Les tablettes marocaines tracent leur sillon dans un marché atomisé
10 avril 2014
Anne-sophie Martin (653 articles)
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Les tablettes marocaines tracent leur sillon dans un marché atomisé

DBM a déjà  écoulé près de 150 000 unités de ses tablettes Accent. Disway veut rafler 25% du marché domestique avec la Yooz, commercialisée depuis le dernier trimestre 2013. Les deux marques sont exportées en Tunisie et en Afrique de l’Ouest.

Nouvelle consécration pour DBM (Data, Business & marketing), importateur et constructeur marocain de matériel informatique basé à Mohammédia. Après les packs constitués d’un ordinateur portable de sa marque Accent et d’une connexion 3G lors des précédentes éditions du programme Injaz, les étudiants ont le choix, pour l’actuelle et dernière édition, entre deux packs, l’un avec une tablette simple de 10’’ (699 DH), l’autre avec une tablette convertible Transformer TB 1010 (1999 DH), toutes deux de la même marque. «Nous avons beaucoup investi sur les modèles de tablettes convertibles avec clavier amovible. Nous sommes l’un des rares constructeurs, à l’échelle internationale, à l’avoir fait. Nous croyons fermement qu’il s’agit d’un produit idéal pour les étudiants, combinant mobilité et puissance», explique Karim Mazouzi, DG de DBM.

Fabriquées en Asie et disponibles depuis 2 ans, les tablettes Accent ont le vent en poupe depuis près de 6 mois. Vendue dans un peu plus de 400 points de vente dans tout le Maroc, la gamme compte une dizaine de références dont les prix grand public vont de 1 500 DH à 6 000 DH. Avec plus de 50 MDH investis dans cette gamme, DBM espère réaliser 50% de son chiffre d’affaires grâce aux tablettes d’ici la fin de l’année. Pour l’heure, près de 150 000 unités se sont déjà écoulées.

Fiabilité et montée en gamme pour se différencier des «no name»

En l’absence de données officielles, ce constructeur estime toutefois tenir la tête du podium dans la vente au détail. Toutefois, «le marché local commence à être très concurrentiel et la marge se réduit», confie M. Maazouzi. L’export devient donc un complément non négligeable. Depuis février, les tablettes Accent sont ainsi distribuées en Tunisie. Elles le seront prochainement en France grâce à un partenariat avec Ingram Micro, grossiste en produits technologiques au niveau mondial. Des discussions sont en cours pour identifier le réseau de grandes surfaces qui les commercialisera. Accent est également partenaire d’un programme similaire à Injaz au Sénégal.
Avec sa marque Yooz mise sur le marché domestique vers la fin 2013, Disway, qui n’a pas participé à l’appel d’offres relatif à Injaz 2014, place aussi beaucoup d’espoir dans l’export. Selon ses responsables, sa tablette est vendue en Tunisie et dans quelques pays de l’Afrique de l’Ouest. En s’appuyant sur un réseau d’environ 300 points de vente, elle vise 20 à 25% du marché marocain en 2014.
Ces deux sociétés devront cependant faire preuve d’imagination pour séduire les consommateurs noyés dans une marée de tablettes no-name. DBM met ainsi l’accent sur son service après-vente. «Nos produits sont réparés sous 4 heures, s’ils sont déposés dans nos ateliers avant midi. Nous disposons des pièces détachées et tous nos modèles sont réparables, sauf cas particulier comme une immersion dans l’eau, bien sûr», affirme M. Maazouzi. Le taux de retour des tablettes serait ainsi inférieur à 1% contre 40% pour certaines tablettes no-name. Prochaine étape pour DBM, d’ici quelques semaines seront lancés les premiers smartphones sous Androïd de la marque. La société promet d’offrir des caractéristiques techniques dignes des grandes marques pour un prix bien moindre (entre 1 000 et 2 000 DH).
Disway annonce quant à elle une montée en gamme sur les tablettes, de nouvelles fonctionnalités et l’élargissement de sa gamme à d’autres produits IT.

Anne-sophie Martin

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