«Nous sommes très intéressés par un déploiement à  Rabat, Agadir et dans le Nord»
15 septembre 2015
Naoufel Darif (842 articles)
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«Nous sommes très intéressés par un déploiement à  Rabat, Agadir et dans le Nord»

La chaîne Mövenpick compte avoir six unités au Maroc d’ici 2020 et huit en 2022. Son business model repose à  60% sur l’hébergement et 40% sur la restauration.

Pouvez-vous nous donner un petit aperçu sur la chaîne Mövenpick à l’international ?

Mövenpick est une chaîne hôtelière suisse dont le capital est détenu à 66% par la famille allemande Von Finck et 33% par le Prince Al waleed Bin Talal. Nous sommes présents avec 95 unités à travers le monde avec un objectif de 120 à l’horizon 2020. L’expansion devra se faire au Moyen-Orient, en Asie, et bien entendu en Afrique. La chaîne étant suffisamment présente en Europe. 

Qu’en est-il de votre présence au Maroc ?

Notre chaîne a pris pied au Maroc, précisément à Tanger, depuis plus de 12 ans. Depuis le 1er juin 2014, nous sommes à Casablanca où nous gérons l’ex-Husa appartenant au groupe Saham. Il s’agit d’un établissement très bien situé avec 184 chambres et trois restaurants. Nous avons fait beaucoup de travaux de rénovation, notamment au niveau des espaces publics de l’hôtel et de quelques chambres, sachant que l’ancien opérateur avait aussi entrepris des travaux. L’hôtel a une longue histoire puisque plusieurs enseignes s’y sont succédé, en l’occurrence Holiday Inn, Crown plazza et Husa.

Vers le mois de décembre, nous ouvrons une troisième unité à Marrakech, en l’occurrence le Palais des congrès-Mansour Ed-dahbi, dont la rénovation a nécessité un investissement de 800 MDH financé par le propriétaire Ajial (ex-CMKD). Mais pour le démarrage effectif des activités, il faut toujours prévoir un délai supplémentaire de deux à trois mois dans ce genre de projets. D’ici 2020, nous comptons avoir six unités et deux autres au cours des deux années suivantes. Nous sommes très intéressés par un déploiement à Rabat, Agadir et dans le Nord. 

Vous gérez le Mövenpick Casablanca depuis plus d’un. Pouvez-vous nous dresser le bilan de vos activités ? 

Après un an et trois mois d’exploitation, nous avons rapidement fait notre place sur le marché, surtout grâce à notre offre de restauration. Nous nous différencions par le soin apporté à la restauration et sa qualité. Pour cela, nous faisons appel à des chefs de renommée mondiale venus notamment des hôtels Mövenpick à travers le monde. Notre Business model repose à 60% sur l’hébergement et 40% sur la restauration, alors que le reste des opérateurs font du 80/20. Il faut dire que le groupe est à la base une chaîne de restaurants qui proposait des produits frais à des prix abordables dénommée Mövenpick Restaurants. La chaîne développe des produits propres avec le label Mövenpick qui sont disponibles dans les hôtels, mais également vendus à l’extérieur (confiture Mövenpick, café Mövenpick, chocolat du même nom…). Aucune chaîne au monde ne donne cette possibilité. Nous le ferons au Maroc également. Dans trois semaines, nous allons ouvrir le nouveau Sky bar qui offrira une vue panoramique sur Casablanca, avec une restauration asiatique. Nous sommes persuadés qu’il est très important pour un établissement hôtelier d’offrir une restauration variée. La qualité de la restauration pousse les gens vers l’hôtel et, du coup, booste l’hébergement.  

Peut-on avoir des chiffres qui confortent ces propos ? 

Absolument. Côté activité, nous avons fait augmenter le chiffre d’affaires de l’ancienne société de gestion de 50% en une année (de juin 2014 à juin 2015). L’explication principale de cette performance est que notre chaîne est très présente sur plusieurs marchés émetteurs à l’international, notamment en Europe et au Moyen-Orient. Ces marchés sont très pourvoyeurs de touristes. Notre présence se fait à travers plusieurs bureaux de vente partout dans le monde. D’ailleurs, nous venons d’ouvrir un bureau aux Etats-Unis. La force d’une chaîne c’est cette représentation. Il faut dire que les clients font leur choix en fonction de l’expérience qu’ils ont vécue dans un hôtel Mövenpick en Europe, en Asie ou au Moyen-Orient. Nous nous battons pour rehausser nos performances, sachant que la rentabilité dégagée par les sociétés de gestion est décisive pour attirer les investisseurs étrangers. D’autant plus que ces derniers sont faiblement représentés dans l’investissement hôtelier : 80% des projets sont réalisés par des nationaux. 

Quel est le profil de la clientèle de Mövenpick en termes de provenance ?

Notre marché numéro un est l’Europe, la France spécifiquement, suivie du Moyen-Orient, notamment l’Arabie Saoudite, le Koweït, les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn. En troisième place figurent les Marocains résidents à l’étranger. Puis les Marocains résidents dans d’autres villes et qui doivent se rendre à Casablanca pour des formalités administratives ou pour visiter la famille.

Quel est le potentiel que représente le Maroc pour la chaîne Mövenpick ?

Le Maroc est une destination stratégique pour notre groupe. Le pays a beaucoup de possibilités dans le tourisme de loisirs et d’affaires. Le Royaume est également la porte d’entrée en Afrique. Ce qui en fait un marché important, notamment en raison du nombre d’hommes d’affaires en provenance du continent qui ne cesse de croître surtout avec la dynamique insufflée par le pays pour promouvoir les échanges Sud-Sud. Nous espérons tirer profit de ce mouvement de plus en plus important entre le reste du continent et le Maroc. Ceci en rappelant que le pays est aussi une véritable destination de loisirs.