Economie

Les détails du Plan Textile 2025

En plus du développement des exportations, la stratégie a pour but d'élargir le marché intérieur qui doit tripler de taille d'ici 2025. Réindustrialisation du secteur et rééquilibrage de l'offre des diverses filières du secteur sont les deux piliers du plan.

Maroc Plan Textile 2025.

Le Plan Textile 2025 a été présentée le 9 mai au ministère du commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies (MCINT). Enclenchée en janvier 2012 en réaction à la crise que connaît le secteur depuis 2008, la réflexion des professionnels du textile a abouti à la mise en place d’«une nouvelle vision qui permettra au secteur, à l’horizon 2025, de s’adapter au nouvel ordre mondial de l’industrie textile», disent les responsables de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith). Il est à rappeler, en effet, que la cartographie actuelle du sourcing européen n’accorde plus la même importance à la zone asiatique en raison de la hausse du coût de production en Chine et du choix fait par cette dernière d’axer ses efforts prioritairement sur le développement de son marché intérieur. Une opportunité qui s’offre aux pays du pourtour méditerranéen, également fournisseurs des marchés européens. La réaction est venue directement de la Turquie qui s’est rapidement dotée d’un «Plan Textile 2020». Maintenant, au Maroc de lui emboîter le pas.

Les industriels ont donc entamé, début 2012, une réflexion approfondie afin d’esquisser une vision globale à l’horizon 2025. L’objectif est d’ériger l’industrie textile au rang de priorité nationale afin qu’elle retrouve sa place de premier employeur du Maroc ainsi que celle de premier pourvoyeur de devises de l’Etat. Mais pas seulement. Le «Plan Textile 2025» ambitionne également de développer et structurer le marché intérieur. 

Concrètement, ce plan vise l’augmentation de la taille du secteur afin de lui permettre d’atteindre un PIB variant de 46 à 48 milliards de dirhams. Les exportations devront aussi, à l’horizon 2025, réaliser un chiffre d’affaires allant de 85 à 95 milliards de dirhams. Enfin, en termes d’emplois, le Plan Textile 2025 prévoit la création d’environ 250 000 nouveaux emplois. Comment réaliser ces objectifs ?

Tissu technique, linge de maison, habillement mode, trois activités vont émerger

A l’image du modèle turc, pris comme référence, la stratégie de l’Amith vise une intégration de l’industrie, de l’amont à la distribution. Et pour cela, les axes d’intervention sont essentiellement : une réindustrialisation du secteur et un rééquilibrage de l’offre des diverses filières.


Concernant le premier point, le Plan Textile 2025 prévoit, explique la profession, «une réindustrialisation significative du secteur autour d’une base amont solide et compétitive». Ce qui nécessitera une enveloppe d’environ 25 à 30 milliards de dirhams d’investissement à l’horizon 2025. Cette régénération du tissu industriel aidera le secteur à se positionner aussi bien à l’international qu’au niveau local. Le marché intérieur, estimé actuellement à 40 milliards de dirhams, devra voir tripler son chiffre d’affaires à l’horizon 2025 . Quant au volet exportation, le Plan Textile 2025 permettra au Maroc de doubler sa part de marché dans le commerce mondial, la portant de 0,5% actuellement à 1%.

Cette réindustrialisation se fera bien entendu autour de l’existant, mais permettra aussi l’émergence de trois activités clés, notamment le tissu technique, le linge de maison et l’habillement mode qui a, durant de longues années, porté les exportations du secteur. Par le développement de ces filières, l’Amith vise «un rééquilibrage de l’offre et la quête d’une plus grande valeur ajoutée».

Pour ce qui est de l’habillement, les professionnels estiment que le réassort rapide offre de grandes opportunités de croissance qu’il faut saisir pour concurrencer les autres fournisseurs de l’UE, en l’occurrence la Turquie, devenue partenaire incontournable de l’Europe en matière de sourcing proche. Par ailleurs, la diversification allant vers plus de valeur ajoutée permettra de sortir du produit basique.

