Economie
La loi sur l'immobilier locatif à vocation touristique enfin prête
Elle permettra de créer 28 000 lits supplémentaires et 16 000 emplois
Les sociétés de gestion seront assimilées à des opérateurs hôteliers.
Le projet de loi visant à encourager la construction d'unités immobilières destinées à être louées à une catégorie de touristes, est en passe d'être finalisé. Certes, l'élaboration de ce texte appelé projet de loi sur l'ILVT (Immobilier locatif à vocation touristique) a pris un peu de retard, puisque l'étude démontrant son utilité avait été réalisée en 2004 déjà. Mais, l'essentiel est qu'il soit adopté lors de la prochaine législature, dans la mesure où une demande pour ce genre de logement existe bel et bien, émanant essentiellement des nationaux et de la clientèle arabe du Moyen-Orient. Ladite étude avait insisté, pour commencer, sur la nécessité d'adopter une démarche différente avec ce nouveau type de résidences immobilières touristiques (RIT) en les distinguant d'autres pouvant s'y apparenter comme les logements en time-share (résidences louées en temps partagé). Le développement des RIT doit, en effet, bénéficier d'un cadre légal d'incitation à la construction, à l'acquisition et à la commercialisation, alors que le time-share, qui est une forme d'ILVT, a tout juste besoin d'être encadré et réglementé. En outre, le ministère du tourisme a fixé des objectifs chiffrés pour ces deux types de logements touristiques. Ainsi, à l'horizon 2011, le Maroc devra avoir créé environ 40 000 lits de plus, soit l'équivalent de 15% de la capacité totale du pays dont 28 000, soit 70%, en RIT et 30% sous forme de time-share.
Ce qui contribuera, selon les prévisions, à la création
de 16 000 emplois.
Des avantages fiscaux uniquement pour
les acquéreurs
Maintenant, quelles sont les dispositions législatives prévues
pour donner une vraie impulsion à l'ILVT ? Quel sera son mode de
fonctionnement, et quelles sont les incitations fiscales éventuelles ?
En ce qui concerne les RIT, il est prévu, en fait, l'amendement
des textes existants, notamment la loi 61-00 portant statut des établissements
touristiques pour y intégrer ces résidences. Les modifications
concerneront aussi le décret d'application de cette loi et les arrêtés
fixant les normes de classement. Dans la foulée, il sera procédé à la
promulgation d'un nouveau texte régissant les licences de tourisme
qui seront accordées aux sociétés de gestion de l'ILVT.
Le but donc est de considérer les RIT comme une nouvelle catégorie
de logements touristiques au même titre que les hôtels, les riads
ou autres. On dénombre actuellement douze formes de logements touristiques
et les RIT constitueront donc la treizième.
Le système qui est en train d'être mis en place s'appuie
ainsi sur trois acteurs : le promoteur, l'acquéreur et la société de
gestion.
Le rôle du promoteur consiste à réaliser des RIT et à les
commercialiser, en unités, auprès des acquéreurs. Ces derniers
sont tenus de donner en location les logements acquis dans ce cadre à la
société de gestion durant une période d'au moins neuf
mois par an, moyennant un loyer fixe mentionné dans le contrat de bail
qui les lient. Le gestionnaire, entité morale, se charge, quant à lui,
de la gestion hôtelière de ces logements et aura besoin pour cela
d'une licence délivrée par les pouvoirs publics. A noter
aussi de nouvelles dispositions relatives à l'ameublement des résidences
qui revient, dans un souci d'unité, au gestionnaire, de même
que l'entretien et la maintenance des résidences. Par ailleurs,
le projet de loi prévoit que les RIT soient constituées de 50 à 100
logements dont au moins 70% seront mis obligatoirement en location.
En revanche, les logements acquis en time-share ne seront pas concernés
par l'amendement de la loi 61-00 dans la mesure où ils sont déjà assimilés à des
résidences touristiques ou des villages de vacances. Ils devront donc
juste être classés dans le cadre de cette loi. En revanche, le time-share étant
considéré comme une technique d'exploitation de logements
dans un but touristique, la réglementation de la gestion de ces logements
fera l'objet d'une loi à part, dite «relative à la
commercialisation des droits de jouissance à temps partagé» dans
la mesure où on est en présence de deux parties seulement : le
commercial et l'acquéreur.
Reste le volet fiscal, sans doute le plus déterminant dans la réussite
du développement des RIT. Des discussions sont actuellement menées
au sein du gouvernement, notamment avec le ministère des finances pour élaborer
un cadre fiscal incitatif. Mais l'on sait d'ores et déjà que
ce cadre concernera uniquement les RIT et non les times-share. L'objectif
des éventuelles incitations fiscales est d'arriver à créer
un écart ou une différence entre un appartement fermé ou
loué occasionnellement, de gré à gré et donc de manière
informelle, et un appartement loué dans le cadre de la loi sur l'ILVT.
Mais si avantage fiscal il y a, il sera accordé uniquement à l'acquéreur
ou au propriétaire du logement, probablement dans le cadre de l'IGR
(Impôt général sur le revenu). En effet, on ne prévoit
aucun avantage nouveau pour les sociétés de promotion immobilière,
ni du reste pour les sociétés de gestion quoique ces dernières
seront assimilées à des opérateurs hôteliers et bénéficieront,
par conséquent, des avantages existants dans le secteur de l'hôtellerie.
Mohamed Moujahid
www.lavieeco.com
2006-09-22
Authentifiez-vous pour ajouter un commentaire
- Vous pouvez commenter cet article, mais votre message n'apparaîtra en ligne qu’après modération.
- veuillez lire la Charte des commentaires avant de poster vos commentaires