Economie
Décret sur les marchés publics : enfin la mouture finale
Révision des prix automatique pour les marchés dont le délai d’exécution est égal ou supérieur à quatre mois
La saisine de la commission des marchés est ouverte aux entreprises
Désormais, ce sera le principe du moins-disant et non pas du mieux-disant.

Enfin prêt ! Le projet de décret sur les marchés de l’Etat a été adopté, il y a quelques semaines, en Conseil de gouvernement, mais avant le passage
en Conseil des ministres, le gouvernement y a introduit quelques modifications.
Quoique non encore rendus publics, La Vie éco a pu accéder aux
principaux changements contenus dans la mouture. Lesquelles modifications ont été suggérées
par certains ministères, notamment celui de l’équipement.
La Banque mondiale, également, avait fait des observations sur le projet,
dont au moins une ou deux ont été retenues (voir encadré).
Déjà très en avance (voir les détails dans La Vie éco
du 20 octobre dernier) par rapport au texte en vigueur, le projet amendé est
allé encore plus loin dans la consécration des principes de transparence,
de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de
traitement des candidats et de simplification des procédures. Le tout
dans un esprit de parfaite concertation entre l’administration et les opérateurs,
notamment la FNBTP. Cela valait la peine, quand on sait que les marchés
publics représentent près de 90 milliards de DH par an.
Parmi les modifications introduites au projet, citons d’abord celle relative à la
révision des prix. Revendication parmi les plus importantes des opérateurs,
la révision des prix est désormais automatique pour tous les marchés
dont le délai d’exécution est supérieur à quatre
mois. Elle devient facultative lorsque ce délai est inférieur à quatre
mois, mais dans ce cas, le maître d’ouvrage est tenu d’en faire
mention dans le dossier d’appel d’offres.
Signalons que, dans le projet initial, il était proposé qu’un
marché soit à prix révisable lorsque le délai prévu
pour son exécution est égal ou supérieur à six mois,
alors que, dans le texte actuellement en vigueur, la révision concernait
les marchés d’une durée d’un an ou plus. Les adjudicataires
de marchés publics qui subissaient, impuissants, les brusques variations
des matières premières et autres changements fiscaux ou autres,
seront donc soulagés.
Les dossiers d’appel d’offres seront gratuits
Autre modification qui ne manquera pas de soulager les concurrents aux marchés
publics, la saisine de la Commission des marchés désormais ouverte
aux entreprises, alors qu’auparavant elle était réservée à l’administration.
Et la saisine de la Commission des marchés est ouverte non seulement aux
concurrents qui contestent les résultats de l’appel d’offres,
mais aussi à ceux qui ont été exclus de la soumission. Cette
disposition, en donnant à chacun des possibilités de recours pendant
la phase administrative, multiplie les garanties contre les abus ou les erreurs
et, ce faisant, devrait réduire les recours devant la justice. Sur ce
point, la Banque mondiale avait proposé la mise en place d’une instance
indépendante de recours, mais la proposition n’a pas été retenue.
Concernant le système de notation des offres, qui détermine le
choix de l’adjudicataire, la nouveauté introduite consiste désormais à retenir,
parmi les dossiers techniques sélectionnés, le candidat le moins-disant
financièrement. Ce système - à lier sans doute à la
volonté de l’administration de réduire, autant que faire
se peut, ses dépenses - tranche avec le précédent où c’était
le mieux-disant, pondération entre l’offre technique et financière,
qui l’emportait.
Last but not least, en attendant la mise en place d’un portail électronique
des marchés de l’Etat, les dossiers d’appels sont désormais
offerts gratuitement (sauf pour les plans et certaines pièces particulières)
et, mieux encore, peuvent être envoyés par l’administration
aux prétendants situés dans les régions éloignées.
Il faut savoir que le patron ou le représentant d’une entreprise
située à Guercif, par exemple, est obligé, selon la réglementation
actuelle, de se déplacer jusqu’à Rabat s’il veut participer à l’appel
d’offres, et payer parfois jusqu’à 10 000 DH pour retirer
le dossier d’appel d’offres !
|
|
Sous le regard de
la Banque mondiale
La Banque mondiale a suivi avec intérêt l’élaboration
du projet de décret sur la passation des marchés de l’Etat.
Elle a même formulé certaines observations, dont certaines
rejoignent, d’ailleurs, celles des départements ministériels.
Selon des opérateurs économiques, l’intérêt
de la Banque mondiale pour ce texte s’explique par sa volonté d’en
faire une référence pour la région du Maghreb, à l’instar
de ce qui est en cours en Europe communautaire où la réglementation
sur les marchés de l’Etat a été unifiée.
Il faut dire que ce texte, sans les modifications qui viennent de lui être
apportées, avait déjà intégré non
seulement les souhaits des acteurs économiques locaux, mais également
les engagements du Maroc vis-à-vis de ses partenaires étrangers.
C’est le cas, notamment, de la moralisation de la vie publique,
avec la consécration expresse de la lutte contre la corruption. |
S.A.
www.lavieeco.com
2007-01-05
Authentifiez-vous pour ajouter un commentaire
- Vous pouvez commenter cet article, mais votre message n'apparaîtra en ligne qu’après modération.
- veuillez lire la Charte des commentaires avant de poster vos commentaires