Economie

Circulation à Casablanca : ce qui va changer en 2014

Réalisé par la cabinet international ALG, le Plan de déplacement urbain est fin prêt. Un nouveau contrat pour M'dina Bus en mai 2014. L'étude sur la billetterie commune Tram-Bus pratiquement achevée.

Circulation Casablanca Maroc

Les problèmes de la circulation à Casablanca apparaissent de plus en plus difficiles à surmonter. A certaines heures de la journée, beaucoup d’axes de la métropole sont tout simplement bouchés en raison des travaux d’infrastructures routières en cours, de la difficulté évidente des agents de la circulation à maîtriser les flux et, surtout, de l’indiscipline des automobilistes qui se livrent une guerre au quotidien pour rejoindre notamment le centre-ville et les quartiers avoisinants. Si les nombreuses études et diagnostics réalisés ces dernières années ont permis de dégager les grandes lignes d’un plan de déplacement urbain global, et d’une nouvelle organisation du transport urbain intégrée autour du tramway de Casablanca, le passage à l’application de ces plans sur le terrain se fait attendre.

Mais, tout en reconnaissant les difficultés, les responsables de l’Autorité organisatrice des déplacements urbains (AODU) annoncent que 2014 sera consacrée à la mise en œuvre de ces plans. En effet, selon, le DG de l’AODU, Abdelmalek Bout, le Plan de déplacement urbain (PDU) définitif est aujourd’hui sur la table. Ce plan a été réalisé sous la houlette du grand cabinet international ALG, spécialisé entre autres dans les problèmes de mobilité urbaine. Lequel cabinet, tout en s’appuyant sur les études déjà réalisées a, malgré tout, travaillé plus de deux ans pour livrer un PDU qui réponde aux préoccupations à moyen terme des citoyens. Il s’agit d’un plan global intégré de toute la région du Grand Casablanca qui prend en compte les zones périphériques de la métropole. L’élaboration de ce PDU, entièrement financé par l’Etat, aura coûté, en prenant en compte toutes les versions et études réalisées en amont, quelque 50 MDH.
Il s’agit donc d’un cadre global dans lequel va s’inscrire un plan de circulation avec les moyens existants pour le transport en commun, c’est-à-dire la ligne de tramway longue de plus de 30 kilomètres et le réseau de M’Dina Bus qui sera réorganisé avec, sur certains axes où il y a cette possibilité, des couloirs réservés aux autobus, des pôles d’échange et une billetterie commune aux deux sociétés. Les couloirs réservés aux autobus peuvent être soit latéraux comme pour celui prévu le long d’une partie du boulevard El Fida, ou centraux comme celui qui épousera le boulevard Oqba Ibnou Nafii au départ du boulevard Mohammed VI et en passant par le marché de gros des fruits et légumes.
Ce plan de circulation réalisé par le cabinet Transitec est aujourd’hui prêt. Il aura coûté 13 MDH financés à hauteur des deux tiers par la Communauté urbaine de Casablanca (CUC) et un tiers par la Région. Il prend en compte les moyens de transport public existants, mais aussi les futurs projets prévus dans le cadre du PDU, dont la ligne de métro aérien et le RER entre Mohammédia et Nouaceur.

800 autobus seront équipés de caméras d’une capacité d’enregistrement d’une semaine


