Economie

Bois de feu : la consommation des Marocains est deux fois plus importante que la production

La forêt ne produit que 3 millions de tonnes par an alors que la consommation atteint 6 millions de tonnes. En intégrant les vergers fruitiers et les résidus agricoles, la consommation total atteint 11.3 millions de tonnes par an.

Bois de feu au Maroc

Les Marocains consomment des quantités de plus en plus importantes de bois de feu, appelé aussi bois-énergie, utilisé pour le chauffage et la cuisson. D’après le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, la consommation annuelle atteint 11,3 millions de tonnes, dont la moitié (53% ou 6 millions de tonnes) provient de la forêt. Le reste est fourni par les vergers fruitiers (19% ou 2,15 millions de tonnes) et des résidus agricoles (28% ou 3,15 millions de tonnes). En face, la production reste stable. Les disponibilités en bois-énergie provenant de la forêt (croît annuel des forêts) dépasse à peine 3 millions de tonnes, soit la moitié des besoins de consommation satisfaits par la forêt. La différence est ainsi comblée par les prélèvements directs des populations, ce qui conduit à la dédensification et à la dégradation des peuplements forestiers.

89% de la consommation revient aux ménages ruraux

En effet, et toujours selon les chiffres du Haut commissariat aux eaux et forêts, la filière commerciale, autrement dit formelle, ne produit que 376 000 m3 de bois de feu par an, en moyenne, durant les dix dernières années. La filière informelle, matérialisée par les prélèvements directs des populations, soit à titre de droit d’usage, soit sous forme d’enlèvements délictueux, représente quant à elle 8,5 millions de m3 de bois de feu.

Les prélèvements directs représentent ainsi le gros de la consommation de bois de feu au Maroc, ce qui renseigne sur le profil des utilisateurs de ce combustible. De fait, 89% de la consommation annuelle revient aux ménages ruraux qui, compte tenu des conditions climatiques de plus en plus rudes (chutes de neige, basses températures), recourent davantage au bois-énergie pour se chauffer. Le Haut commissariat aux eaux et forêts estime que cette tendance ne peut que s’aggraver, tant que le bois n’aura pas été remplacé par  d’autres sources d’énergie en milieu rural.

Ceci étant, les ménages urbains, malgré le développement des logements haut standing où des cheminées sont aménagées (villas et appartements), ne consomment toujours qu’une part très faible du bois de feu produit à l’échelle nationale. Cette part est estimée à 3%, soit trois fois moins que la consommation annuelle des bains maures et fours publics (8%), autres principaux utilisateurs du bois-énergie. Et ceci est visible sur le terrain. A Casablanca, par exemple, les vendeurs de bois de chauffage sont peu nombreux, même s’ils affirment que leur activité se porte de mieux en mieux .«Ces dernières années ont été meilleures que les années passées puisqu’il a fait plus froid et les ménages ont acheté des quantités plus importantes de bois de chauffage», déclare Ahmed Meksaoui, gérant d’un magasin à Hay Hassani. «On travaille bien durant l’hiver, mais surtout avec les particuliers. Les fours publics et les restaurants ont tendance à s’approvisionner durant l’été et à stocker le bois, car celui vendu en hiver est de moindre qualité à cause de l’humidité», ajoute-t-il.

Les prix varient de 600 à 800 DH la tonne

Quoi qu’il en soit, la consommation augmente, que ce soit en milieu rural, urbain, à titre privé ou professionnel. Le Haut commissariat aux eaux et forêts avance le chiffre moyen de 26 quintaux par an et par ménage actuellement. Cette moyenne monte à 49 quintaux en milieu rural et tombe à 5,5 quintaux en milieu urbain. Et cette progression de la consommation continue malgré des prix relativement élevés et qui varient sensiblement en fonction des conditions climatiques, de la distance et de l’état de l’offre. En forêt, les prix sont compris dans une fourchette de 200 à 350 DH TTC le stère (environ 600 kg). Au niveau des centres de consommation, les prix atteignent 600 à 800 DH la tonne. Par ailleurs, les essences de bois de feu exploités sont le chêne vert, le cèdre (résidus), l’eucalyptus, l’acacias et les pins (résidus). Notons que le chêne vert est le plus cher (350 DH le stère), alors que l’eucalyptus est vendu à 200 DH le stère.

Maroc Des mesures pour faire face à la surconsommation de bois de feu

Le déficit en bois-énergie engendre une sur-exploitation des ressources forestières que Le Haut commissariat aux eaux et forêts tente de limiter. Il a en effet pris des mesures de conservation et de développement de la forêt en vue de contribuer à la satisfaction des besoins nationaux en divers produits ligneux, et en particulier le bois de feu, en agissant sur l’offre mais aussi sur la demande. Ainsi, au niveau de l’offre, il a été procédé au reboisement de 600 383 hectares dont 206 808 hectares de reboisement à caractère industriel et énergétique, essentiellement des plantations d’eucalyptus. Il a été aussi procédé à la promotion de la foresterie rurale (boisements villageois, agroforesterie et plantations linéaires/brises vents) à travers les subventions en nature accordées par le Fonds national forestier et l’implication des investisseurs privés en matière de reboisement grâce aux incitations du fonds et à la réalisation de plans d’aménagement de gestion durable pour plus de 50% des forêts et 20% des nappes alfatières.

Au niveau de la demande, le Haut commissariat, en collaboration avec l’ex-Centre de développement des énergies renouvelables (ex-CDER, actuellement ADEREE) du ministère de l’énergie et des mines, ont contribué à plusieurs actions dont les plus importantes sont l’utilisation rationnelle du bois-énergie par l’introduction de techniques économes en bois en milieu rural (diffusion de fours et foyers améliorés), l’amélioration de l’efficacité énergétique des principaux postes de consommation de bois (chaudières des bains maures, fours de boulangeries, fours de cuisson ménagers...), l’introduction des énergies renouvelables en milieu rural (biogaz, solaire, éolien) et la vulgarisation des énergies de substitution au bois-énergie (renforcement de l’utilisation du gaz butane, notamment en milieu rural).

Zakarya Moukine Billah. La Vie éco
www.lavieeco.com

2012-12-21

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