La CDG négocie avec la Douane l’acquisition du Technopark de Casa
14 mars 2008
Lavieeco (25267 articles)
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La CDG négocie avec la Douane l’acquisition du Technopark de Casa

Les négociations sont également entamées avec l’Association des agents douaniers, propriétaire du terrain.
La CDG détient déjà 17,5% de MITC, la société de gestion du Technopark.
La construction de la bâtisse, en 1999, avait coûté 250 MDH.
Cette acquisition serait en phase avec la nouvelle stratégie
de développement de sites technologiques de la CDG.

Après avoir investi massivement dans l’immobilier résidentiel et touristique au cours des dernières années, notamment à travers la Compagnie générale immobilière (CGI) et la Société immobilière de la mer (SIM), la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) confirme ses ambitions dans le domaine de l’immobilier spécifique, tels les parcs industriels et technologiques. En effet, sa filiale Med Z (Ex-Maroc Hôtel Village) est, selon des sources bien informées, en négociations avec l’administration des Douanes et l’Association des agents douaniers pour l’acquisition du site du Technopark de Casablanca, surnommé «Goldorak» par les Casablancais en raison de sa ressemblance avec le fameux robot héros de dessins animés.

Erigé en 1999 pour 250 MDH, à proximité de Marjane Californie, initialement pour abriter le siège de l’administration des Douanes (finalement transféré à Rabat), cet imposant building, qui dispose de 30 000 m2 couverts dont près de 10 000 m2 en plateaux de bureaux commercialisables, a été transformé, en 2001, en vitrine technologique du pays en devenant un site d’hébergement et d’incubation de jeunes pousses marocaines en nouvelles technologies. Les co-propriétaires, en l’occurrence l’administration des Douanes pour le bâtiment et l’Association des agents douaniers pour le terrain, avaient consenti à le louer à une société gestionnaire, MITC (Morocco Information Technopark de Casablanca), au prix annuel de 4 MDH. Loyer qui devait être révisé à 7 MDH après une période de 4 ans.

Le Technopark a accompagné 300 start-up depuis 2001
Rappelons que le Technopark commercialise des espaces de bureaux équipés en télécoms et infrastructures réseaux à des prix avantageux commençant à un loyer mensuel de 50 DH/m2, avec pour objectif de favoriser le développement des jeunes sociétés innovantes. Il agit également en promoteur des nouvelles technologies en organisant régulièrement des manifestations d’envergure internationale (rencontres Med-IT, Journée mondiale des SIG, conférence sur l’incubation…). En 2005, et dans le cadre d’un partenariat avec la Banque Mondiale, MITC a développé une nouvelle activité à travers un centre d’incubation qui apporte de l’accompagnement et du financement en fonds propres pour les start-up marocaines. De l’aveu des observateurs, le Technopark est indéniablement un bel exemple de réussite de partenariat public/privé, malgré un mauvais démarrage, notamment à cause d’un business-plan irréaliste.

En témoigne un bilan éloquent : depuis son inauguration en octobre 2001, cette structure a accompagné plus de 300 entreprises innovantes dont le chiffre d’affaires cumulé dépasse les 500 MDH. Aujourd’hui, près de 1 000 cadres et techniciens travaillent sur ce site et plus de 60 000 visiteurs s’y rendent chaque année. Son espace de vie comprend un bureau de Poste Maroc, une agence télécoms, un restaurant collectif géré par Rahal Catering, un guichet bancaire automatique et un guichet virtuel de l’Agence nationale de promotion des emplois et des compétences (Anapec).
En jetant son dévolu sur ce site, la CDG vise à devenir aussi bien propriétaire des lieux que partie prenante dans sa gestion aux côtés d’Attijariwafabank, de la BCP (Banque Centrale Populaire) et de l’Etat marocain, étant entendu qu’à travers CDG Développement elle est déjà actionnaire de MITC à hauteur de 17,5% du capital.

Quant à la Douane, elle générerait une plus-value conséquente à travers cette cession au regard du renchérissement considérable du foncier dans cette partie névralgique de Sidi Maârouf. Ce qui est nettement plus intéressant que le loyer annuel de 4 MDH qu’elle a eu du mal à revoir à la hausse (conformément au contrat de bail) puisque l’Etat marocain a considéré que MITC, qui s’acquitte d’une mission d’intérêt général (les loyers étant de fait subventionnés notamment pour la tranche appliquée aux petites et jeunes entreprises), ne pouvait se permettre de répercuter cette hausse sur les occupants.

La CDG renforce en parallèle son pôle de zones industrielles
Cette acquisition serait également en phase avec la nouvelle stratégie de la CDG qui consiste à développer des sites technologiques. A quelques encablures du Technopark, le bras financier de l’Etat a déjà récemment finalisé les travaux de Casanearshore, autre parc technologique d’une autre dimension, avec 250 000 m2 d’espaces de bureaux et annexes dédiés aux métiers de l’offshoring. Des dizaines d’opérateurs dont certains de renommée mondiale tels GFI, HPS, BNP Paribas, Tata et Dell ont commencé à y élire domicile. Pareillement, le Technopolis de Rabat, qui s’étend sur 300 hectares et dont l’investissement prévu dépasse plusieurs milliards de DH, verra sa première tranche inaugurée dans les mois qui viennent. Med-Z qui en fut le maître d’ouvrage s’enorgueillit d’avoir déjà plus de 80% de réservations fermes pour sa première phase.

D’autres sites similaires sont à un stade avancé d’étude avec l’Etat marocain, tel l’Agropole de Meknès.
Sur un registre complémentaire, la CDG renforce son pôle de zones industrielles qui ne comptait, il y a quelques années, que des investissements en tant qu’actionnaire minoritaire dans des sociétés de gestion, telle la participation de 10% dans Sogepib (Société de gestion du parc industriel de Bouskoura). De même, Med-Z a déjà à son actif quelques réussites en aménagement développement de zones industrielles aux normes internationales telles celles de Tanger Gzenaya (129 ha) ou celle, plus récemment inaugurée, de Jorf Lasfar, près d’El Jadida (500 ha). On citera aussi le début de la commercialisation depuis peu de la première tranche de la zone industrielle de Bouznika d’une superficie totale brute de 25 ha et le projet d’envergure d’aménagement d’un pôle régional de transformation des produits de la mer à Agadir entériné en février 2008 par un accord-cadre signé avec la Région Souss Massa Drâa, le fonds Igrane et le Crédit Agricole.