Une élimination précoce, mais beaucoup de promesses
25 juin 2018
Othmane Eddaal (30 articles)
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Une élimination précoce, mais beaucoup de promesses

Le Maroc a été le premier pays à être officiellement éliminé de la Coupe du monde en Russie. Vingt ans après la frustration du Mondial en 1998, les Lions de l’Atlas ont perdu leurs premiers matches face à l’Iran et le Portugal.

Deux défaites qui laissent un goût amer à tous les Marocains. Mais comment situer cette élimination précoce dans le palmarès du football marocain ?

L’élimination prématurée dans ce Mondial est tombée comme une douche froide, surtout après l’euphorie de la qualification et les prestations satisfaisantes lors des matches de préparation.

Les Lions de l’Atlas ont eu le mérite de redonner confiance aux supporters marocains après des résultats décevants sur les vingt dernières années. Une période avec zéro qualification au Mondial. Et surtout des parcours chaotiques en Coupe d’Afrique des nations.

En effet après la participation à la Coupe du monde en France en 1998, l’équipe marocaine ne s’est donc jamais qualifiée pour un mondial. En Coupe d’Afrique, à part le parcours exceptionnel de 2004, où elle a été finaliste, les résultats étaient proches du néant. Elle a toujours été éliminée dès le premier tour. Pire encore, elle n’a pas réussi à se qualifier à la CAN 2010.

Avant la nomination de Hervé Renard comme entraîneur en février 2016, les Lions de l’Atlas traînaient dans les profondeurs du classement FIFA. Depuis, le Maroc a repris des couleurs. Il s’est qualifié pour le Mondial aux dépens de la Côte d’Ivoire et du Mali et s’est hissée au deuxième tour de la CAN en 2017, passant ainsi de la 80e à la 39e place du classement de la fédération internationale.

En moins de deux ans, elle s’est repositionnée dans le paysage footballistique continental et mondial. Elle fait même partie des favoris pour remporter la prochaine Coupe d’Afrique des nations, qui se jouera au Cameroun en janvier 2019. Chose qui était encore improbable il n’y a pas si longtemps.

Pendant l’actuelle Coupe du monde, le Maroc a perdu contre l’Iran dans le temps additionnel. Face au Portugal, les coéquipiers de Benatia ont encaissé un but à la quatrième minute sans avoir pu revenir au score. Néanmoins, on ne peut nier que le Maroc a dominé ces deux rencontres, mais le réalisme des deux équipes est venu nous rappeler le manque d’expérience au niveau international. Au final, ces résultats relancent le débat « traditionnel » sur les responsables par rapport à cette élimination précoce.

Les pétitions qui circulent un peu partout sur les réseaux sociaux pour rejouer le match contre le Portugal, à cause de la VAR sont révélatrices de la frustration marocaine. D’ailleurs, selon le journal britannique, « The Sun », une enquête est ouverte sur un éventuel dysfonctionnement des moyens de communications entre l’arbitre du match Maroc-Portugal et le centre de l’arbitrage vidéo. Dans tous les cas, l’élimination est actée. Le match en question a peu de chance d’être rejoué. Cela ne s’est jamais vu lors d’une Coupe du monde.

Au final, on peut toujours discuter des choix de Hervé Renard et remettre en cause l’impartialité de l’arbitre ou le dysfonctionnement de la VAR lors du fameux match face au Portugal, mais on ne peut pas nier le travail accompli jusqu’ici par les instances du football marocain. Fédération, entraîneur et joueurs ont tous été des acteurs prépondérants dans ce renouveau, réconciliant ainsi les supporters avec l’équipe nationale, comme en témoigne le déplacement en masse des Marocains en Russie.

L’histoire est en marche pour une équipe pleine de promesses et pétrie de qualités. L’équipe du Maroc est certes éliminée mais elle a gagné le respect de ses adversaires et fait plaisir à voir. To be continued… la CAN en janvier 2019 ?

 

Mots-clés Russie 2018