Casablanca : le marché des camions bennes à  ordures échappera-t-il aux opérateurs locaux ?
23 décembre 2013
Imane Trari (381 articles)
Partager

Casablanca : le marché des camions bennes à  ordures échappera-t-il aux opérateurs locaux ?

Le nouveau cahier des charges de la gestion déléguée des déchets exige des spécifications qui, selon le Groupement du poids lourd, ne sont pas disponibles au Maroc. Les délégataires assurent que seule une partie des équipements sera importée.

Le nouveau cahier des charges pour la gestion déléguée des déchets à Casablanca a pris de court le Groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC). Selon son président Adil Zaidi, faute de non-disponibilité sur le marché local du matériel exigé dans le cadre des nouveaux contrats de gestion, qui devraient entrer en vigueur le 1er mars 2014, les opérateurs nationaux du poids lourd ne pourront pas bénéficier de ce marché de taille. Pour précision, ce marché porte sur quelque 400 véhicules au prix unitaire de 1,6 MDH, dont 600 000 DH dédiés uniquement aux équipements. Autrement dit, «le budget d’investissement des sociétés de gestion déléguée de Casablanca est estimé à 640 millions de DH dans le cadre des nouveaux contrats», confie un opérateur.

Le GPLC manifeste son désaccord par rapport aux prescriptions relatives aux nouveaux véhicules de collecte, notamment l’exigence d’une motorisation Euro 5, et celles concernant les équipements des véhicules, à savoir les bennes tasseuses de 6 m2 et les caméras de recul. «On aurait souhaité que le Conseil de la ville se réunisse avec nous avant de concevoir ce cahier des charges afin de connaître la nature du matériel qui peut être fourni avec une valeur ajoutée marocaine», explique le président.

Le GPLC veut importer les équipements et les revendre aux délégataires

Cela dit, Adil Zaidi confirme qu’«une réunion du conseil du GPLC aura lieu d’ici la fin du mois. Lors de cette rencontre, nous allons essayer de trouver des solutions pour sauver la mise». Concrètement, le groupement envisage de négocier la possibilité d’importer les équipements pour les revendre aux sociétés de gestion déléguée moyennant une marge. «Si les délais sont respectés pour l’appel d’offres, nous aurons une période de 6 mois pour importer le matériel et répondre à la demande des délégataires», étaye M.Zaidi.

Interrogé à ce sujet, le top management d’une société de gestion déléguée de la place assure que la grande partie de l’investissement va bénéficier aux opérateurs nationaux. Selon lui, les véhicules Euro 5 sont disponibles chez les concessionnaires locaux (Renault, Scania, Auto Hall…). Concernant la partie équipement, sur laquelle le GPLC intervient, les opérateurs envisagent de s’approvisionner en partie sur le marché local et d’importer eux-mêmes les équipements non disponibles. Et pour cause, «nous ne sommes pas prêts à verser une commission, sachant que nous pouvons nous-mêmes importer ces équipements», déclare notre source.