Culture
Quand Marrakech se fait inventive
Marrakech fait des projets pour valoriser et exploiter son patrimoine, à
l’instar de Fès ou Essaouira.
Marrakech est une ville où tout le monde se sent à l’aise.
Son atmosphère particulière lui confère un charme irrésistible
et son passé comme son présent la confirment dans son rôle
de pôle touristique prometteur. Pourtant, Marrakech n’a pas su créer
des événements susceptibles d’attirer et de fidéliser
un public local et étranger. Malgré la résurrection de son
Festival des arts et traditions populaires, Marrakech ne peut se targuer d’un
franc succès, contrairement aux événements majeurs que sont
devenus les Festivals des musiques sacrées de Fès, Gnaoua d’Essaouira
et, plus récemment, Mawazine de Rabat. Cependant, 2003 promet d’apporter
du nouveau. Mais le public sera-t-il au rendez-vous ? A quelques semaines de la
manifestation, le manque de communication est flagrant.
En septembre, le Festival international du cinéma, malgré un contexte
difficile, illuminera la Cité rouge. Durant cette période, la ville
devrait aussi lancer d’autres événements plus réguliers.
Ainsi, dans une réelle volonté de mettre en valeur le patrimoine
culturel de la vieille cité impériale, les pouvoirs publics ont
opté pour plusieurs projets. Le plus ambitieux est la création de
la société Héritage vision Maroc (au capital de 20 millions
de DH), filiale d’une entreprise française spécialisée
dans les spectacles sons et lumières.
Sons et lumières, visites nocturnes de monuments...
L’un des maîtres-d’œuvre de cette entreprise est Henri
Chavert, qui a illuminé la cathédrale de Lyon, Saint Petersbourg
ou le site égyptien de Guizeh lors du fameux concert de Jean-Michel Jarre
en 2000. A Marrakech, c’est le bassin de la Ménara qui a été
choisi. A en croire Fayçal Cherradi (délégué du ministère
de la Culture et inspecteur des Monuments historiques), «le lieu et son
contexte ont été respectés». Trois gradins pouvant
accueillir 1 500 spectateurs seront placés face au pavillon, à hauteur
satisfaisante, sans nuire au panorama. Chaque soir le public pourra visionner
un spectacle sons et lumières, durant lequel une cinquantaine de comédiens
professionnels exerceront leur talent au service de thèmes culturels, relatant
les cinq périodes dynastiques de Marrakech. Le spectacle durera 1 heure
30 et les places coûteront environ 200 DH. Chaque trimestre, la thématique
changera.
Parallèlement à cette œuvre ambitieuse, les acteurs culturels
de la ville vont lancer des opérations épisodiques et ciblées,
telles la visite nocturne des monuments (palais Bahia, Tombeaux Saadiens...) agrémentée
de brèves manifestations musicales ou la découverte des citernes
de la Koutoubia, qui viennent d’être restaurées et abriteront,
dès septembre, des panneaux et maquettes ainsi qu’un diaporama, relatant
l’histoire de la Koutoubia.
D’autres lieux sont en cours de restauration : Dar Si Saïd, la galerie
d’art de Bab Doukala et Bab Khamat qui devrait accueillir une autre galerie
d’art. Faire vivre les monuments de la Cité rouge, tel est le souhait
des autorités locales. Espérons qu’elles réussissent
leur pari
Jean-Pierre Tagornet
www.lavieeco.com
2003-06-12
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