Une filière d’importations illégales de voitures neuves ?
12 juin 2012
Reda Harmak (1115 articles)
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Une filière d’importations illégales de voitures neuves ?

Le phénomène concerne les voitures de luxe.

Trop, c’est trop ! Les concessionnaires sont excédés par les importations de voitures neuves réalisées par des entreprises et des particuliers qui prennent de l’ampleur depuis l’annulation des droits de douane sur les importations de véhicules en provenance de l’Union européenne (voir article). Ils s’estiment mal protégés par la réglementation face à ces entrées de marchandises surtout pour ce qui est des concessionnaires disposant de cartes d’exclusivité pour la distribution de certaines marques. Mais les concessionnaires s’alarment surtout de la montée en régime d’une catégorie d’importateurs très actifs sur le segment du luxe qui opéreraient en marge de la loi.

A vrai dire, ces acteurs, qui se chiffrent en dizaines, sont présents sur le marché depuis des années, selon les professionnels, acheminant des centaines de voitures de marques prestigieuses vers le Maroc en dehors des circuits formels. Souhaitant jeter la lumière sur ce business, les concessionnaires, rassemblés sous la bannière de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam), ont mené une enquête dont les résultats ont été communiqués à la Direction des douanes l’année dernière.

Mais aucune mesure concrète ne s’en est suivie jusqu’à présent. Les méthodes de cette filière d’importations clandestines, confirmées par plusieurs professionnels, prêtent au crime organisé. Entre autres pratiques rapportées : les importateurs opportunistes achèteraient des voitures cash grâce à la fuite de devises. Ces véhicules seraient par la suite acheminés vers le Maroc via des sociétés écran échappant à toute taxation et, au passage, ces mêmes voitures seraient dédouanées sur la base de faux documents utilisés notamment dans un but de sous-facturation. Toute une mafia en somme…