Maintenant, comment faire travailler ensemble une société de transport en site propre, toute nouvelle, Casa Tram, et une société d’autobus, M’dina Bus, qui se débat dans toute sorte de problèmes et dont les conducteurs ont intégré tous les mauvais réflexes et comportements des automobilistes casablancais? Réponse d’Abdelmalek Bout: «L’intégration de M’dina Bus dans ce schéma passe nécessairement par la révision de son contrat avec la Ville de Casablanca, contrat qui est en cours d’élaboration et qui devrait être signé d’ici le mois de mai 2014». Ce contrat devrait, selon lui, à l’instar de celui signé avec Casa Tram, permettre à la société d’autobus urbains de revoir tous les aspects (juridique, financier et autres…) pour lui assurer un équilibre économique, contrairement au contrat actuel qui lui fait supporter tous les risques d’exploitation. En d’autres termes, comme dans tous les pays, le transport public sera subventionné d’une manière ou d’une autre, car il s’agit toujours de concilier un transport en commun de qualité avec une tarification qui prenne en compte le pouvoir d’achat des citoyens.
Du reste, explique le DG de l’AODU, l’étude pour la mise en place d’une tarification commune est presque achevée. Elle devrait aboutir à des tarifs abordables avec un découpage des trajets et une couverture de toutes les zones de manière satisfaisante. L’interconnexion entre les deux types de transport (Tram et bus) devrait se faire en tenant compte des trajets et des pôles d’échanges entre l’autobus et le tramway, mais aussi entre les lignes d’autobus elles-mêmes. En tout cas, une fois ce travail sur la tarification achevé, toutes les propositions seront présentées aux autorités de la ville, seules aptes à décider, car il s’agit là de mesures non seulement techniques mais à caractère politique qui engagent les élus.

Des mesures destinées à améliorer le stationnement sont en cours d’application

En attendant, M’dina Bus a engagé une série d’actions pour sa mise à niveau et l’amélioration à très court terme de son image. Il y a bien sûr la communication à l’adresse du public qui a commencé depuis quelques mois, mais aussi tout un travail de recyclage et de mise à niveau du personnel à tous les échelons. Ce travail est assuré, nous dit-on, par un cabinet spécialisé, mais aussi par les services de l’OFPPT. Il s’agira au bout du parcours de sélectionner les employés qui sont capables d’assimiler les données pour assurer un transport de qualité. Et dans ce domaine, précise M. Bout, la qualité ne signifie pas seulement avoir des autobus neufs, mais aussi avoir un service de qualité et des normes de sécurité à niveau. Dans cette optique, environ 800 autobus seront équipés de caméras d’une capacité d’enregistrement d’une semaine, à raison de quatre par véhicule, pour veiller à la sécurité des usagers. De fait, M’dina Bus est en train de s’équiper d’un système dit «d’aide à l’exploitation et d’information des voyageurs», géré par GPS qui permet, par exemple, au conducteur d’entrer immédiatement en contact avec la centrale de commande en cas d’incident de quelque nature que ce soit.

Enfin, une fois ce système de transport avec deux sociétés opérationnel, se posera le problème des relations commerciales et de compensation entre les deux entités. L’AODU, affirme son DG, a déjà anticipé ce problème, et dispose aujourd’hui d’une chambre de compensation opérationnelle en temps réel.

En fin de compte, ce schéma a comme objectif ultime de développer une offre en transport en commun de qualité qui devrait se traduire par un recours moindre à la voiture personnelle, un rêve à long terme étant donné le rapport que le Marocain entretient avec sa voiture.

Ceci étant, des mesures sont en préparation pour serrer la vis en matière de stationnement, notamment au centre-ville. Casa Aménagement est par exemple en train de réorganiser le stationnement dans la métropole.
Reste le problème des grands taxis et des autobus privés qui assurent toujours quelques dessertes alors que leur contrat a expiré en 2009. Ni les uns ni les autres ne travaillent dans un cadre légal. Mais, pour l’instant, on se retient de toucher à ce mal encore nécessaire.

La voiture, principal moyen de déplacement à Casablanca

Une étude récente datée de janvier 2013, mais réalisée avant l’entrée en service de la première ligne de tramway, estimait le nombre de déplacements quotidiens à Casablanca à 11 millions, dont 5,83 millions à pieds, 440 000 sur les deux roues motorisés, 1,6 million en voitures individuelles, 1,7 million en taxis de première et deuxième catégorie (grands et petits) et 1,43 million en transports collectifs. Par ailleurs, une étude de l’AODU montre que sur certains axes de la métropole comme Oulad Ziane ou Mohammed VI, le transport en grand taxi représente 30% du nombre de passagers en transport collectif. Cette proportion atteint 50% sur le bd Roudani.

Mohamed Moujahid. La Vie éco
www.lavieeco.com

2013-11-19

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