«Il faut accélérer la mise en œuvre effective des réformes institutionnelles»
2 juin 2016
Alie Dior NDOUR (7 articles)
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«Il faut accélérer la mise en œuvre effective des réformes institutionnelles»

Des efforts importants sont nécessaires pour améliorer la qualité de l’enseignement. Le dirham s’est fortement apprécié par rapport à des monnaies comme le real brésilien, le rand sud-africain ou la livre turque. Les transferts directs ont montré leur efficacité, notamment dans certains pays comme le Brésil et le Mexique.

Cela fait presque une année qu’elle est a pris ses fonctions de directrice du département Maghreb et Malte à la Banque Mondiale. Depuis, Marie Françoise Marie-Nelly parcourt la sous-région, discute avec les dirigeants et veille avec ses équipes sur les projets dans lesquels est impliquée la banque. Dans cette première interview accordée à un journal local, elle procède à une analyse approfondie de l’économie marocaine au travers de la mise en œuvre des différents cadres de partenariat stratégique (CPS) et met l’accent sur les différents domaines, économiques et sociaux, où le Royaume doit accentuer ses efforts.

Dans le rapport-bilan du CPS 2010-2013, il y avait encore beaucoup de domaines à améliorer (justice, emploi, PPP, adaptation au changement climatique, renforcement des capacités des collectivités locales…). Mais tout était à faire en matière de santé. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le CPS définit pour rappel la feuille de route du soutien du Groupe de la Banque mondiale selon les priorités de développement du gouvernement marocain. Le CPS 2014-2017, qui est actuellement en cours de mise en œuvre, a identifié trois grands axes d’intervention : la croissance inclusive ; la promotion d’une croissance verte et durable ; et  la gouvernance et les institutions, avec un accent particulier sur les services publics. Pour prendre le cas de la santé, c’est un secteur qui est accompagné dans le cadre de la nouvelle stratégie à trois niveaux. En premier lieu, nous avons mis en place, depuis à peu près une année, un programme d’un montant de 100 millions de dollars destiné à appuyer la stratégie du gouvernement dans le domaine de la santé. Le programme en question met l’accent sur l’amélioration des soins de santé primaires, en particulier dans les zones rurales, où les besoins sont plus importants. La Banque mondiale apporte en outre des assistances techniques variées pour accompagner la mise en œuvre de ce programme. En deuxième lieu, nous avons apporté de l’assistance technique à l’extension de l’assurance sociale en santé et au développement du programme RAMED à travers notamment le partage de l’expérience internationale et des meilleures pratiques dans ces domaines. Enfin, nous aidons le gouvernement à mettre en œuvre la loi organique sur les finances publiques, en particulier l’approche programmatique de l’allocation des ressources et des budgets, basée sur les résultats. Le ministère de la Santé fait partie des premiers ministères à avoir bénéficié de cette assistance technique.

Vous avez évoqué les trois piliers du CPS 2014-2017 que sont la croissance inclusive, la croissance verte et la gouvernance. Pensez-vous que le Maroc est sur la bonne voie?

Je dirais que c’est le cas et que beaucoup de choses ont été faites dans chacun des trois piliers. Par exemple, sur le pilier de la croissance inclusive, beaucoup d’efforts ont été déployés pour améliorer l’environnement des affaires. Comme vous le savez, le Maroc a sensiblement progressé dans sa notation Doing Business et les opérateurs, en dépit de leurs réserves quant à l’impact de certaines réformes de l’environnement des affaires, s’accordent à dire que créer une entreprise au Maroc est aujourd’hui beaucoup plus simple. De même que le statut de l’auto-entrepreneur a été créé, ce qui permettra d’aider les opérateurs du secteur informel à intégrer le secteur formel. Il faut aussi saluer la création de l’identifiant commun pour les entreprises, ainsi que l’automatisation de toute la chaîne des procédures d’importation, grâce au portail Portnet.

Sur le volet des énergies renouvelables, il faut signaler l’achèvement et l’entrée en fonction, au début de cette année, de la Centrale d’énergie solaire de Ouarzazate, qui aidera le Maroc non seulement à atteindre ses objectifs de sécurité énergétique mais aussi de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Des avancées notables ont également été réalisées dans le domaine de la gouvernance concernant la traduction des nouveaux droits constitutionnels de la société civile en textes dédiés à l’accès à l’information, aux motions législatives et aux pétitions tant au niveau national que local. Dans le domaine de la gouvernance financière et économique, le Maroc s’est doté d’une nouvelle loi organique des finances consacrant la gestion axée sur la performance ainsi qu’un cadre légal sur les partenariats publics-privés, et la modernisation du code des marchés publics, ainsi que la régionalisation avancée.

