Economie
Ahmed R. Chami : Nos entreprises ne sont pas assez productives
Emergence est un bon programme, de nouveaux secteurs doivent cependant y être
intégrés.
La direction des investissements doit démarcher davantage les investisseurs.
Les critères d'éligibilité à l'aide du Fonds Hassan II seront revus.
L'Agence pour la PME sera dotée d'une aide étatique de 100 MDH pour pouvoir
accompagner des PME aux métiers diversifiés.
Protection du petit commerce : les grandes surfaces prêtes à jouer le jeu du
développement concerté.

Ahmed Réda Chami
Ministre de l'industrie, du commerce et des nouvelles technologies
Au cours des 30 dernières années,
la croissance a été générée par plus de travailleurs et plus d'investissements.
C'est bien, mais quid des gains de productivité ? Regardez les progrès réalisés
par la Corée du Sud ou encore l'Afrique du Sud
Deux mois après son arrivée à la tête du département de l'industrie, du commerce
et des nouvelles technologies, Ahmed Réda Chami ne semble pas embarrassé outre
mesure par le fait d'hériter des stratégies - qu'il qualifie d'ailleurs de
travail profond et sérieux - concoctées par ses prédécesseurs. A lui revient
de mettre en musique l'ambitieux programme Emergence, à lui échoit la responsabilité
de trouver le juste équilibre entre protection du petit commerce et encouragement
de la distribution moderne, à lui revient, depuis quelques semaines, la mission
de trouver un meilleur schéma d'articulation entre stratégie industrielle et
promotion des investissements, de lui, enfin, dépend la réussite de ce serpent
de mer appelé un jour «mise à niveau». Pragmatique, le nouveau ministre insiste
: il ne s'agit pas de réinventer la roue, avec les grandes lignes des mêmes
stratégies, avec les mêmes acteurs, on peut mieux faire, mieux cibler, mieux
se positionner. Quand on lui parle de nouvelle vision, Ahmed Réda Chami, lui,
préfère parler de réglages, d'adaptation des programmes aux évolutions de l'économie
mondiale, de proactivité dans la démarche, d'allocation de moyens. Emergence
? De nouveaux secteurs méritent d'y être incorporés. Direction des investissements
? Elle ne doit plus seulement canaliser la demande, mais également aller la
chercher. Agence pour la PME ? Avec des budgets non soumis à restrictions elle
pourrait faire mieux. Avec tout cela, le ministre de l'industrie estime qu'avant
de chercher à décrocher la lune, il faut d'abord explorer la terre. En d'autres
termes, trouver les gisements de croissance dans nos industries traditionnelles
à travers une amélioration de la productivité qui n'a pas évolué en trente
ans ! Entretien.
La Vie éco : Deux mois après votre nomination, quel bilan pouvez-vous
faire du secteur de l'industrie ? Quels en sont les atouts, quelles en sont
les faiblesses ?
Ahmed Réda Chami : Avant de parler d'atouts et de faiblesses, il faut d'abord
illustrer l'importance de l'industrie et du commerce. En 2006, l'industrie
a généré 230 milliards de DH de chiffre d'affaires pour une valeur ajoutée
d'à peu près 70 milliards de DH. Je rappelle également que l'industrie qui
compte environ 7 750 entreprises - dont 20% opèrent dans le textile - emploie,
bon an mal an, près de
450 000 à 500 000 personnes. Au Maroc, l'industrie n'a pas encore exploité
tout le potentiel que représentent ses activités. Autre chiffre à retenir,
le montant de l'investissement, qui s'est élevé à 15,5 milliards de dirhams
entre 2006 et 2007, ce qui est un bon cru, devrait afficher des performances
similaires.
L'industrie reste quand même le parent pauvre de la croissance. Elle
n'en est pas le moteur principal...
Oui et non. L'industrie reste une composante essentielle de la structure de
l'économie nationale. Il est quelque peu réducteur de dire que le surplus de
croissance n'est généré par exemple que par des activités tertiaires. Entre
2002 et 2006, la production industrielle a crû à peu près de 6,8% en moyenne
annuelle, soit plus que la croissance moyenne du PIB, et l'investissement a
augmenté de 10% par an.
Là où nous sommes un peu en retard, c'est sur la valeur ajoutée. Elle représente,
au Maroc, 15% du PIB aujourd'hui, comme en 2002. Quand on observe les pays
comparables, comme la Turquie ou l'Irlande, la part de leur secteur industriel
dans le PIB est de 25 ou 30%. L'apport de richesses généré par l'industrie
à l'économie stagne en valeur relative, et c'est cela qui doit changer.
