18 juin 2004
Aziza belouas (1466 articles)
Partager

Les Marocains dépensent en moyenne 22 DH par jour

Le taux de pauvreté recule mais le pouvoir d’achat reste limité.
Casablanca et Rabat sont les villes où le taux de pauvreté relative est le plus bas.

La pauvreté a reculé de manière significative au Maroc. C’est le constat fait par l’enquête nationale sur la consommation et les dépenses de ménages effectuées en 2000/2001. Les conclusions de cette enquête ont été présentées au cours d’une conférence de presse tenue mardi 15 juin par Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan.
Ainsi, on notera, au niveau national, que la pauvreté de masse qui a prévalu, entre 1960 et 1970, s’est réduite pour devenir une pauvreté relative s’établissant à 13,7 % en 2001 contre 17,3 % en 1999. En d’autres termes, et selon les critères retenus par la Banque mondiale, il y a actuellement 13,7% de Marocains qui vivent avec moins de 2 dollars, soit 19 DH, par jour.
Sur le plan régional, le taux de pauvreté en milieu urbain est passé de 10,5 % en 1999, à 6,3 % en 2001. Alors que, dans le monde rural, la réduction de la pauvreté s’est faite à un rythme plus lent puisque sur la même période (1999-2001), son taux est passé de 25,2 % à 23,1 %. Selon le Haut Commissaire au Plan, «la pauvreté, malgré sa tendance baissière, est plus prononcée dans les milieux ruraux que dans les villes. Et l’évolution de l’écart des taux de pauvreté entre les villes et les campagnes va en s’accentuant puisque ce dernier a doublé entre 1971 et 1985 (1,6 à 2%) et a même triplé entre 1985 et 2001, pour atteindre 3 %». Si la pauvreté est limitée dans les grandes villes comme Casablanca (1,6%), Rabat-Salé (7,0%) ainsi que dans le Sud du pays, où le taux atteint 7,6%, elle est plus prononcée dans certaines régions comme Meknès-Tafilalet (39,8%), Gharb-Cherarda (30,0%), Marrakech-Tensift ( 26,3%), Souss-Massa (26,3%) et l’Oriental (25,3%).

Les disparités sociales se sont légèrement atténuées
L’évolution des dépenses des ménages vient confirmer cette disparité régionale. En effet, l’enquête de la direction des Statistiques révèle que c’est dans les grandes villes que les dépenses annuelles par tête d’habitant sont relativement plus importantes. Elles varient entre 14 366 DH et 10 162 DH par an à Casablanca et dans la région de Rabat-Zemmour Zaer. Dans les régions moins aisées (Oriental, Meknès-Tafilalet, Gharb et Marrakech- Tensift), la dépense annuelle moyenne par personne varie entre 6 883 et 6 228 DH par an. Au niveau national, elle est de l’ordre de 8 280 dirhams par personne. Ramenée au quotidien, cette moyenne annuelle est insignifiante puisque le Marocain dépense en moyenne 22 DH par jour. Ce budget passe à 40 DH pour un Casablancais et il est de seulement 18 DH pour un Marrakchi! Un niveau qui, malgré le recul significatif de la pauvreté, reste très bas, sachant qu’il s’agit d’une dépense de consommation globale regroupant l’alimentation, l’éducation, la santé et l’habitat. Pour les services d’Ahmed Lahlimi, il y a quand même une amélioration qualitative et quantitative de la dépense de consommation, qui «a donné lieu à une régression significative de la pauvreté». Elle a aussi, selon l’enquête, entraîné une atténuation des disparités sociales. C’est ainsi que la part des 50 % de ménages marocains les moins aisés dans le total des dépenses, à l’échelle nationale, est passée de 22,7% en 1985 à 24,4 % en 2001. Quant aux 10 % de ménages les plus aisés, leur part dans les dépenses globales a enregistré un recul puisqu’elle est passée de 30,5 % en 1985 à 29,7 % en 2001. La régression a été ressentie aussi bien au niveau urbain qu’au niveau rural

L’écart entre les villes et la campagne va en s’accentuant. Aujourd’hui, en milieu urbain, il est de 10,5%. En milieu rural, il est de 23,1%

La campagne de com’ du recensement commence
Les résultats du recensement général de la population viendront compléter les conclusions de l’enquête sur la consommation des ménages. Devant s’effectuer du 1er au 20 septembre 2004, ce recensement sera précédé d’une large campagne de communication déclinée sur le thème : «Le recensement, un acte citoyen». Cette action se déroulera en deux phases : la première, qui s’étendra du 16 juin au 16 juillet 2004, sera générique. Elle annoncera la date de l’opération et fera la promotion de l’identité visuelle du recensement. Quant à la deuxième, dite phase de lancement, elle devra inciter, du 15 août au 15 septembre 2004, les citoyens à participer au recensement.
Films et messages seront diffusés en arabe et dans les trois dialectes berbères, sur les deux chaînes de télévision ainsi que par la radio. L’affichage sera également de la partie .