7 mai 2004
Lavieeco (25267 articles)
Partager

Acmar essuie une perte de 5,3 MDH

En cause, la dégradation du risque client dans le textile et l’agroalimentaire.

En marge de son rapport annuel 2004, publié il y a quelques semaines, la très sérieuse Compagnie française d’assurance du commerce extérieur (Coface) avait révélé, dans un commentaire mitigé sur l’évolution globale du risque Maroc, la recrudescence des défaillances commerciales de plusieurs secteurs économiques marocains (textile, agroalimentaire…). Cette analyse, qui soulève le contraste entre une croissance économique honorable en 2003 et le comportement des entreprises en matière de paiement, vient d’être corroborée par l’évolution enregistrée en 2003 par le seul opérateur de l’assurance-crédit domestique du pays.
En effet, dans son rapport annuel 2003, Heuler Hermes, leader mondial du secteur, avec 37 % de part de marché et une présence dans 36 pays, a dévoilé que sa filiale marocaine, contrôlée à hauteur de 55 %, Assurance Crédit Marocaine (ACMAR) a essuyé un déficit de près de 5,3 MDH pour un capital porté, en 2003, à 50 MDH afin d’accompagner l’expansion de l’activité.
Au Maroc, le portefeuille clients représente en moyenne 40 % d’un bilan
Selon des experts contactés par La Vie éco, la société aurait beaucoup souffert en 2003 d’une forte hausse de la sinistralité de son portefeuille clients fortement exposé aux secteurs du textile et de l’agroalimentaire (tous les deux pointés du doigt par le rapport de la Coface). Le ratio de sinistres sur primes se serait même envolé pour dépasser le niveau de 100 % au cours de l’exercice écoulé.
La détérioration du risque commercial pour un nombre important d’entreprises porte en lui les germes d’une crispation économique où la création de la valeur ajoutée, donc de la richesse et de la croissance, est de plus en plus compromise. Et ce dans un pays où le poste «clients» représente déjà en moyenne, selon des études récentes, 40 % du bilan (contre 30 % pour les entreprises françaises).
Rappelons que la prestation de l’assurance-crédit dans notre pays est fournie par deux opérateurs seulement : Acmar, intervenant généraliste et orienté vers le marché domestique, et la Société marocaine d’assurance à l’exportation (SMAEX), compagnie semi-publique (l’Etat contrôle 33,4 % de son capital de 30 MDH) spécialisée dans l’assurance à l’export. Les services offerts par Acmar à sa clientèle recouvrent la prévention du risque, le recouvrement et l’indemnisation des créances impayées. L’indemnisation des créances non recouvrées oscille entre 50 et 85 %, selon les termes du contrat. Par ailleurs, cette activité a été étrangement écartée du nouveau code des assurances. Les deux acteurs de ce métier, toujours régis par un dahir de 1974, se trouvent sous contrôle de la Direction des assurances et de la prévoyance sociale relevant du ministère des Finances