Au-delà des chiffres, pour parler du tissu industriel il faut tenir compte
de trois facteurs essentiels pour expliquer sa solidité ou son dynamisme :
la stratégie industrielle, la compétitivité de l'entreprise et enfin l'environnement
des affaires.
Pour le premier point, on peut dire que le Maroc a fait à ce jour un excellent
travail en ce qui concerne la stratégie industrielle, notamment par la mise
en place du plan Emergence. Concernant la compétitivité de l'entreprise, il
faut souligner le rôle important que joue aujourd'hui l'ANPME [ndlr : Agence
nationale pour la PME]. Un rôle, je dois le souligner, quelque peu handicapé
par l'absence de ressources. L'argent affecté à la «modernisation compétitive»
des entreprises [ndlr : le concept de modernisation compétitive est venu remplacer
celui de mise à niveau] provenait jusque-là de lignes de financement extérieures,
dans le cadre de la coopération bilatérale. Ce n'est pas suffisant. Pour accompagner
les PME, l'Etat doit y mettre du sien. Cela se fera notamment dans le cadre
du contrat-programme qui prévoit, dès 2008, une enveloppe de 100 millions de
dirhams dédiée à l'accompagnement des entreprises.
Cela dit, un gros chantier devra être mené de manière rapide : celui de la
productivité, et un travail de réflexion a d'ores et déjà démarré dans ce sens.
Au cours des 30 dernières années, l'augmentation du PIB s'est faite par l'accumulation
du capital humain (plus d'emplois) et du capital physique (plus d'équipements).
C'est-à-dire que la croissance a été générée par plus de travailleurs et plus
d'investissements. C'est bien, mais quid du rendement, des gains de productivité
? Quid de l'amélioration du ratio production unitaire/temps de travail ou,
plus globalement, du ratio production unitaire/ coût ? Regardez la Corée dont
le PIB était inférieur au nôtre et qui nous dépasse très largement aujourd'hui
! Regardez encore les progrès faits par l'Afrique du Sud !
Trouver de nouveaux secteurs, de nouvelles niches de croissance est vital,
produire plus et mieux, ça l'est également. En ce sens, la recherche, le développement
et l'amélioration technologique ont leur mot à dire.
Il y a également l'environnement des affaires
Effectivement. On peut, à cet égard, citer l'administration, la justice et
le financement. Au niveau de la justice, la réforme doit être accélérée et
il faudra intervenir à deux niveaux. Certes, les tribunaux de commerce ont
permis de grandes avancées, mais il reste, d'une part, que le recours à la
justice doit rester une option extrême, d'où l'importance des instances de
médiation comme les cours d'arbitrage, et, d'autre part, l'Etat doit constamment
faire évoluer le cadre législatif.
Pour l'administration, le problème majeur est celui des procédures. Aujourd'hui,
le ministère chargé de la modernisation des secteurs publics travaille sur
leur simplification. Nous avons fait cela au niveau de la direction des investissements
en répertoriant toutes les procédures demandées à un investisseur et nos services
sont en train de certifier ces procédures et de les uniformiser parce qu'on
peut avoir plusieurs démarches qui diffèrent d'une région à l'autre.
L'autre volet qui me semble fondamental est le financement de la PME. Il y
a en la matière trois questions importantes : l'accès au crédit à court terme,
et je pense que cette question est aujourd'hui réglée ; l'insuffisance chronique
des fonds de roulement des PME, aggravée par les retards de paiement et dont
la problématique doit être réglée ; et, enfin, le rôle que peuvent jouer les
fonds de capital-risque, notamment pour financer les entreprises innovantes
ou les entreprises en développement que leur structure financière élimine du
financement bancaire classique alors qu'un coup de pouce peut permettre d'arranger
beaucoup de choses. On devrait d'ailleurs intéresser plusieurs fonds pour les
faire venir au Maroc en vue de l'accompagnement de certains projets, notamment
dans le cadre du plan Emergence.