Le défi maintenant est de passer à la vitesse supérieure et de veiller à la mise en œuvre effective de ces réformes institutionnelles pour qu’elles se traduisent en une véritable simplification des procédures administratives pour les citoyens et les entreprises et par une amélioration de la compétitivité marocaine car les pays sont désormais dans un environnement de plus en plus compétitif et où la performance ne se mesure pas seulement par rapport à ce que l’on fait soi-même mais aussi par rapport à ce que font les autres pays.

La finalité de tout cela est de faire émerger une économie en forte croissance. Mais pour le moment, la croissance non agricole –on isole le secteur agricole encore fortement soumis aux facteurs climatiques– est toujours poussive. A quoi imputez-vous cette situation ?

Il faut tout d’abord placer la croissance marocaine dans un contexte régional et international. En 2016, la croissance mondiale sera de 2,5% selon nos estimations les plus récentes, suite à une récession dans un certain nombre de pays émergents et une croissance atone en Europe. Le Maroc, qui est un partenaire privilégié de l’Union Européenne va certainement subir l’impact de ce ralentissement.

Pour ce qui est de l’économie marocaine en particulier, il convient d’améliorer sa compétitivité et de favoriser davantage la concurrence pour encourager l’investissement privé, stimuler l’entrée de nouveaux acteurs, percer dans de nouveaux secteurs, et assurer un plus grand dynamisme du secteur privé.

Par ailleurs, le Royaume dispose d’un plan d’accélération industrielle qui est intéressant et qui commence à porter ses fruits dans des secteurs prometteurs, tels que l’automobile et l’aéronautique. Mais le défi est de passer à la vitesse supérieure. Accélérer le processus de transformation structurelle du tissu productif marocain reste essentiel et il importe pour cela de travailler sur différents aspects.

Lesquels ?

Tout d’abord, l’éducation et la formation qui doivent être beaucoup plus compétitives et adaptées aux besoins des entreprises. Il faut également former les jeunes aux technologies modernes afin qu’ils acquièrent les compétences dites du XXIe siècle, dans la mesure où nous évoluons maintenant dans un environnement de plus en plus digitalisé. Dans le secteur du numérique, on constate que le Maroc est en deçà des autres pays à revenu intermédiaire, avec un taux de pénétration du haut débit d’à peine 14%, sachant que ce secteur pourrait générer de l’emploi et jouer un rôle important dans l’amélioration des conditions de compétitivité.

Au-delà du capital humain, qui inclut aussi la santé et le développement de la petite enfance, le renforcement des institutions est un autre aspect central de la compétitivité future du Maroc. Le renforcement des institutions d’appui au bon fonctionnement des marchés -telles que celles pour la promotion de l’ouverture des secteurs, pour la flexibilité du marché du travail et la protection des travailleurs, ou encore pour l’insertion réussie dans le commerce international- est déterminant pour inscrire le Royaume dans une dynamique de compétitivité. Pour ne prendre que l’exemple de l’insertion du Maroc dans le commerce international, le régime et le contrôle des changes sont des aspects institutionnels importants de son intégration commerciale. A ce titre, les mesures récemment annoncées par les autorités visant à introduire plus de flexibilité dans le régime de change vont dans le bon sens.

Donc vous adoubez ce choix…

Oui, il faut aller vers davantage de flexibilité du régime de change afin que le dirham trouve en permanence son prix d’équilibre de marché. Cela semble être d’autant plus nécessaire que le Maroc s’est principalement positionné sur des produits à relativement faible valeur ajoutée pour lesquels la compétitivité-prix sur les marchés tiers est déterminante et pour lesquels les compétiteurs étrangers ne se privent pas d’utiliser l’instrument de change. A titre d’illustration, le dirham s’est apprécié d’environ 100% par rapport au real brésilien ou au rand sud-africain depuis 2012 ou encore de 50% par rapport à la livre turque depuis 2013. Parallèlement, le contrôle des changes devrait continuer à être assoupli pour garantir la pleine convertibilité du dirham à moyen terme et ainsi augmenter l’attractivité du Maroc aux yeux des investisseurs et des opérateurs commerciaux mondiaux.

A propos de la gouvernance, comment évaluez-vous les dysfonctionnements ou avancées ?

Nous appréhendons la gouvernance sous l’angle de la qualité des services fournis au public par l’administration. La première chose que nous regardons est le fonctionnement de l’administration, ainsi que la gestion budgétaire qui suppose une bonne allocation des ressources et une définition précise des programmes en fonction des besoins et du contexte locaux. Lorsque ceux-ci sont mis en œuvre, il faut observer certains éléments clés, comme par exemple l’efficience de la chaîne de passation des marchés publics. Bien que du point de vue réglementaire, tous les dispositifs aient été mis en place, il faut, là encore, s’assurer que leur mise en œuvre soit effective.

