Aid Al Adha : Le Tadla-Azilal s’appuie sur l’élevage pour favoriser son essor
26 septembre 2014
Abdessamad Naimi (302 articles)
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Aid Al Adha : Le Tadla-Azilal s’appuie sur l’élevage pour favoriser son essor

Le salon a franchi le cap des 100 000 visiteurs. Un complexe d’abattage intégré monté par un investisseur de la région sera inauguré fin 2014.

En deux éditions seulement, le Salon international de l’élevage de Tadla-Azilal a pris du galon. Si l’édition 2013 avait connu une participation étrangère plus importante (5 contre 4 en 2014), les visiteurs de l’édition 2014 ont atteint le cap de 100 000 en 5 jours (du 18 au 21 septembre) sur les 7 700 m2 de la ferme de l’association des éleveurs du Tadla où ont été exposées 300 têtes.
Le choix de la région n’est pas anodin. Tadla-Azilal est considéré comme l’un des principaux berceaux de l’élevage au Maroc. Pourtant, même si Béni Mellal ne manque pas d’arguments, il en a fallu du temps pour la mettre au diapason des politiques publiques de désenclavement. L’autoroute la reliant à Casablanca a pris forme, le tronçon Béni Mellal-Khouribga étant déjà opérationnel. En attendant, la route nationale continue de montrer ses limites, car trop sollicitée et peu aménagée pour les poids lourds.

La région réalise 14% de la production nationale de lait

Sauf que les organisateurs du salon ont fait fi de cette contrainte et préfèrent exposer les atouts de leur région. Et force est de constater qu’elle n’en manque pas. En plus d’un sol fertile, elle est dotée d’une superficie agricole de 570 000 ha, dont 185 000 irrigués. Les barrages de Bin El Ouidane et de Chahid Ahmed Al Hansali totalisent une capacité de 2,5 millions de m3. C’est pourquoi les membres de l’association des éleveurs de Tadla-Azilal, qui développent tous un certain régionalisme plutôt bon enfant, veulent redonner à la région son image de «grenier du Maroc». Car il s’agit en effet d’une question d’image, comme le précise Abderrahim Chatbi, président de l’association.
Cette région contribue à hauteur de 14% de la production nationale de lait et 11% de la production de viande avec respectivement 300 millions de litres et 52000 tonnes. Les semences ne sont pas en reste avec 28% de la production nationale. Le Tadla Azilal réalise également 26% de la production de betterave, 17% de celle des agrumes et 14% des olives.

C’est d’ailleurs à ce titre que le Plan Maroc Vert a dédié à la région un investissement de 12 milliards de DH. Et après 5 ans de mise en œuvre, plus de 18 projets ont été réalisés ou sont en cours de finalisation, pour un montant d’investissement de 4,8 milliards de DH. Ces projets concernent 11 filières: olivier, agrumes, grenadier, amandier, apiculture, noyer, vigne, betterave à sucre, pommier, lait, viandes rouges.
Le projet le plus emblématique du renouveau de la région demeure celui porté par le président de l’association, Abderrahim Chatbi, éleveur connu de la région. Il s’agit d’un complexe intégré d’abattage d’une capacité de 15 000 têtes par jour. L’investissement global est de 230 MDH, divisé à parts égales entre fonds propres et financements bancaires. Ce complexe, qui a dû faire appel à l’expertise italienne en matière de qualité, compte englober tout le processus : de l’agrément d’éleveur au dépècement de la bête, en passant par toutes les étapes de confection de la viande. Il sera inauguré fin 2014.