Cela dit, on ne peut parler de l'environnement de l'entreprise sans aborder
le volet logistique. Nous avons une faiblesse logistique à trois niveaux :
le premier au niveau des points d'accès au Maroc et, dans ce sens, Tanger-Med
vient répondre en partie à cette problématique. Tanger-Med va faire baisser
les coûts de transport d'abord par l'effet volume et par la multitude de ligne
commerciales qui naîtront. Le deuxième niveau est celui du transport routier
: il faudrait améliorer les infrastructures et inviter à venir au Maroc (ou
créer) des acteurs majeurs au niveau du transport. .. Le troisième niveau concerne
l'optimisation des flux et des stocks par la mise en place de plateformes logistiques.
Ce qui permettra à l'industriel marocain d'accéder à des marchés nouveaux qui
n'étaient pas desservis auparavant.
Le ministère de l'équipement et du transport va, dans un premier temps, mettre
en place un «port sec» à Casablanca, c'est-à-dire que les industriels pourront
charger leurs marchandises sur des wagons à Aïn Sebaâ, sous douane, pour qu'elles
soient acheminées vers Tanger-Med. Cela permettra au Maroc de devenir une véritable
plateforme d'exportation.
Vous venez d'avoir la tutelle sur la direction des investissements.?S'agit-il
d'une simple réorganisation des tâches gouvernementales ou d'une inflexion
de stratégie ?
Je pense qu'il y a une volonté de faire plus, aussi bien au niveau de l'investissement
intérieur qu'extérieur. Concernant la réorganisation, le schéma institutionnel
n'est pas une priorité. Est-ce qu'il s'agira d'une agence ou d'une direction
? Cet aspect n'est pour l'instant pas encore arrêté. Je suis en train de réfléchir
sur ce dossier avec Hassan Bernoussi, directeur des investissements, ainsi
que d'autres personnes. L'objectif est d'avoir une structure qui permettra
à la DIE d'optimiser ses actions.
Mais encore...
La direction des investissements doit être davantage proactive pour aller chercher
les investisseurs un peu partout dans le monde. Jusque-là, et c'est, en partie,
dû à une question de moyens, elle a mené quelques actions de prospection,
à l'exemple de Maroc-Hexagone. Je pense qu'il faut que cet exemple soit démultiplié
et que l'on aille chercher les investisseurs là où ils sont. Autre chose
: j'ai l'intention de revoir les critères d'éligibilité et les conditions
incitatives prévues dans le cadre des conventions signées avec l'Etat. Ces
critères ont été établis en 1999. Aujourd'hui, le Maroc a changé, il y a
Emergence, il y a de nouveaux secteurs, il faut donc encourager ces activités.
Certains secteurs seront donc privés des avantages octroyés par le
Fonds Hassan II...
Je n'ai pas dit cela, ce que je dis, c'est que tous les secteurs profitent
de ces avantages de la même manière. Il faut moduler l'aide selon la nature
du secteur, son importance stratégique. Bien entendu, par rapport à la direction
des investissements, le process global restera inchangé. Le traitement des
dossiers va continuer à se faire comme auparavant. Ensuite, ces projets vont
être présentés à la commission interministérielle présidée par le Premier ministre.
Une radioscopie des investissements étrangers adressés au Maroc montre
très peu d'attention pour l'industrie. Ce sont plutôt les services et l'immobilier
qui sont concernés...
Si l'on observe les chiffres de 2006, pour les investissements industriels
étrangers en Afrique, le Maroc était à la 5e place, avec 2,9 milliards de dirhams.
Nous étions alors devancés par la Tunisie (pourtant derrière nous en 2005),
qui arrivait avec 3,3 milliards de dirhams. Nous étions également devancés
par l'Egypte, le Nigeria et le Soudan (à 2,5 milliards en 2005), qui est passé
en 2006 à 3,5 milliards.
D'où cette idée de mettre les bouchées doubles et de faire en sorte que la
direction des investissements soit plus dynamique. Nous devons le faire dans
des secteurs autres que l'immobilier ou le tourisme où les gens viennent d'eux-mêmes.
La bataille sera plus importante sur l'industrie. L'agriculture présente également
un potentiel intéressant. Ce qui a été fait avec les terres Sodea/ Sogeta mérite
d'être mis en exergue. A signaler aussi, tous les investissements qui peuvent
être réalisés dans le domaine de l'Energie.
Le plan Emergence a été lancé en 2005. Sept secteurs ont été définis
comme les métiers mondiaux du Maroc, et le calendrier prévoyait une stratégie
de l'offshoring sur 3 mois et le reste sur 18 mois. Il y a eu du retard....
