Economie

Maroc - Hôtellerie : à 41% de remplissage, les hôtels sont-ils rentables ?


La baisse des nuitées dans les établissements classés suscite de plus en plus d'inquiétudes.
La rentabilité dépend à la fois du taux d'occupation et de l'endettement.
La durée des crédits, trop courte par rapport aux pays concurrents, est pénalisante.

Les hôteliers ont du mal à trouver leurs repères dans la situation que vit actuellement le tourisme en raison du phénomène qui sévit depuis deux ans, en l’occurrence celui de la croissance des arrivées aux frontières et de la baisse des nuitées dans les établissements d’hébergement classés. En 2009, les hôtels ont terminé l’année avec un taux de remplissage moyen de 41% en baisse de 4 points par rapport à 2008. Du coup, depuis quelque temps, de plus en plus de voix s’élèvent pour protester contre l’absence de mesures efficaces en faveur des hôteliers. Une partie des opérateurs de Marrakech entend même s’organiser pour défendre ses intérêts.
Dans ce contexte, la première question qui vient à l’esprit est de savoir à partir de quel taux de remplissage un hôtel est rentable ou du moins arrive à faire face à ses charges. Pour y répondre, affirme un hôtelier, «il faut faire la distinction entre un hôtel qui est endetté et un autre, plus ancien, qui ne paye plus de traites». Dans le premier cas, explique-t-il, il faut un taux de remplissage autour de 60% pour que le propriétaire puisse s’en sortir. En revanche, un taux de remplissage de 40%, et même un peu en dessous, suffirait pour qu’un établissement hôtelier qui a épongé son crédit soit rentable. Et ceci indépendamment de la catégorie de l’établissement.
Cette théorie est mise en doute par un autre opérateur selon lequel il est impossible d’établir un taux d’occupation unique ou même une fourchette applicable à tous les établissements hôteliers.
«Je connais des hôtels qui sont rentables avec un taux d’occupation de 30% et d’autres qui n’arrivent à faire face à leurs charges que s’ils remplissent leur établissement à hauteur de 80%»,  avance-t-il. En substance, il précise que tout dépend des prix pratiqués, de la qualité de la clientèle et de nombreux éléments qui interviennent dans la commercialisation.

Certains établissements peinent à sortir du cercle vicieux

Les avis sont donc partagés, mais il n’en reste pas moins que ceux qui ont ouvert des hôtels en 2009 ou 2008 souffrent énormément en raison de la crise. Pour rembourser les banques ils sont obligés de baisser les prix, de réduire leurs charges et, souvent, de tourner avec un minimum de personnel, ce qui se répercute sur la qualité de service et in fine par une perte de la clientèle.
Pour sortir de cette impasse, la solution préconisée par tous est que les périodes de crédit pour les investissements hôteliers soient allongées. Actuellement, la durée maximale est de 12 ans avec un différé de 3 ans.
En France, cette période peut aller jusqu’à 40 ans et en Tunisie jusqu’à 20 ans, alors qu’en Egypte elle est négociable avec la banque.

M.M
www.lavieeco.com

2010-03-08

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