Echanger pour mieux comprendre : la littérature
20 février 2018
Fadwa Misk (375 articles)
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Echanger pour mieux comprendre : la littérature

Dans le cadre de son cycle de conférences «Echanger pour mieux comprendre», la Fondation Attijariwafa bank a organisé, le 12 février, une table ronde autour du thème «Le rôle de l’écriture dans les mutations sociales». La rentrée littéraire a été lancée à l’occasion.

Le cycle de conférences «Echanger pour mieux comprendre» se bonifie sensiblement. Organisé par la Fondation Attijariwafa bank, le rendez-vous qui tend à décrypter les grands sujets intellectuels, a traité, ce lundi 12 février, la littérature vue du prisme de la sociologie. La table ronde, dirigée par le chroniqueur et philosophe Driss Jaydane, a donné la parole à l’anthropologue Rahma Bourquia, à l’historien Abdeslam Cheddadi et au sociologue Mohamed Tozi, devant une salle comble, en présence du ministre de la culture et de la communication, Mohamed El Aarej, du président du CNDH Driss El Yazami et de l’ambassadeur de France au Maroc Jean-François Girault.

Le début de la rencontre a été marqué par le lancement de la rentrée littéraire marocaine, par le président de l’Union des éditeurs du Maroc, Abdelkader Retnani, qui a annoncé quelque 250 nouveautés. Un prix littéraire de la fondation a été également annoncé, par le PDG du groupe Mohamed el Kettani, pour conforter les diverses actions entreprises en faveur de la littérature et la lecture au Maroc.

Etudier le rapport entre l’écriture et les mutations sociales nécessite une étude approfondie et colossale. La littérature a toujours précédé la sociologie. Et pour cause. La première est du domaine de la sensibilité, de l’émotion et du vécu. L’analyse sociologique, quant à elle, requiert de la distanciation et du recul, aussi bien temporaire qu’émotif. «Littérature et sociologie ont des temporalités différentes», nous explique Rahma Bourquia.

Littérature et société

De l’avis de l’historien, Abdeslam Cheddadi, il faut d’abord replacer la littérature dans son contexte pour savoir ce qu’on en fait, comment se rapporter à elle et quel rôle lui assigner dans la société. «Contrairement à ce que laissent penser l’école et l’université, la littérature n’est pas un phénomène naturel chez nous. Elle est importée d’Occident où elle est née». Il ajoute, en outre, que «la littérature existe quand la société est capable de l’accueillir. Ce qui est loin d’être le cas chez nous». Ceci minimiserait le rôle de l’écriture dans les supposées mutations sociales.

Le sociologue Mohamed Tozi, lui, a tout de même soulevé l’importance de la littérature existante dans le travail d’observation du sociologue. «C’est dans les détails parfois très personnels que l’on peut saisir les mutations sociales. Le travail d’un sociologue est de traquer et d’analyser ces subtilités».

Cet accent mis sur l’importance d’étudier la littérature sous le microscope de la sociologie pourrait et devrait donner lieu à une initiative scientifique, essentielle pour la compréhension de l’évolution de la société et la mise en exergue d’une littérature en perpétuelle mutation.