Le Maroc a, pour la première fois de son histoire, une politique industrielle
volontariste et qui a un potentiel extraordinaire. Emergence est un bon plan
qui doit être décliné en mesures et en actions précises. Il y a du retard sur
Casashore, mais, aujourd'hui, il y a plus de treize entreprises qui ont signé
des accords d'intention. Et le retard pris sur l'offshoring vient essentiellement
des infrastructures. Les mesures incitatives, elles, ont été mises en place
il y a plusieurs mois. L'autre secteur mis sur les rails est celui de l'automobile
et la signature du contrat avec Renault-Nissan est un grand pas en avant. Enfin,
le textile est déjà en phase de maturité. Il lui reste à s'adapter aux mutations
que connaît le marché mondial.
Quid du programme
«Envol» ?
Il ne vient pas remplacer Emergence, mais en constitue une nouvelle composante
(cf. numéro précédent, www.lavieeco.com). Envol s'articule autour de trois
métiers : la biotechnologie, la microélectronique et les nanotechnologies.
Ces métiers seront abrités par le Technopolis de Rabat, notamment.
Où en est «Rawaj 2020», la stratégie pour le commerce intérieur ?
Le commerce, c'est 1,3 million d'emplois, une valeur ajoutée de 63 milliards
de dirhams, 850 000 points de vente, près de 80 grandes et moyennes surfaces
(GMS) et 341 réseaux de franchises représentés par 2 274 points de vente.
L'objectif de Rawaj 2020 est de tripler le PIB du commerce, créer plus de 450
000 emplois, assurer une croissance du secteur de 8% par an et enfin porter
la contribution au PIB de 12 à 15%. Ce plan sera complexe à mettre en place
: les commerces de proximité occupe une place importante dans l'économie nationale
compte tenu de sa participation à la création d'emplois et de richesses. Ce
mode de commerce, économiquement et socialement ancré à l'identité nationale,
recèle d'innombrables atouts et est fortement apprécié par le citoyen marocain.
En effet, les avantages compétitifs du commerce de proximité résident dans
la proximité au consommateur, les facilités de paiement accordées au client
à travers le carnet de crédit, les horaires d'ouvertures adaptés, le contact
personnalisé entre le commerçant et le consommateur.
Malgré ces avantages, les commerces de proximité restent soumis à plusieurs
difficultés internes et externes qui handicapent leur développement et leur
compétitivité. Il faudrait les aider à moderniser leur mode de gestion, à réorganiser
leurs structures et leurs équipements et faire de la promotion. Nous leur proposons
un processus de labellisation qui leur permettra d'être commercialement plus
actifs et d'augmenter leur rentabilité. Ils pourront opter pour une spécialisation,
un regroupement en réseaux commerciaux ou un développement des franchises.
Enfin, la mise en place de centrales d'achat constitue également un volet pour
l'optimisation de leurs coûts d'approvisionnement. Enfin, le petit commerce
devra opter pour une spécialisation et le développement des franchises.
Concernant les GMS qui sont, il faut le dire, 15 à 20% moins chers - pour certains
produits et à certaines périodes - que le commerce traditionnel, notre souci
est de développer ce type de commerce sans impacter le circuit traditionnel,
d'où l'idée d'implantation dans des zones sélectionnées qui respectent les
données socio-démographiques des régions concernées. Et les grandes surfaces
sont prêtes à jouer le jeu.
Prêtes à jouer le jeu ! Leur développement géographique se fera,
vous en conviendrez, selon leurs propres critères de rentabilité...
Lors des discussions avec la profession, il y a eu adhésion à l'idée d'un développement
concerté.
Mais l'Etat ne peut pas dire à Marjane, Acima ou Aswak Assalam de
ne pas s'implanter dans telle ou telle région, tel ou tel quartier
Bien entendu. Le principe de ce développement concerté repose sur un partenariat
gagnant-gagnant. Nous sommes en train d'introduire le concept d'urbanisme commercial
qui vise à déterminer les implantations optimales selon le développement démographique,
touristique, commercial... Pour cela, nous avons besoin d'une stratégie concertée
avec le tourisme et avec l'urbanisme.
Et les marchés de gros ?
