Economie

Bir Jdid, Tnine Chtouka, Azemmour, le bal des moissonneuses-batteuses a déjà commencé

Les propriétaires des moissonneuses facturent leur service entre 300 et 350 DH l'hectare.
Actuellement, le blé tendre est vendu entre 220 et 230 DH le quintal alors que le prix de référence est de 270 DH.

Bir Jdid, Tnine Chtouka, Azemmour, le bal des moissonneuses-batteuses a déjà commencé

La moisson des céréales vient de commencer à Doukkala. Et ce n’est ni à la faux, ni à la sape et encore moins à la faucille qu’on fait appel pour accomplir la tâche mais bien aux machines. Les moissonneuses-batteuses de la région, selon une vieille tradition, commencent par les périmètres de   Chiadma et Abda avant de migrer vers les terres de la Chaouia d’abord et du Gharb ensuite. La période de la moisson dure deux mois. D’ailleurs, à la sortie de Bir Jdid en allant vers Settat, les machines sont parquées en bordure de route, en attendant la clientèle.
Rachid Chaïb El Aïn, lui, a déjà commencé à travailler. Il avait acheté en 1996 sa moissonneuse d’occasion d’Allemagne à 340 000 DH (neuve, elle coûte le double sur le marché local). Le chauffeur lui revient à 200 DH/ jour et ses deux aides facturent leurs services 50 DH chacun, sans compter le couvert qu’il doit assurer à toute l’équipe.
Chaque hectare moissonné est facturé aux agriculteurs entre 300 et 350 DH. Rachid Chaïb El Aïn explique pourquoi le prix peut varier : «Il y a d’abord la surface. Selon qu’il s’agit de 5 hectares ou 30 hectares, chaque agriculteur négociera le prix. L’année dernière, les prix étaient plus bas, entre 200 et 250 DH, car il n’y avait pas de mauvaises herbes dans les champs, contrairement à la campagne de cette année. La machine travaille moins vite, se grippe souvent, quand elle ne tombe pas simplement en panne. Mais, vous savez, nous n’avons pas besoin d’un mécanicien pour la réparer car nous avons appris à le faire nous-mêmes».

De bons rendements annoncés dans la région
Mustapha Yagoub, du centre de travaux d’Azemmour, explique, en effet, que la campagne actuelle a connu dans la région une pluviométrie de 464 mm sur une durée de 70 jours. L’année dernière, les précipitations avaient à peine atteint 214 mm étalés sur 29 jours seulement. D’où l’herbe qui a recommencé à pousser dans les champs.
Vendredi 22 mai, la moissonneuse était en pleine action sur les 5 hectares de blé tendre de Hamid Chatbi, un agriculteur de la commune de Laghdira, à une dizaine de kilomètres de Bir Jdid.
Il a aussi planté 8 hectares d’orge et 4 autres hectares, moitié en blé dur et moitié en maïs. Il explique que, pour cette année, le rendement pour le blé est de l’ordre de 24 q/ha, autour de 20 q pour le blé dur et 30 q pour l’orge. Ce qui fait que, globalement, l’année est assez bonne pour lui. En bon agriculteur, il a pris la peine, tout de même, de diversifier ses activités pour éviter de grosses pertes. Il élève ainsi une trentaine de bovins et une vingtaine d’ovins.

Le prix de l’hectare de terrain est multiplié par dix
A Douar Loutta, on retrouve un autre agriculteur, Mohamed Akhrif. Lui aussi est en train de moissonner. Mais, superstitieux comme bon nombre d’agriculteurs, il ne veut pas communiquer le nombre d’hectares qu’il a exploités car, dit-il, «si je devais compter, je quitterais le domaine de l’agriculture». Il explique que l’actuelle campagne s’annonce bonne dans l’ensemble. Il fait cependant remarquer deux choses : la première est que le rendement en bour l’année passée était à peine de 8 à 10 quintaux/ha. Et la deuxième est qu’en ce moment, le quintal est commercialisé à 220 DH, selon certains producteurs, contre le prix garanti par l’Etat qui est de 270 DH.
Beaucoup d’exploitants qui ont un besoin urgent de trésorerie vendent à ce prix car ils ne peuvent pas attendre que les mécanismes de régulation de prix prévus par l’administration se mettent en place. En effet, la compagnie marocaine agricole de Doukkala accréditée par l’Etat pour emmagasiner le blé au prix de référence ne peut commencer qu’en juin, vu que la moisson n’en est qu’à ses débuts. A quelques encablures de la propriété de Mohamed Akhrif, sur son exploitation d’une dizaine d’hectares, Mohamed Nekraoui a choisi de cultiver du blé tendre, du maïs et un peu de «slaoui». Mais tout comme pour les pommes de terre que Mohamed Akhrif cultive en irrigué, la période n’est pas à la récolte. Le sujet du moment est la céréaliculture. Nekraoui est membre de la coopérative agricole Al Massira. Cependant, dit-il, en réalité chaque agriculteur n’en fait qu’à sa tête et selon ses moyens. Mustapha Yagoub confirme : «Sur un rayon de vingt kilomètres d’ici, il y a bien 14 coopératives, mais leur existence est fictive car elles n’ont pas constitué de centrale d’achat ni mutualisé des services alors qu’elles y seraient dans leur rôle et pourraient même se constituer en fédération. Dans le même temps, le terrain commence à être valorisé de manière à faire craindre pour l’agriculture dans la région».
Effectivement, le prix de l’hectare commence à connaître des envolées tout à fait remarquables. Alors qu’il ne coûtait que 30 000 DH, il y a quelques années, aujourd’hui les prix se sont multipliés par dix. Et dès qu’on s’approche du littoral, on frôle les 4 à 5 MDH l’hectare. Il est évident qu’à ces prix-là, l’investissement devient trop risqué pour un agriculteur. On peut aussi présumer que la multiplication des projets immobiliers balnéaires ne sont pas étrangers à cette flambée.

Mohamed El Maâroufi
www.lavieeco.com

2009-06-01

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