à-goutte pour une enveloppe de 6,4 milliards
de dirhams.

Les dernières pluies ont permis de sauver la saison agricole. Pour autant, la
réforme de fond de l'agriculture reste toujours d'actualité. Laquelle réforme
comprend, entre autres actions connues depuis longtemps, la reconversion des
terres réservées aux céréales, surtout dans les zones bour défavorables, et l'encouragement
de l'arboriculture, particulièrement l'olivier. La région de Marrakech-Tensift-
El Haouz, connue pour son climat semi-aride, entame un plan d'action dans ce
sens.
Et si des investisseurs étrangers privés ont déjà mis la main à la poche, comme
le portugais Sovena, le gouvernement marocain, lui aussi, a de grandes ambitions
pour la région, en particulier pour l'oléiculture, très adaptée à la nature du
terrain et connue pour être peu gourmande en eau.
Les objectifs sont conséquents : planter 1 500 ha d'oliviers annuellement pour
porter la superficie totale à 100 000 ha contre 88 000 actuellement, sur un patrimoine
arboricole de 110 000 ha, explique-t-on au ministère de l'agriculture. Cette
région est donc appelée à renforcer ses positions dans un domaine où elle est
déjà bien placée. Pour 2007, la production est évaluée à 230 000 tonnes contre
une moyenne annuelle de
160 000. Au total, 75% des olives en conserve exportées proviennent de la région
de Marrakech. Avec la bonne production de cette année, les ventes à l'étranger
devraient se situer entre 60 000 et
70 000 tonnes, le tout réalisé par 26 unités industrielles. Pour l'huile, la
région compte 46 unités d'une capacité de traitement de 2 300 tonnes par jour.
La filière industrielle y est florissante. A l'inverse des unités artisanales,
pour la plupart en déconfiture et souffrant d'un déficit de qualité, en particulier
pour les huiles.
80 000 ha de plus
à irriguer !
Cela dit, l'essor de l'activité reste limité par deux problèmes majeurs : une
technique de cueillette inadaptée et l'alimentation en eau. Et c'est donc tout
naturellement sur ces points-là que l'Office régional de mise en valeur agricole
(ORMVA) du Haouz-Marrakech se focalise.
Afin d'améliorer la qualité et augmenter la productivité de 2,4 à 3 tonnes/ha,
le gouvernement a décidé d'introduire une variété espagnole qui arrive plus rapidement
à sa phase productive. Pour ce qui est de l'irrigation, le goutte-à-goutte est
appelé à être généralisé. Cette démarche est inscrite dans le programme d'économie
d'eau prévu pour la période 2008-2022. Portant sur 80 600 hectares, ce chantier
nécessitera un investissement de 6,4 milliards de DH. Notons que le réseau d'irrigation
existant approvisionne quelque 60 000 agriculteurs.
Parmi les préoccupations figure également le morcellement du foncier et le fait
que plus de 50 % des terres de la région sont des terres collectives. Conséquence
: les agriculteurs ne disposent pas de titres fonciers et se retrouvent donc
exclus du circuit bancaire, ce qui rend difficile la modernisation de l'exploitation.
Cette situation, sur laquelle butent depuis longtemps les pouvoirs publics, concerne
presque tout le secteur agricole marocain. S'agissant des circuits de commercialisation,
l'olivier étant une culture traditionnelle et ancestrale dans la région, les
industries ont souvent du mal à s'approvisionner convenablement, et ce d'autant
plus que les intermédiaires sont nombreux. L'objectif est donc de mettre en relation
directe les industriels et les producteurs grâce à l'installation de plateformes
de distribution.
Lorsqu'on sait que la région compte plus de 2 500 exploitations de tailles diverses,
le travail à réaliser est loin d'être facile. Quoi qu'il en soit, avec 8 barrages,
le pari peut être gagné, pour peu que les responsables de la région disposent
du soutien du gouvernement. Les problèmes sont identifiés et les besoins quantifiés.
Il ne reste plus qu'à mettre en œuvre des mesures adaptées...
Noredine El Abbassi
www.lavieeco.com
2008-01-04
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