Le secteur de la vente en gros des produits frais connaît plusieurs faiblesses
qui les empêchent de jouer leur rôle comme chaînon important de l'approvisionnement
du marché national
Pour les marchés de gros, la concertation sera plus difficile car il y a beaucoup
d'intérêts en jeu et trop d'intermédiaires. Trois objectifs ont été définis
: pallier les problèmes liés aux différents intervenants dans le circuit de
gros des fruits et légumes, des abattoirs et marchés de vente en gros des poissons,
qui ne jouent plus leur rôle économique consistant à faciliter les opérations
de vente, ensuite, mettre l'accent sur les conditions d'hygiène pour certains
abattoirs et marchés de vente en gros de poissons frais et veiller à respecter
les standards internationaux, et enfin, il y a le volet approvisionnement des
grandes surfaces et du petit commerce afin d'en garantir la régularité.
Le ministère avait initié un plan de sédentarisation des commerçants
ambulants. Il semble que le concept n'ait pas pris...
Le plan de sédentarisation est un programme mis en place par le ministère de
l'intérieur. Le commerce ambulant est le fait de deux populations distinctes
: un groupe qui fait cela pour un besoin de survie et un autre groupe qui fait
cela parce qu'il veut écouler des marchandises de contrebande. Nous estimons
que la réponse doit encore être adaptée à chacun des groupes. Il faut assurer
une aide organisée au premier groupe et combattre le deuxième.
Une enveloppe de105 millions de dirhams a été allouée pour aider les «bons»
commerçants ambulants. L'Etat a d'abord opté pour une approche purement urbanistique.
290 000 m2 de locaux ont été ont été construits et attribués pour sédentariser
les marchants ambulants.
18 400 locaux sur 26 000 ont été attribués à des commerçants ambulants. Mais
cela a marché différemment selon les régions. Aujourd'hui, nous optons pour
une action basée sur la productivité et l'insertion économique et sociale en
privilégiant une approche d'urbanisme commercial qui prend en compte les spécificités
régionales et les besoins des consommateurs avec la mise en place d'espaces
où les commerçants pourront exercer durant des heures précises avec une organisation
adéquate.L'objectif est d'arriver à organiser cette filière pour éviter que
des commerçants organisés ne basculent dans l'informel.
Depuis plusieurs mois, on parle d'un contrat-programme pour la PME...
Et il est pratiquement prêt. Nous avons eu des séances de travail avec la CGEM
et le CJD au cours desquelles j'ai présenté les modifications à apporter
concernant la TPE. De même, le ministère des affaires générales a apporté
ses remarques. Le dossier est en cours de finalisation et notre objectif
est de le boucler en janvier 2008. Une des idées fortes est celle de créer
des champions nationaux à l'échelle des PME. Pour cela, nous voulons aider
certaines entreprises à se développer et éventuellement à pouvoir exporter.
Un récent rapport avait mis en exergue les défaillances de l'Agence
pour la PME. Quel est votre constat ? Peut-on tabler sur une réorganisation,
un changement de mission ?
Trois critiques ont été faites dans le rapport concernant l'ANPME : la concentration
sur le secteur de l'industrie, la concentration géographique sur l'axe Casa-Kénitra
et enfin le manque d'accompagnement sur la durée.
La concentration sur l'industrie est une critique fondée, mais cela est dû
aux moyens de l'ANPME qui travaille avec des fonds étrangers exclusivement
destinés à l'industrie. Donc l'Agence ne pouvait pas faire autrement. L'axe
Casa-Kénitra, c'est inévitable car c'est dans cette zone que se concentrent
la plupart des industries. Certes, cela ne reflète pas de manière exhaustive
l'implantation des industries, mais il faut préciser que ce sont les entreprises
de l'axe Casa-Kénitra qui ont le plus sollicité l'agence. Concernant l'accompagnement
sur la durée, il y a, aujourd'hui, le programme Imtiaz destiné aux «champions»
et qui s'étalera sur une durée de deux années.
Quantitativement, l'ANPME a donné des résultats satisfaisants par rapport aux
moyens dont elle dispose. Toutefois, pour évaluer la qualité des actions, j'ai
demandé à l'agence d'effectuer un suivi des entreprises accompagnées pour pouvoir
rendre compte du bénéfice produit par cet accompagnement. C'est cette analyse
qui nous permettra d'évaluer réellement l'efficacité de l'ANPME.
Des antennes régionales pour l'ANPME sont-elles envisagées ?
Pas pour le moment et ce n'est pas le plus important. L'essentiel
est que l'on fasse profiter le maximum d'entreprises de cet outil et que l'action
ait un impact certain sur leur développement.
Fadel Agoumi & Aziza Belouas
www.lavieeco.com
2008-01-04
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