La vision pour le textile de maison s’inscrit dans un cadre global portant sur l’accompagnement du développement de deux autres secteurs d’activité, l’hôtellerie et l’immobilier, dont les besoins sont de plus en plus importants en raison des grands projets en cours ou programmés. Ce qui fait dire aux professionnels qu’«il faut accompagner l’émergence actuelle d’un grand marché de l’ameublement».

Enfin, le textile technique offre une grande opportunité au secteur étant donné les besoins des activités en croissance, notamment l’industrie automobile, l’agriculture et les projets d’infrastructure (construction des routes et autoroutes).

Le manque de soutien des banques mis à l’index

Les axes du Plan Textile 2025 sont donc bien déterminés, reste à savoir comment concrétiser l’ensemble de ces ambitions. Et c’est là que, selon l’Amith, sa démarche marque un point de rupture. «Nous ne nous inscrivons pas dans une approche revendicative. Nous ne demandons pas de mesures pour réduire le coût de l’énergie ou encore pour alléger le poids des charges sociales. Nous souhaitons l’adaptation des outils déjà mis en place par les pouvoirs publics et particulièrement le ministère du commerce et de l’industrie». Sont cités par exemple les outils pour le développement de l’innovation et la recherche, de financement ainsi que les mesures de soutien aux entreprises pour les ériger en locomotive du secteur. L’adaptation de ces différents dispositifs est nécessaire car l’expérience a démontré, indiquent les responsables de l’Amith, que les résultats escomptés n’ont pas été atteints. Ainsi, au niveau des outils de financement, les banques n’ont pas suivi les entreprises qui ont sollicité un accompagnement pour des programmes de financement. Par ailleurs, les converteurs et le distributeur sélectionnés en 2011 n’ont pas non plus pu mener à terme leurs projets faute de soutien des organismes bancaires. Une étude d’impact doit être réalisée par le ministère du commerce et de l’industrie afin d’évaluer la portée de ce programme de soutien avant de lancer une deuxième opération de sélection.

Si l’Amith a opté pour une adaptation des outils et programmes de soutien existant afin de concrétiser son Plan Textile 2025, elle va suggérer également de confier la mise en œuvre, comme le modèle turc qui est géré par un «Higher Council Of Textile», à une instance spécialisée. Peut-être une «Agence du Textile», qui serait rattachée à la Primature et qui suivrait la mise en place du plan, procédera aux ajustements nécessaires et assurera le monitoring, le contrôle et le suivi de la concrétisation.

L’association, après avoir présenté officiellement son plan, estime que «c’est maintenant que le travail va réellement commencer puisqu’il faudra identifier les outils, les priorités et mesurer la faisabilité de chaque axe». Elle compte boucler tout le chantier avant fin juin afin de permettre, le cas échéant, l’intégration des mesures dans les notes de planification de la Loi de finances 2014.

Légère baisse des exportations à fin avril

D’après les derniers chiffres de l’Office des changes, le secteur textile a enregistré une baisse de 1,9% de ses exportations à fin avril. Elles se sont situées à 10 milliards de dirhams contre 10,2 milliards à la même période de l’année dernière. Et c’est la maille qui a été touchée puisque ses exportations ont reculé de 11%, soit 2,4 milliards de dirhams à fin avril contre 2,7 milliards à la même période de 2012. La filière confection a augmenté de 3% par rapport à l’exercice antérieur ; ses exportations sont passées de 6,6 milliards de dirhams en 2012 à 6,8 milliards durant les quatre premiers mois de 2013. 

La baisse enregistrée par la maille est due, selon les professionnels, au manque d’attractivité de son offre qui demeure basique et à la perte de capacité de production en raison de la crise de 2008.

L’import s’est aussi inscrit à la baisse. La facture est de 7,8 milliards de DH contre 8,3 milliards, soit une régression de 6% par rapport à l’égale période de l’an dernier. Les importations de produits finis ont reculé de 14,5%, passant de 1 milliard de dirhams en 2012 à 855 millions à fin avril 2013.

Aziza Belouas. La Vie éco
www.lavieeco.com

2013-05-23

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