Concernant la qualité des services fournis par l’administration, nous pouvons évoquer le secteur de l’éducation où nous sommes actuellement en discussion avec le gouvernement au sujet d’un programme relatif à la qualité de l’enseignement primaire dans les régions de l’Oriental et de Rabat-Salé-Kénitra. Dans ce secteur, des efforts importants sont nécessaires pour améliorer la qualité de l’enseignement, que ce soit du point de vue de la qualité et de la formation des enseignants, de leur assiduité, que de la qualité des programmes, ou encore de la relation entre les différents acteurs de la chaîne. Un autre aspect à prendre en compte est la redevabilité (accountability) qui est étroitement liée à la gouvernance. Cet aspect est d’autant plus important que les ressources allouées au secteur de l’éducation sont conséquentes (25% du budget de l’Etat).

Vous avez parlé de la gestion budgétaire comme un paramètre d’appréciation de la gouvernance. Des efforts ont été certainement consentis. Certains experts ou commentateurs trouvent cependant qu’il y a une lenteur coupable. Qu’en pensez-vous ?

Le Maroc s’est engagé dans une réforme d’envergure avec la refonte de sa loi organique des finances et le passage d’une gestion de moyens vers une gestion basée sur les politiques publiques et la performance. Cette nouvelle approche a été préfigurée dans près de 16 ministères avant l’entrée officielle de la loi. Ce sont des avancées importantes, mais du chemin reste à faire en vue d’un changement de mentalités et d’une mise en œuvre effective tout au long de la chaîne de prestation de services.

Concernant les finances publiques, il y a eu une forte réduction du déficit budgétaire du fait de la baisse des subventions et des cours du pétrole au cours de ces dernières années. Le gouvernement est, en effet, soucieux de contrôler les dépenses et de stabiliser l’endettement public. Il souhaiterait également améliorer l’efficacité des dépenses d’investissement. Ce qui est encourageant, c’est que les économies faites grâce à la levée des subventions énergétiques ont été partiellement orientées vers les programmes sociaux. Mais le véritable défi, c’est d’améliorer l’administration fiscale, tout en veillant à ce que la fiscalité ne soit pas trop lourde et que son assiette soit beaucoup plus large. Il faut donc aller à la recherche des points d’efficience, dans tous les domaines et au niveau de l’ensemble de l’administration.

Je voudrais ajouter, en ce qui concerne la protection sociale, que des programmes tels que Tayssir et Ramed pourraient bénéficier d’une amélioration du ciblage. A cet effet, nous sommes en train d’aider le gouvernement marocain à créer un registre social de la population, avec un identifiant unique pour tous les programmes sociaux. Cette opération, qui devrait être achevée d’ici deux ans, pourra aider à identifier les populations bénéficiaires pour l’octroi d’aides directes de manière beaucoup plus ciblée, notamment en cas de décompensation éventuelle du gaz butane. En général, les transferts directs ont montré leur efficacité, notamment dans certains pays comme le Brésil et le Mexique où ils ont contribué à réduire, de manière considérable, la pauvreté.

Toujours sur le volet budgétaire, le niveau et l’évolution de la dette du Trésor suscitent beaucoup de divergences. On en est précisément à 63,4% du PIB à fin 2015. Est-ce un facteur de risque ?

Comme indiqué ci-dessus, les autorités marocaines sont conscientes de la nécessité de stabiliser le niveau d’endettement et d’optimiser la gestion de la dette afin que le service de la dette puisse moins peser sur les finances publiques. Ceci passe par la poursuite de la consolidation budgétaire et notamment la réalisation de l’objectif de réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB d’ici 2017. Ceci passe aussi par un désengagement de l’Etat en matière d’investissement dans les secteurs commerciaux et par l’adoption d’une autre stratégie de financement des investissements publics, que ce soit par le biais du partenariat public-privé (PPP) ou par le transfert de certaines activités au secteur privé, ce qui allègerait de fait l’engagement de l’Etat.

