France – Prise d’otages à  Toulouse : Une femme libérée, le dialogue se poursuit
20 juin 2012
Lavieeco (25435 articles)
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France – Prise d’otages à  Toulouse : Une femme libérée, le dialogue se poursuit

Un des otages, une femme, a été libérée, et les discussions sont en cours concernant les trois autres.

Un homme se réclamant d’Al-Qaïda a pris en otages mercredi matin quatre personnes dans une banque de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, théâtre en mars des tueries du jeune jihadiste Mohamed Merah, ont indiqué à l’AFP des sources policières.

Un des otages, une femme, a été libérée, et les discussions sont en cours concernant les trois autres, a-t-on appris de source policière et auprès du ministère de l’Intérieur.

L’homme, qui affirme agir par conviction religieuse et non pour l’argent, a pénétré dans la banque à 10H10 (08H10 GMT) et s’y est enfermé avec quatre otages, dont le directeur de la banque.

Il a tiré un coup de feu au début de la prise d’otages, a précisé une source policière, mais personne n’aurait été blessé.

Jointe par téléphone, sa soeur a déclaré à l’AFP que son frère était âgé de 26 ans et qu’il « avait la rage et peur du monde extérieur ». Cette jeune femme de famille nombreuse, qui habite Toulouse, a annoncé son intention de se rendre sur les lieux de la prise d’otages.

De source proche du dossier, on précisait que le preneur d’otages présumé était un « schizophrène » qui pourrait être « en rupture de traitement ».

« On ne sait pas pour l’instant s’il s’agit d’un braquage qui a mal tourné ou si c’est une action délibérée », a dit une source policière.

« L’hypothèse la plus probable est que ce type est fou, ce qui ne le rend pas moins dangereux », selon une source proche de l’opération.

« Un dispositif est en train de se mettre en place pour engager le dialogue » avec l’homme, a dit le procureur de Toulouse, Michel Valet.

Le preneur d’otages avait d’abord demandé avec insistance de l’argent aux employés de la banque mais, n’ayant pas été pris au sérieux, il avait sorti son arme, a-t-on appris de source policière.

Selon la même source, il est connu des services de police pour des faits dont la nature n’a pas été précisée. Selon deux sources policières, il se nomme « Boumaza », une identité donnée phonétiquement qui reste à confirmer formellement.

La prise d’otages se déroule à 500 mètres de l’immeuble où était retranché Merah quand il a été tué le 22 mars par les hommes du Raid, l’unité d’élite de la police française.

Des unités d’intervention de Bordeaux (sud-ouest) et Marseille (sud-est) sont en route pour Toulouse et un périmètre de sécurité a été mis en place pour tenir les curieux à l’écart dans un rayon de 200 mètres autour de la banque, a constaté un journaliste de l’AFP. Selon des témoins, les parents des élèves d’une école voisine ont reçu des textos leur demandant de venir chercher leurs enfants.

Cette prise d’otages intervient après les tueries de mars perpétrées par Mohamed Merah, un Français d’origine algérienne de 23 ans.

Ce dernier avait semé la terreur en mars en tuant trois militaires d’origine maghrébine et quatre personnes de confession juive entre le 11 et le 19 mars.

Il avait d’abord tué un premier parachutiste à Toulouse le 11 mars, avait ensuite tiré froidement sur trois parachutistes dont deux ont succombé le 15 à Montauban, puis avait tué le 19 mars trois enfants et un enseignant juifs de Toulouse, tout en blessant gravement un adolescent de 15 ans et demi.

Se réclamant d’Al-Qaïda, il avait finalement été abattu le 22 mars par le Raid lors de l’assaut de l’appartement où il était retranché.

L’affaire Merah avait mis en lumière les lacunes du contre-espionnage français, critiqué pour n’avoir pas pris au sérieux un homme qui s’est rendu notamment au Pakistan et en Afghanistan.

Ces tueries avaient suscité une immense émotion en France. En pleine campagne électorale, l’ex-président Nicolas Sarkozy avait considéré que le « traumatisme » ressenti dans le pays était « un peu » comparable au 11-Septembre pour les Etats-Unis.

Les attaques de Merah ont été commentées sur les forums jihadistes où certains les avaient défendues, selon le centre américain de surveillance de sites islamistes SITE.

Dans une vidéo diffusée sur YouTube, un imam conservateur de Toulouse, Abdelfattah Rahhaoui, avait en revanche lancé une mise en garde aux jeunes musulmans de France pour ne pas se laisser entraîner comme Mohamed Merah dans l’action violente par une lecture erronée de l’islam ou par quelques fanatiques.