Officialisation de l’amazighe :  le Parlement traîne le pas
27 avril 2018
Tahar Abou El Farah (966 articles)
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Officialisation de l’amazighe : le Parlement traîne le pas

L’examen du projet de loi organique reprend dans deux semaines.

La commission de l’enseignement, la culture et la communication reprend, dans deux semaines, l’examen des deux projets de lois organiques relatifs à la mise en œuvre de l’article 5 de la Constitution. La date du 15 mai a été fixée pour ce faire. Les deux textes, celui relatif au Conseil national des langues et de la culture marocaine et celui relatif à l’officialisation de l’amazighe, ne sont pour autant pas près d’être adoptés. En fait, ce n’est pas la commission qui reprend son examen, mais une sous-commission créée à cet effet. Or, d’après le ministère chargé des relations avec le Parlement, la commission avait déjà finalisé l’examen de ces deux textes, le 31 janvier dernier. En théorie, il devait être voté avant d’être programmé pour examen et vote en séance plénière. Mais la commission a décidé de tout reprendre depuis le début, en confiant les deux projets de lois organiques à une sous-commission. Notons que les deux textes, qui, selon la Constitution, devaient être adoptés avant la fin du mandat de l’ancien gouvernement, n’ont été déposés au Parlement que le 30 septembre 2016, soit une semaine avant les élections législatives. L’ancien gouvernement avait alors été accusé d’avoir retardé sciemment la présentation de ce texte pour des raisons idéologiques. Aujourd’hui, malgré les bonnes intentions affichées par l’actuel Exécutif à ce sujet, cela fait un an et sept mois que les deux projets de lois organiques végètent à la commission. Cela alors que, selon le ministre de la culture et de la communication qui a présenté le texte devant le Parlement, ce projet «est le fruit d’une approche participative, notamment à travers les mémorandums adressés au ministère par l’IRCAM et l’interaction avec les revendications des différents partis et forces démocratiques». Avec le projet de loi relatif à l’exercice de droit de grève, ce sont les trois seuls projets de loi organique qui n’ont pas encore été adoptés.