La Banque mondiale consolide son appui au Maroc
14 mars 2018
Alie Dior NDOUR (7 articles)
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La Banque mondiale consolide son appui au Maroc

De solides avancées sont réalisées dans les domaines de la gouvernance du développement durable. L’emploi, l’éducation et le développement urbain resteront des volets clés du Contrat de partenariat stratégique 2018-2023.

Entre le Maroc et la Banque Mondiale, les relations sont visiblement au beau fixe. C’est ainsi que l’on peut résumer les propos de Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de l’institution pour le Maghreb qui s’est entretenue, lundi 5 mars, à Casablanca, avec un groupe restreint de journalistes de la presse locale. Mme Marie-Nelly fait précisément état d’«un partenariat solide» avec le Royaume. Interprétée autrement, cette déclaration balaie tout soupçon de froid ou de méfiance entre les deux parties après la publication, en mai 2017, du mémorandum intitulé «Le Maroc à l’horizon 2040 : investir dans le capital immatériel pour accélérer l’émergence économique» dont la teneur avait suscité une petite tempête médiatique.

A l’évidence, de telles piqûres de rappel sont nécessaires pour que la cadence des réformes de structure soit accélérée. Il reste que la Banque Mondiale ne cache pas sa satisfaction sur beaucoup de volets au titre du Contrat de partenariat stratégique (CPS) 2014-2017 pour lequel l’enveloppe totale est de l’ordre de 3,7 milliards de dollars. A propos du développement humain, elle a mis en évidence les réalisations en matière de gestion du diabète et l’amélioration des conditions de vie de la femme rurale, notamment la facilitation de l’accès à l’école des jeunes filles.

Un meilleur ciblage pour les programmes sociaux

Des bons points sont aussi délivrés pour les réalisations en matière d’énergies renouvelables et de gestion du littoral, principalement dans la région de Nador, et des ressources halieutiques. La directrice des opérations de la Banque Mondiale pour le Maghreb ne tarit pas d’éloges pour le plan solaire. Et sur le chapitre de l’environnement des affaires, elle cite l’amélioration du classement dans Doing Business, la loi sur l’auto-entrepreneur et la mise sur orbite du fonds Innov invest, l’installation de la commission nationale de la commande publique (CNCP). Des efforts conséquents sont aussi relevés pour ce qui est de la gouvernance. Il en est ainsi de la promulgation des lois organiques relatives aux communes et à la Loi de finances. «Les instruments de base sont là», souligne Mme Marie Nelly, comme pour dire que plus rien n’empêche d’aller de l’avant.

Mais il reste encore beaucoup à consentir dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et du développement urbain, qui figureront en bonne place dans l’architecture du CPS 2018-2023. La banque est aussi très attentive aux impacts sociaux des programmes et reconnaît qu’il y a des insuffisances. C’est sur ce point qu’elle attire l’attention du gouvernement – qui en est d’ailleurs conscient – sur un meilleur ciblage. C’est sur ce volet que sera déterminant le système d’identification digitale en chantier.

Sur tous les dossiers, la banque dit se limiter à enrichir la réflexion en apportant son expérience et une impulsion financière (un dollar déboursé pour un projet peut en attirer 4 au moins). Le dernier mot revient donc à l’Etat.