Economie
80 millions de quintaux de céréales et une accélération des investissements agricoles
La deuxième année du Plan Maroc Vert a été consacrée aux projets structurants et à la mise en place des structures d'accompagnement.
Des contrats programmes signés avec toutes les filières et des investissements dans les nouveaux projets à hauteur de 10 milliards de DH.
Prochaines priorités : mobilisation du foncier, développement des cultures biologiques et du terroir...

Comme lors de la deuxième édition, les IIIe Assises de l’agriculture, qui se sont tenues à Meknès, mardi 27 avril, ont été l’occasion pour Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, de dévoiler les prévisions de la récolte céréalière prévue au titre de la campagne en cours. Bonne nouvelle : en dépit d’une pluviométrie, certes abondante mais trop concentrée dans le temps, ayant affecté plusieurs régions, la production céréalière tournera autour de 80 millions de quintaux, soit 33% de plus que ce qui a été programmé dans la Loi de finances. En tout état de cause, les céréales ne constituant qu’une part de la production agricole du pays, l’autre bonne nouvelle, qui devrait mettre du baume au cœur des exploitants de périmètres irrigués, est que le remplissage des barrages a atteint un taux de 93%, permettant de couvrir les besoins des trois prochaines années.
Ces assises constituaient aussi et surtout l’occasion de dresser un bilan de la deuxième année du Plan Maroc Vert (PMV). Cette étape a connu une accélération des réformes par une restructuration du ministère de l’agriculture et la mise en place de nouvelles structures pour la réalisation des objectifs fixés, à côté de la mise en place des déclinaisons régionales du Plan.
Plus d'intrants, d'engrais, de tracteurs et de systèmes d'irrigation
L’année 2009 a aussi enregistré la réalisation de 50% des objectifs de la Vision 2020 dans les domaines de l’agrumiculture avec une production de 1,5 million de tonnes et de l’oléiculture (1,4 million de tonnes). Elle s’est également caractérisée par une modernisation des techniques agricoles dont un doublement de l’utilisation des intrants, l’augmentation de 55% des équipements des exploitations agricoles en matériel économe en eau et une forte augmentation de l’utilisation des semences sélectionnées (1,13 million de quintaux). L’utilisation du matériel agricole alliant l’efficacité et la rentabilité est devenue une priorité, et l’équipement des exploitations agricoles marocaines a atteint, pour 10 000 ha, 57 tracteurs alors que les normes préconisées par la FAO sont de 70. Sur le plan de l’accompagnement, on notera également la participation du Fonds Hassan II au PMV avec une enveloppe annuelle de 200 MDH et l’implication des banques partenaires qui ont développé des produits financiers spécifiques.
18 projets d'agriculture moderne : 8,5 millliards de DH d'investissement
En aval, ce sont les débouchés d’exportation qui ont été soit élargis, en vertu du nouveau protocole agricole signé avec l’Europe, soit diversifiés, avec la possibilité, pour la région du Souss, d’exporter des tomates vers les USA.
Dans le cadre du premier pilier, celui de l’investissement dans l’agriculture intensive, ce ne sont pas moins de 9 contrats programmes qui ont été signés avec des opérateurs des différentes filières, permettant d’institutionnaliser le cadre d’investissement et de production, sachant que les troisièmes assises ont connu la signature d’un dixième accord public/privé portant sur le palmier-dattier (voir encadré). Mais déjà, l’an II du PMV aura permis l’accélération de la dynamique d’investissement par la réalisation de 18 projets d’une enveloppe globale de 8,5 milliards de dirhams. Concernant le deuxième pilier, celui de l’agriculture solidaire, 50 projets, concernant 130 000 bénéficiaires, dans 5 régions du pays, ont été ciblés. Ils généreront un investissement de 2 milliards de DH.
Dans la même optique, on retiendra le lancement de 40 projets sur 45 000 ha au nord du pays, 5 grands projets sur 50 000 ha dans les régions sud et un projet de plantation d’un million de palmiers dattiers dans la région Meknès-Tafilalet. Pour la troisième année de mise en application du PMV, les actions structurantes étant lancées, c’est le soutien à la dynamique d’investissement qui mobilisera les efforts. Le département de l’agriculture compte mobiliser 30 000 ha de terres par an à mettre à la disposition des investisseurs. 112 nouveaux projets sont déjà dans le pipe dont 54 concernent les filières de production à haute valeur ajoutée (agrumes, légumes, lait, sucre…) et 58 projets régionaux concernant les plantations et les petits projets.
Le ministère a aussi établi un programme de développement des cultures biologiques et du terroir avec des projets régionaux visant à aider les agriculteurs dans le domaine des intrants et dans le renforcement de leurs capacités commerciales. Cela nécessitera aussi la mise en place d’un cadre juridique pour définir les méthodes de la production biologique.
Il est prévu enfin le développement de la recherche agronomique ainsi que la refonte de la stratégie de vulgarisation agricole. Sur le plan formation, il est à signaler le début de l’instruction de 60 000 fils d’agriculteurs et le lancement d’une école doctorale à l’IAV Hassan II.
Conventions : De l'argent, des projets et des infrastructures
Quatre conventions, un contrat programme et un protocole d'accord ont été signés entre les opérateurs privés, les ministères et les acteurs locaux, en marge des assises du 27 avril.
Convention relative à la valorisation du projet «Agropolis» par Med-Z filiale de la CDG
Contrat programme entre le gouvernement et la profession relatif au développement de la filière dattière. Portant sur une enveloppe de 7,6 milliards de dh, il a pour objet de mettre en place un programme de mise à niveau de la filière dattière.
Convention cadre visant le développement d'infrastructures d'irrigation, y compris une usine de dessalement d'eau de mer, dans la zone maraîchère de Chtouka dans la région de Souss-Massa (signée entre le gouvernement et la SFI).
Convention spécifique à l'accompagnement bancaire des petits et moyens producteurs. Elle a pour objet de fixer les conditions et les modalités de financement par Tamwil El Fellah (Crédit agricole) des producteurs exclus du financement bancaire classique, dans le cadre de projets d'agrégation et ceux relevant du pilier II.
Convention de partenariat entre le gouvernement et la SGMB qui s'engage à mobiliser, pour le financement des projets agricoles, une enveloppe de 3 milliards de dirhams sur une durée de 5 ans.
Protocole d'accord entre le ministère de l'agriculture et Coca cola Export company pour un don de 10 Mdh en soutien au pilier II du PMV.
Abdelmoumen Guennouni
www.lavieeco.com
2010-05-03
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