Qualité de vie : Santé

Casa et Rabat trustent l’offre de soins

Revers de la médaille de la forte attractivité de Rabat et de Casablanca dans le secteur de la santé publique, un déséquilibre important s’est créé sur le plan national avec les autres grandes villes marocaines.

offre de soins

Avec une couverture en infrastructures de santé et un taux d’encadrement médical parmi les plus élevés du Royaume (19,3 lits hospitaliers et 20,3 médecins pour 10 000 habitants), l’offre de santé de Rabat domine presque tous les indicateurs. Le centre hospitalier et universitaire d’Ibn Sina, qui compte plus de 2 500 lits et 10 établissements de soin et d’hospitalisation, est la structure médicale la plus importante du pays. Avec une telle infrastructure, Rabat propose certes des statistiques intéressantes mais encore insuffisantes, le nombre de lits hospitaliers ne dépassant pas les 3 600. Par ailleurs, le nombre important de médecins, 3 735, qui lui permet d’occuper  la 1ère place du classement, est à mettre en comparaison avec un manque important de personnel paramédical public, avec 2 877 membres.

Casablanca offre le même nombre de lits d’hôpitaux que Rabat (grâce notamment à la présence du centre hospitalier universitaire Ibn Rochd (1 630 lits), mais ayant une population nettement plus importante, est nettement en-deçà de sa voisine avec seulement 11,1 lits et 9,1 membres de personnel paramédical par tranche de 10 000 habitants. Pour ce qui est du nombre de médecins, Casablanca ressort avec la deuxième place du classement avec 16,1 médecins pour 10 000 habitants. Mais ces résultats sont très faibles et de nombreux efforts sont à envisager afin d’atteindre un niveau acceptable.
Fès, elle, arrive en 2e position du classement des grandes villes grâce à ses bonnes dispositions hospitalières. Proposant un ratio d’infrastructures médicales comparable à celui de Rabat, avec 19,3 lits pour 10 000 habitants (le centre hospitalier universitaire Hassan II ayant une capacité d’accueil de 880 lits), Fès pêche toutefois par un manque de ressources humaines de santé publique avec 10,3 médecins et 14,3 membres du personnel paramédical par tranche. L’évolution des infrastructures de santé publique fassies, via le CHU Hassan II, laisse espérer une amélioration  rapide de son système de santé et de ses ressources humaines.
A l’inverse, la ville de Tétouan, qui possède 3 fois moins de médecins par habitant que Rabat, termine dernière de ce classement de grandes villes avec un très faible nombre de médecins (6,3 pour 10 000 habitants) et de personnel paramédical public (2,5 pour 10 000 habitants), l’absence de centre hospitalier universitaire y étant pour beaucoup. Rapportée à l’échelle nationale, Tétouan occupe la 13e place quant à sa capacité hospitalière avec 26,5 lits par tranche de 10 000 habitants. Revers de la médaille de la forte attractivité de Rabat et de Casablanca dans le secteur de la santé, un déséquilibre important s’est créé sur le plan national avec les autres grandes villes marocaines.

El Jadida surclasse de loin les villes moyennes

Les villes de Marrakech, Tanger, Agadir, Oujda et Meknès ont un nombre de médecins pour 10 000 habitants inférieur à 10. Autre élément important, seule la moitié des villes du top 10 possède un centre hospitalier universitaire : Rabat, Casablanca, Agadir, Marrakech et Fès.
Pour les villes moyennes, c’est El Jadida qui arrive en tête, la ville étant dotée d’infrastructures importantes (plus de 26 lits hospitaliers pour 10 000 habitants), d’un bon taux d’encadrement du personnel de santé (plus de 38 membres du personnel paramédical pour 10 000 habitants) et d’un nombre de médecins de 19,9 pour 10 000  habitants. Ces chiffres sont ainsi à comparer avec les moyennes des autres villes : 22,7 lits hospitaliers pour 10 000 habitants et 10,4 médecins pour 10 000 habitants.
De son côté, Mohammédia souffre de sa proximité avec Casablanca : le nombre de médecins y est largement insuffisant (4,5 médecins pour 10 000 habitants contre une moyenne de 10,4 pour les villes moyennes) et la capacité d’accueil y est faible puisque l’on dénombre uniquement 20 centres  dispensant des soins  pour une ville qui compte près de 250 000 habitants. Le constat est le même pour Laâyoune et Guelmim souffrent d’un manque important de médecins avec respectivement 6,1 et 5,2 médecins pour 10 000 habitants.
L’offre de santé est généralement le maillon faible des petites villes. Le déficit y est particulièrement notable : absence de CHU, taux d’encadrement du personnel de santé insuffisant. Les petites villes ont du mal à séduire les médecins  qui leur préfèrent généralement les métropoles. La bonne surprise est pour la ville d’Al Hoceima, véritable pôle de santé avec un nombre important d’infrastructures de santé hospitalières qui, avec ses 525 lits soit 94,7 lits par 10 000 habitants, permettent à la ville de bien se classer. Le nombre de médecins y est très important avec pas moins de 31 médecins par tranche de 10  000 habitants (soit 173 médecins), et offre ainsi à Al Hoceima la 1ère place nationale sur ce critère.

