Economie
L'activité des call centers explose
On en compte aujourd’hui une quarantaine sur la place n Le secteur a créé
au moins 4 000 emplois directs.
S’il est un secteur qui connaît un fort développement, c’est
bien celui des centres d’appel. Le Maroc en compte aujourd’hui 39
dont 7 de taille importante. Les plus grands comptent 400 à 500 personnes,
essentiellement des téléopérateurs. Un call center employant
en moyenne une centaine de personnes, le nombre d’emplois directs créés
par cette branche toute nouvelle, est d’environ 4 000. Mais le secteur souffre
encore d’une image de marque peu valorisante chez les jeunes recrues dont
c’est souvent le premier emploi. Faute de mieux ? Sans aucun doute, car
les profils demandés par les recruteurs (Bac +3 et Bac+4) aspirent normalement
à un travail plus valorisant. Aussi, selon Saâd Iraqi de Co Manager,
cabinet qui mène une grande opération de recrutement pour le compte
de plusieurs call centers, «le turn over dans la branche est de deux ans
maximum». Pourtant, dit-il, le temps passé par un jeune dans une
telle branche est loin d’être perdu au vu des avantages acquis, en
terme de formation à des métiers commerciaux et de management pour
les plus persévérants, ou d’évolution de la rémunération,
sans parler des avantages sociaux. Dès son recrutement, l’employé
perçoit un salaire, dans la plupart des cas, supérieur à
3 000 DH, auxquels s’ajoutent l’affiliation à la CNSS et l’assurance
maladie. Le plus souvent, ceux qui sont confirmés dans leur poste ont droit
à la retraite complémentaire.
Taux d’encadrement de 90% au bout de deux ans
En outre, les plans de carrière dans cette activité sont estimés
très intéressants dans la mesure où il existe toute une échelle
de promotion allant du poste de simple téléopérateur jusqu’à
superviseur, chef de plateau, coordinateur ou même directeur de site. D’ailleurs,
l’encadrement de beaucoup de call centers est aujourd’hui à
90 % marocain, car, en deux ans à deux ans et demi, un employé chevronné
peut grimper tous les échelons, «tant les initiateurs de centre d’appels
investissent dans la formation», est-il souligné.
Qui a recours aux services des call centers au Maroc ? Essentiellement des entreprises
de France, d’Espagne et du Benelux, pour des raisons d’affinités
linguistiques.
Le filon est porteur. Telefonica, Dell, Teletech, Redal ou encore la RAM y ont
recours.
Pourquoi un tel succès ? Deux raisons : un coût salarial peu élevé
par rapport à l’Europe et des ressources humaines de qualité,
même si on affirme qu’il est de plus en plus difficile de trouver
les profils demandés. Les personnes employées par le call center
doivent en effet maîtriser la langue de travail, être dotées
de connaissances informatiques et faire preuve de rapidité pour fournir
l’information demandée par le client. En effet, plus la durée
de la communication est courte, plus le centre d’appel est gagnant.
Pour l’heure, ce sont les services qui se taillent la part du lion dans
cette activité, et la vente de produits commence à peine à
faire son apparition.
M.M.
www.lavieeco.com
2004-01-02
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