VAR : Plus d’approximations que de solutions
21 juin 2018
Othmane Eddaal (30 articles)
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VAR : Plus d’approximations que de solutions

Les experts et spécialistes, pro Maroc, sur les plateaux télé, ou encore dans les cafés, sont unanimes : L’arbitre devait solliciter l’aide de la VAR sur au moins l’une des nombreuses actions litigieuses du match. 

La Vidéo Assistant Referee (VAR) ou assistance vidéo à l’arbitrage est la grande nouveauté de ce mondial 2018. Si elle a déjà été utilisée lors des premiers matchs, sa non-utilisation a frustré tous les Marocains après la défaite face au Portugal.

Un sentiment d’injustice, légitime ou pas, règne chez les marocains après l’élimination, au goût amer, des Lions de l’Atlas. Les experts et spécialistes, pro Maroc, sur les plateaux télé, ou encore dans les cafés, sont unanimes : L’arbitre devait solliciter l’aide de la VAR sur au moins l’une des nombreuses actions litigieuses du match.

24 heures après la rencontre, on revient, à tête froide, sur le règlement de la FIFA pour en savoir plus sur la VAR. Deux questions s’imposent et dont répond clairement le site de la FIFA. Quand a-t-on recours à l’assistance vidéo ? Et comment elle fonctionne ?

Pour la première question, l’assistance vidéo ne s’applique, selon la FIFA, que dans quatre cas bien précis :

• Un but; Le rôle des arbitres assistants vidéo est d’aider l’arbitre à déterminer si une infraction à même d’invalider un but s’est produite. Si le ballon a franchi la ligne, le jeu est déjà interrompu et il n’y a pas d’impact direct sur le match;

• Un penalty; Le rôle des arbitres assistants vidéo est de veiller à ce qu’aucune décision clairement incorrecte ne soit prise au moment d’accorder – ou de ne pas accorder – un penalty.•

• Un carton rouge. Le rôle des arbitres assistants vidéo est de veiller à ce qu’aucune décision clairement incorrecte ne soit prise au moment d’exclure – ou de ne pas exclure – un joueur;

• Identité erronée; Le rôle des arbitres assistants vidéo est de veiller à ce que l’arbitre ne se trompe pas sur l’identité du joueur à avertir ou à exclure.

Pour la seconde question. L’utilisation de la VAR est lui aussi un cadre très clair selon la première instance du football mondial. Le fonctionnement en 3 étapes :

1. Un incident se produit; L’arbitre informe les arbitres assistants vidéo ou ces derniers recommandent à l’arbitre qu’une décision/qu’un incident doit être analysé(e);

2. Visionnage et recommandation; La séquence vidéo est analysée par les arbitres assistants vidéo, puis ils indiquent à l’arbitre via son oreillette ce que la vidéo montre;

3. Décision ou action; L’arbitre accepte l’information des arbitres assistants vidéo et prend la décision appropriée, ou demande à visionner la séquence vidéo sur le bord du terrain avant de se prononcer.

Destinée à rendre les décisions arbitrales plus légitimes, la VAR n’a pas mis fin aux débats d’après matches. Rappelant, cependant, que la VAR est juste un outil mis à la disposition de l’arbitre principal, qui reste le seul décideur des actions sur le rectangle vert.

Lors du match de l’Argentine face à l’Islande, l’arbitre M. Marciniak, n’a pas fait appel à l’assistance vidéo alors qu’il y avait trois situations litigieuses en faveur de l’Albicéleste. M. Rocchi, l’arbitre d’Espagne – Portugal n’a, lui aussi pas eu recours à la VAR alors que le but de Diego Costa était entaché d’une poussette de l’attaquant espagnol sur le défenseur.

L’injustice de la VAR augmente encore plus chez nous Marocains, car la non-utilisation de la VAR par l’arbitre Mark Geiger aurait pu permettre à l’équipe nationale d’égaliser. Et donc éviter une élimination dès le deuxième match de cette fête footballistique.

Entre théorie et pratique, la route reste longue pour la légitimité de l’assistance vidéo dans le foot. Les polémiques des premiers matches du Mondial en sont la preuve.