Economie
A Marrakech, encore 20% de plus au mètre carré en 2007 !
Pas moins de 5 000 DH le m2 pour un appartement de moyen standing,
le haut standing se négocie entre 10 000 et 13 500 DH.
En plus des Français, de plus en plus de clients britanniques et scandinaves.
Al Omrane Marrakech prévoit d'y investir 5,2 milliards de DH d'ici 2010.

Marrakech attire toujours les investisseurs immobiliers. Appartements, riads,
villas et autres maisons s'y vendent toujours comme des petits pains. Au début
des années 2000, le boom de l'immobilier et du tourisme qu'a connu la ville ocre
a laissé sceptiques de nombreux professionnels quant à la pérennité de l'engouement
des investissements. Huit années plus tard, les sommes investies en hôtels, appartements
et complexes résidentiels continuent d'augmenter.
En 2007, la commission ad hoc, chapeautée par l'Agence urbaine de la ville, a
traité pas moins d'un millier de demandes de dérogation émanant de promoteurs
immobiliers dont près de la moitié a reçu un avis favorable. A titre de comparaison,
en 2005, les services compétents avaient reçu à peine 691 demandes. Pour Younès
Cherkaoui, co-gérant de l'agence Mauresque Immobilier, la ville attire toujours
autant les étrangers que les Marocains. «Marrakech est une valeur sûre pour les
personnes désirant investir dans l'immobilier», fait-il remarquer. Mohamed Sakof,
de l'Agence immobilière internationale, abonde dans le même sens, soulignant
que «la ville ocre a encore de beaux jours devant elle». La demande est telle
que les professionnels reconnaissent qu'il y a une grande concurrence entre les
agences immobilières de la place.
En 2008, Al Omrane bâtira 24 500 logements, dont 5 716 sociaux à moins
de 140 000 DH
Le bon comportement de l'immobilier à Marrakech intéresse aussi bien les investisseurs
publics que privés. Si la majorité de ces derniers est constituée par de grands
groupes internationaux et nationaux qui choisissent quasiment tous la formule
grands complexes résidentiels, souvent autour d'un golf, le secteur public, pour
sa part, diversifie ses investissements. Sur les trois années à venir, la filiale
régionale d'Al Omrane investira à Marrakech la bagatelle de 5,2 milliards de
DH. De 1,5 milliard de DH prévus pour l'année en cours, l'établissement public
compte augmenter sa mise de 200 MDH par an pour atteindre 1,9 milliard de DH
en 2010. Près de 80 000 unités seront mises en chantier durant cette période.
En 2008, Al Omrane, qui a remplacé l'Erac Tensift suite au processus de fusion
des établissements publics de l'habitat, compte bâtir 24 500 logements, dont
5 716 sociaux à moins de 140 000 DH et 1 600 villas économiques. En 2009, l'établissement
sous tutelle du ministère de l'habitat prévoit 27 000 logements, un chiffre qu'il
compte porter à 28 000 logements une année plus tard. «La région connaît une
grande dynamique immobilière qui va crescendo depuis plusieurs années. Al Omrane
accompagne ce développement et propose des projets diversifiés qui vont de la
villa résidentielle au logement social», souligne l'un de ses responsables. Marrakech
est donc un pivot de la politique étatique en matière d'habitat.
La filiale locale
d'Al Omrane est celle qui rapporte le plus d'argent
D'ailleurs, ce n'est pas un secret, la filiale locale d'Al Omrane est celle qui
rapporte le plus d'argent, et ce du temps même du défunt Erac Tensift. En 2008,
les prévisions d'Al Omrane Marrakech tablent sur des recettes de l'ordre de 1,6
milliard DH.
Les professionnels de la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNPI)
ne cachent pas leur enthousiasme quant à l'avenir de Marrakech. Rachid Jamaï,
directeur du groupe immobilier éponyme, mise ainsi sur la diversification de
ses programmes initiés dans la ville. Cela va du logement social dans la nouvelle
ville de Tamansourt au complexe résidentiel très haut standing en pleine palmeraie.
A Marrakech donc, tout se vend malgré la hausse généralisée des prix. Le mètre
carré en habitat social coûte entre 2 500 DH et 3 000 DH. Le moyen standing est
pour sa part cédé entre 5 500 DH et 7 500 DH/m2 alors que le haut standing dépasse
les 10 000 DH. Et en une seule année, ces prix au mètre carré ont gagné entre
10 et 20% suivant les quartiers et les standings. A Guéliz, par exemple, des
appartements de haut standing se vendent aux alentours de 13 500 DH/m2 contre
12 000 DH il y a une année.
La cherté de l'immobilier est, selon les professionnels, due à la diversité de
la clientèle. La ville ocre, de par son statut de destination touristique de
premier choix, attire les capitaux étrangers. «La majorité de notre clientèle
étrangère est de nationalité française. Cependant, nous avons enregistré une
hausse du nombre de clients britanniques ou scandinaves qui désirent acheter
un bien immobilier à Marrakech», révèle Younès Cherkaoui. Et d'ajouter que cette
dernière clientèle «est particulièrement exigeante». Voilà qui arrangera les
affaires des promoteurs puisque, selon les agents immobiliers de la ville, si
la clientèle nordique est très regardante sur la qualité, elle ne lésine pas
sur le prix à payer.
Fadoua Ghannam
www.lavieeco.com
2008-01-04
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