La consommation de ciment plonge dans toutes les régions
22 mai 2013
Reda Harmak (1115 articles)
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La consommation de ciment plonge dans toutes les régions

Tadla Azilal et Tanger-Tétouan sont les plus sinistrées avec des baisses de plus de 25% sur les 4 premiers mois de l’année. Recul de 20% dans les régions de Souss-Massa, Meknès et le Grand Casablanca.

Le marché du ciment persiste dans la baisse observée depuis le début de l’année. La consommation en avril s’établit à 1,4 million de tonnes, en recul de près de 3% par rapport au même mois de 2012, selon les chiffres de l’Association professionnelles des cimentiers (APC), désormais diffusés par le ministère de l’habitat. Sur les 4 premiers mois de l’année, ce sont près de 5 millions de tonnes qui ont été absorbés par le marché contre 6 millions de tonnes à la même période de l’année passée, soit une baisse de 16,5%. Ce recul est à nuancer par un effet de base négatif, à savoir que début 2012 a été une période exceptionnellement porteuse pour le marché du ciment avec, entre autres, peu d’arrêts de chantier. A l’inverse, les deux premiers mois de l’année en cours ont été caractérisés par d’importantes précipitations.

Mais au delà, c’est bien l’activité déjà hésitante des principaux consommateurs de ciment qui alimente la baisse. Côté BTP d’abord, les entreprises connaissent quasiment un calme plat durant les premiers mois de l’année en raison des retards des reports de crédit au niveau des administrations qui font traîner les paiements. Dans ce contexte, la promotion immobilière est bien en peine pour prendre le relais étant notamment bridée par le nouveau régime de taxation des revenus de vente des terrains nus. Et il faut croire que l’auto-construction, elle non plus, ne parvient pas à renouer avec ses bons niveaux de 2011 et dans une moindre mesure du début 2012.

La consommation progresse à Doukkala et Lâayoune, deux marchés qui pèsent très peu

Si depuis le début de l’année certaines régions parvenaient à tirer leur épingle du jeu, presqu’aucune n’est actuellement épargnée. Pour dire, sur 16 zones, seulement deux enregistrent une croissance. Il s’agit de Doukkala et Lâayoune dont la consommation progresse respectivement de 2,5% et 27% à fin avril 2013 en comparaison avec la même période de 2012, et encore ! Il faut relativiser ces progressions en précisant que ces deux marchés ne pèsent dans l’ordre que 6% et 1% de la consommation nationale. Pour tout le reste du territoire, les baisses affichées atteignent des niveaux préoccupants.

Les zones les plus sinistrées sont Tadla-Azilal et Tanger-Tétouan dont la consommation a baissé de plus du quart sur les 4 premiers mois de l’année en comparaison avec 2012 (exception faite de Smara – 2% de la demande nationale – dont la consommation a baissé de moitié sur la période). Les régions de Souss-Massa, Meknès et le Grand Casablanca connaissent, quant à elles, des baisses avoisinant les 20%. Celles de Rabat-Salé, Fès, Taza, Marrakech et le Gharb se placent juste en dessous de la moyenne de la baisse nationale avec – 16,5%. Et l’Oriental est le seul grand marché régional dont la baisse est contenue en dessous de 10%.