Ouarzazate arrive en 2e position avec de très bon indicateurs : 17,5 médecins par tranche de 10 000 habitants (2e du classement), 47,6 membres du personnel paramédical public par tranche de 10 000 habitants (4e du classement), 65,8 lits d’hôpitaux par tranche de 10 000 habitants (4e du classement national).
Enfin, à l’instar des villes de tailles moyennes, les villes des régions de Laâyoune-Boujdour-Sakia el Hamra et Oued Ed-Dahab-Lagouira occupent les dernières places du classement. Boujdour ne dispose que de 36 lits, soit un 6,3 lits par tranche de 10 000 habitants, et presque autant de médecins (30 médecins répertoriés). Si on reporte ces médecins sur la population, il n’y a que 5,2 médecins par tranche de 10 000 habitants !  Les chiffres ne sont guère mieux à Dakhla avec seulement 5,4 médecins et 6,5 lits par tranche de 10 000 habitants.

CHU : Depuis 2008, Fès a rejoint le cercle fermé des villes dotées d’un CHU de haut niveau

Depuis 2008, Fès a rejoint le cercle fermé des villes dotées d’un CHU de haut niveau

Le secteur de la santé connaît une nouvelle dynamique dans la région et le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Fès est le premier d’une nouvelle génération de centres programmée à Oujda, Tanger et Agadir et dont le but est de faire disparaitre les déséquilibres sanitaires entre les régions.
Ainsi, ce centre, qui a été réalisé dans l’objectif de combler le déficit en infrastructures sanitaires de la région, est pris d'assaut par une population estimée à plus de 3 millions d’habitants issue des régions de Fès-Boulemane, Meknès-Tafilalet et Taza-Al Hoceima-Taounate.
La réalisation du projet a demandé 5 ans pour un coût global de 1,2 milliard de DH. Il est aujourd’hui l’une des plus grandes infrastructures médicales au Maroc, et on y pratique toutes les spécialités médicales. On y dénombre plus de 1 240 personnels de santé (dont 317 médecins et plus de 760 infirmiers) occupés à gérer une capacité d’hospitalisation de 88O lits. Le complexe compte 28 blocs opératoires, dont 6 réservés aux urgences. Le CHU Hassan II s’est également donné pour mission l’enseignement médical : deux salles d’opération sont donc munies de technologies multimédia permettant des retransmissions en direct des actes opératoires vers les universités de médecine et de pharmacie de Fès. Notons aussi la présence de scanners ultra modernes qui réduisent considérablement le temps d’examen des patients et d’une imagerie par résonnance magnétique (IRM) offrant de meilleurs diagnostics que par le passé. Cela a pour conséquence un nouveau défi relatif à la formation de cadres hautement qualifiés pour la manipulation et l’utilisation optimale de ce matériel sophistiqué. En ce sens, le CHU fait partie de la stratégie globale du ministère de la Santé qui vise la formation de 3 800 médecins d’ici 2020.

CHU : 525 MDH pour ouvrir en 2011 un CHU de 560 lits à Oujda

525 MDH pour ouvrir en 2011 un CHU de 560 lits à Oujda

D’un investissement estimé à 525 millions de DH, le Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Oujda répond aux normes internationales de prestations sanitaires, et s'inscrit dans le cadre du projet d'appui à la gestion du secteur de la santé (PAGSS). Ce centre, dont la réalisation est prévue courant 2011, s’étendra sur une superficie de 90 000 m², dont 50 000 m² couverts. Il aura une capacité d’accueil de 1 100 étudiants et de 560 lits et profitera à une population estimée à 3 millions d’habitants. Son implantation facilitera non seulement la formation de différents spécialistes mais les incitera à rester dans la région.
En outre, la région bénéficiera également de la construction d’un hôpital psychiatrique qui comprendra, sur une superficie couverte de 6 953 m², les services d’urgences, de physio psychologie et de psychothérapie, des groupes d’ergothérapie et des salles d’éveils. Des espaces seront également consacrés à l’accueil et au traitement des toxicomanes ainsi que des personnes âgées. Le personnel médical sera composé de 3 médecins, 40 infirmiers et infirmières, en plus d'un staff paramédical et administratif. Ce projet nécessitera un investissement de 24 MDH.
Signalons que le PAGSS est un projet de partenariat conclu en décembre 1998 entre le Royaume du Maroc et l’Union Européenne dans le cadre du programme MEDA. C’est un projet qui a pour objet le renforcement du processus de régionalisation en intervenant au niveau de toute la filière de soins et de mise à niveau des diverses structures administratives et sanitaires. L’objectif in fine est d’améliorer la performance du système de santé régional en le dotant de plus d’autonomie et de ressources plus adaptées aux besoins et mieux gérées.

La Vie éco
www.lavieeco.com

2011-08-25

Authentifiez-vous pour ajouter un commentaire

Bourse de Casablanca

Mise à jour : 2012-05-23 à 15:59
Masi : 9 899.48 (+1.55%)
Madex : 8 086.61 (+1.62%)
bourse
SOFAC
286.20 +6.00%
bourse
BMCE BANK
190.00 +5.70%
bourse
ATTIJARIWAFA BANK
341.00 +4.60%
bourse
CARTIER SAADA
19.00 -3.94%
bourse
MEDIACO MAROC
38.50 -3.75%
bourse
LAFARGE CIMENTS
1390.00 -2.11%

Cours de change

Vente
1 EUR 11.095 MAD
1 USD 8.7534 MAD
1 GBP 13.775 MAD
100 YENS 11.021 MAD
1 SAR 2.3340 MAD
Achat
1 EUR 11.029 MAD
1 USD 8.7011 MAD
1 GBP 13.692 MAD
100 YENS 10.955 MAD
1 SAR 2.3201 MAD
Powered by SG2I