n Les derniers chiffres du chômage donnent à réfléchir. Il semble qu’un taux de plus ou moins 10% paraît incompressible, alors que des centaines de milliers de jeunes entrent chaque année sur le marché. Avez-vous une recette à recommander au gouvernement ? Il n’y a malheureusement pas de recette miracle. L’emploi est pour le Maroc, comme pour les autres pays du Maghreb dont j’ai la responsabilité, un défi majeur qui va concentrer toute notre attention dans les années à venir. Nous souhaitons mettre en place un cadre de réflexion afin de voir quelles sont les réformes transversales à poursuivre de manière intégrée. Nous avons déjà travaillé sur la compétitivité ainsi que sur les compétences à travers des prêts d’appui au développement. Il faudra donc amplifier ces réformes et œuvrer à ce que les entreprises soient plus performantes et que les coûts unitaires de production soient plus bas et comparables à ceux de la région et à l’international. Mais en plus de cela, il faudra être beaucoup plus incisif et identifier les contraintes au niveau des chaînes de valeurs qui ont un potentiel de création d’emploi car il faut un effet de démonstration pour encourager les jeunes. A titre d’exemple, nous travaillons actuellement sur l’agro-industrie, qui est un secteur porteur où nous avons observé une assez forte croissance au niveau des filières agrumes. Mais là encore, se pose la question de l’effet d’échelle. C’est pourquoi nous allons travailler avec les autorités pour développer, à titre de démonstration, un programme au niveau d’un certain nombre de filières, dont celle de l’huile d’olive. Car dans le secteur de l’agro-industrie, l’expérience nous a montré que beaucoup d’emplois peuvent être générés en aval de la chaîne, notamment au niveau de la logistique de la commercialisation (packaging, marketing, transformation des produits, etc.). De plus, résoudre le défi de l’emploi passera de plus en plus par une approche portée par un écosystème local intégrant les acteurs publics, privés et associatifs locaux afin qu’ils apprennent à se connaître et coopérer ensemble, car eux seuls peuvent adapter les ressources existantes aux besoins spécifiques de chaque région et province. La régionalisation avancée et les stratégies de développement régionales en cours de préparation devraient notamment permettre aux nouvelles régions de piloter et coordonner ces acteurs locaux dans une approche structurée et cohérente.

n Il y a encore beaucoup à faire dans plusieurs domaines. A propos, quelles sont les pistes de réflexion pour le CPS 2018-2021 ? Nous avons élaboré un mémorandum économique que nous venons de transmettre au gouvernement, avec qui nous discuterons de nos analyses et conclusions. Celles-ci seront approfondies dans un document appelé «Diagnostic systématique pays». Son objectif est de bien comprendre les contraintes à la réduction de l’extrême pauvreté et l’amélioration de la prospérité partagée, deux objectifs majeurs de notre institution qui sont aussi en ligne avec les Objectifs du Développement Durable (ODD). Depuis deux ou trois ans, la préparation de toutes nos stratégies est précédée d’un tel diagnostic. Celui-ci nous permettra d’identifier les actions particulières que le pays devra entreprendre et de choisir, de manière beaucoup plus ciblée, les types de réformes que nous allons accompagner. Ce que l’on peut dire d’ores et déjà, d’après les chiffres du HCP, c’est que l’extrême pauvreté a été quasiment éliminée au Maroc, mais que l’on doit encore travailler sur la prospérité partagée, car il existe encore des disparités régionales assez importantes. C’est ainsi que le taux de pauvreté en milieu rural est de 9%, contre 1% en milieu urbain, pour une moyenne nationale d’un peu plus de 4%. En outre, l’on remarque que la pauvreté rurale diminue beaucoup plus lentement que la pauvreté urbaine. n D’autres points plus précis ? Plusieurs axes sont déjà au centre de nos réflexions. Le premier s’articule autour de la compétitivité globale et de la problématique de l’emploi. Nous allons donc renforcer l’analyse sur ces deux points en étudiant de plus près les entreprises marocaines et en nous penchant sur le cas des jeunes qui représentent près de 30% de la population, mais qui restent majoritairement exclus des opportunités économiques et accusent un taux de chômage très élevé. Les secteurs agricoles et industriels doivent améliorer leur productivité et risquent donc d’être globalement peu créateurs d’emplois à court terme. Le secteur des services quant à lui est le plus grand pourvoyeur d’emplois potentiels mais, outre la faible qualité de l’apprentissage et du «savoir–faire», son développement souffre des faibles compétences dites de « savoir-être » (ou soft skills) des jeunes et de la faible culture d’entreprenariat et d’innovation. Nous allons également examiner, dans un second axe, la question des disparités régionales. Pour cela, nous avons mis en place un groupe de travail qui s’intéressera en particulier aux régions défavorisées. A cela s’ajoute l’accompagnement du processus de décentralisation qui est une orientation majeure de la nouvelle Constitution. Ce chantier permettra une plus grande participation des citoyens à la définition des priorités, la prise de décisions, et, on peut l’espérer, une meilleure répartition des ressources au niveau local. La décentralisation bien conduite pourrait être un vecteur d’innovation et de mobilisation de nouvelles sources de richesses au Maroc. Le troisième axe concerne la question de la femme. Une étude de genre menée au Maroc et dans les autres pays du Maghreb a montré que le taux de participation des femmes dans l’activité économique reste trop faible et affecte donc la performance économique globale du pays. C’est la raison pour laquelle nous sommes en train de faire une revue de notre portefeuille de programmes afin, d’une part, d’évaluer dans quelle mesure les programmes en cours ont un impact sur le genre, et, d’autre part, de développer une approche pour prendre en compte la dimension genre dans nos nouveaux programmes de manière systématique.

Alié Dior Ndour et Hicham Benjamaa