Economie

Céréales : malgré le retard, 5 millions d'hectares emblavés à la mi-janvier


Les travaux du sol et les semis sont relancés.
La demande d'engrais azotés monte en flèche.

Céréales : malgré le retard, 5 millions d'hectares emblavés à la mi-janvier

Les précipitations tant attendues sont enfin arrivées et ont concerné toutes les zones de production avec une pluviométrie importante surtout dans les régions du Souss et du Gharb. Le cumul pluviométrique national moyen qui, en année normale, ne dépasse pas 150 mm à fin décembre, est dépassé dans la plupart des régions céréalières du pays. Ces précipitations ont permis de relancer les travaux du sol et les semis dans les régions où ils n’ont pas été effectués à temps (Haouz, Rhamna, Khouribga, plateau des phosphates, sud Chaouia, ...). Mais pour les semis tardifs (après la mi-décembre), il sera nécessaire d’augmenter la dose de grains par hectare de 10 à 15% au moins pour compenser la baisse de tallage. Dans les autres régions, les précipitations permettront la levée des emblavements qui n’avaient pas germé et le développement des semis précoces qui avaient bénéficié d’une humidité suffisante leur permettant une levée à temps. Selon Ahmed Bentouhami, directeur du développement des filières de production, les superficies emblavées en céréales d’automne avant les dernières précipitations étaient de 3 millions d’ha (60% des prévisions) et on espère atteindre 4,5 à 5 millions vers la mi-janvier, avec une légère baisse due au retard des semis.

30 à 50 jours de retard sur un cycle de 6 à 7 mois

Les précipitations profiteront aussi à l’élevage en assurant le développement des pâturages et des cultures fourragères. Autre effet bénéfique : les barrages à usage agricole ont atteint des taux de remplissage dépassant les 70% pour certains d’entre eux, pouvant assurer les besoins pour deux ans. Malgré tout, il faudra retenir un retard de semis compris entre 30 et 50 jours sur un cycle de 6 à 7 mois ainsi qu’une hétérogénéité dans les exploitations ou les champs. Des facteurs qui auront forcément un impact sur le rendement final, impact qu’il est trop tôt d’évaluer, d’autant plus que la campagne ne fait que commencer. Non confiants dans le déroulement des campagnes agricoles sur le plan climatologique, les céréaliculteurs ont pris l’habitude d’éviter d’apporter, avant le semis (pendant la préparation du lit de semences), la totalité des engrais de fond nécessaires et se limitent aux engrais phospho-potassiques. Ceci explique que la demande en engrais azotés, surtout l’ammonitrate dont les doses peuvent être ajustées en fonction de la pluviométrie, grimpe en flèche après les périodes pluvieuses. Au demeurant, les fournisseurs de ce type d’intrants profitent de la forte demande pour appliquer des prix parfois injustifiés et augmenter leur marge sans aucun contrôle.

Abdelmoumen Guennouni
www.lavieeco.com

2010-01-04

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