Economie

Immobilier de luxe : chute des ventes à Marrakech, Casablanca et Rabat résistent

Les résidences secondaires souffrent davantage de la crise.
Les promoteurs du Golfe moins sensibles à la crise que leurs concurrents européens.
Marrakech prise au piège d'une offre surabondante.

Immobilier de luxe : chute des ventes à Marrakech, Casablanca et Rabat résistent

En dépit du ralentissement sensible de l’économie, l’immobilier de luxe semble toujours avoir le vent en poupe et les grands groupes aussi bien nationaux qu’internationaux multiplient les annonces sur leurs produits. Golf à Bouskoura, resort à Marrakech, riad, villas... L’affichage et la presse écrite sont sollicités pour des campagnes de communication de grande ampleur. Reste à savoir si le marché est réellement porteur. Autrement dit, est-ce que le segment du luxe arrive à tirer son épingle du jeu dans un contexte de crise immobilière internationale ?
A en croire les professionnels du secteur, la réponse varie en fonction de plusieurs critères. A commencer par celui du lieu du projet immobilier. «Nous continuons de vendre sans baisser les prix, mais le rythme  a nettement baissé à Marrakech. A Casablanca et Rabat, en revanche, la demande n’a pas beaucoup fléchi», soutient Karim Belmaâchi, DG d’Alliances Développement.
Le lieu d’implantation, la ville, est aussi déterminant. «A Casablanca et Rabat, nos produits peuvent très bien être considérés comme des résidences principales. Mais on ne peut pas en dire autant des résidences de la ville ocre où les clients ne peuvent acquérir que des résidences secondaires. Et dans un contexte de crise, le secondaire ne fait pas le poids devant le principal», ajoute M.Belmaâchi.

Rares sont les promoteurs étrangers qui s’en sortent
Un avis largement partagé par Rachid Khayatey, DG de KLK Immobilier et vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Selon lui, la crise n’est pas uniforme, elle se ressent différemment selon que l’on se trouve dans des villes touristiques ou pas. «Dans l’axe Casablanca-Rabat, l’activité connaît une toute petite baisse de 10 à 15 %, mais à Marrakech, le ralentissement des ventes est beaucoup plus visible», confirme M.Khayatey.
Youssef Ibn Mansour, président de la FNPI, estime pour sa part que la crise immobilière mondiale a beaucoup impacté le revenu de la clientèle cible, notamment les Français et les Espagnols. «Ce qui a conduit à un tassement des ventes pour ces projets. Sachant que plusieurs de ces opérateurs réalisent leurs ventes sur plan (ndlr, en l’état futur d’achèvement), le ralentissement des ventes empêche l’avancement du projet puisque les avances des clients permettent aux promoteurs de poursuivre la construction», analyse M.Ibn Mansour. Selon lui, sur la dizaine de promoteurs étrangers qui s’intéressent à l’immobilier de luxe, rares sont ceux qui tirent leur épingle du jeu. «On peut d’ailleurs citer dans cette catégorie des investisseurs du Golfe tel que Emâar, Sama Dubaï ou encore CMKD. Ces derniers souffrent moins des problème de trésorerie et sont donc moins sensibles au tassement des ventes», explique M.Ibn Mansour. Quant à Youssef Benamour, DG de Hamptons International Afrique du nord, filiale d’Emaâr qui commercialise plusieurs projets de luxe au Maroc, il est d’avis que le «grand» luxe ne souffre pas de la crise immobilière. En revanche, précise-t-il, «l’immobilier haut standing connaît un ralentissement surtout à Marrakech en raison de l’abondance de l’offre dans cette ville».
Quoi qu’il en soit, tassement des ventes ou pas, tous les professionnels du secteur s’accordent à dire que la baisse des prix n’interviendra pas sans pression sur les promoteurs. Autrement dit, «ce sont les promoteurs qui comptent sur les avances des clients pour construire qui seront pris à la gorge et qui seront, peut être, les premiers à baisser leurs prix», prévoit M. Ibn Mansour. Reste à savoir quand se réalisera la prophétie ?

Focus : Addoha et CGI : tout va bien !


Addoha prestige et la CGI ne semblent pas trop souffrir du tassement des ventes. Hassan Ben Bachir, conseiller à la présidence d'Addoha, explique qu'il faut faire la différence entre les produits très haut standing destinés aux clients étrangers et les produits (de même standing) pour la clientèle locale. «Les produits destinés à la clientèle étrangère ont subi une légère baisse actuellement. D'ailleurs, nous avons remarqué que la clientèle marocaine remplace de plus en plus les étrangers dans le très haut standing». Pour le projet de la ville verte de Bouskoura par exemple, M. Ben Bachir soutient que «la commercialisation de la première tranche des villas et appartements a été un franc succès». Le management de la CGI qui développe la plus grande partie de la ville verte de Bouskoura est également très confiant. Et ce, même si le développeur n'a pas encore démarré la commercialisation. «Nous comptons lancer les ventes dans quelques semaines. Nous avons déjà relevé un engouement manifeste pour la première tranche», souligne Hind El Yamani, responsable du département veille et marketing à la CGI. Selon elle, la majeure partie des clients qui se sont manifestés pour la première tranche de la ville verte de Bouskoura sont des Marocains. Il s'agit principalement de chefs d'entreprise, de hauts cadres ainsi que des patrons exerçant des professions libérales.

Naoufal BELGHAZI
www.lavieeco.com

2009-01-23

Authentifiez-vous pour ajouter un commentaire

Cours de change

Vente
1 EUR 11.106 MAD
1 USD 8.7157 MAD
1 GBP 13.762 MAD
100 YENS 10.990 MAD
1 SAR 2.3241 MAD
Achat
1 EUR 11.040 MAD
1 USD 8.6636 MAD
1 GBP 13.679 MAD
100 YENS 10.924 MAD
1 SAR 2.3102 MAD
Powered by SG2I