PEKIN (AFP)

La Chine n'a pas l'intention "d'acheter l'Europe" en crise

La Chine s'est voulue rassurante vendredi, expliquant ne pas avoir l'intention "d'acheter l'Europe" en crise, au deuxième jour d'une visite de la chancelière allemande Angela Merkel, que les autorités ont par ailleurs empêchée de rencontrer des journalistes et un avocat connu.

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre chinois Wen Jiabao à Guangzhou, dans le sud de la Chine

La Chine s'est voulue rassurante vendredi, expliquant ne pas avoir l'intention "d'acheter l'Europe" en crise, au deuxième jour d'une visite de la chancelière allemande Angela Merkel, que les autorités ont par ailleurs empêchée de rencontrer des journalistes et un avocat connu.

La Chine n'a ni l'intention ni les capacités "d'acheter l'Europe", a déclaré le Premier ministre Wen Jiabao lors d'un forum économique à Canton (sud) auquel il participait en compagnie de Mme Merkel et de patrons de grands groupes chinois et allemands.

Soulignant la volonté de son pays d'aider l'Europe à surmonter la crise de la dette, il a précisé que "certains pensent que cela veut dire que la Chine veut acheter l'Europe". "C'est une inquiétude qui ne correspond pas à la réalité. La Chine n'a pas cette intention et n'en a pas la capacité", a-t-il ajouté alors que des entreprises chinoises multiplient les acquisitions sur le Vieux continent.

M. Wen avait souligné jeudi à Pékin "l'urgence" pour l'Europe de régler la crise de la dette et indiqué que la Chine envisageait une "participation accrue" au Fonds européen de stabilité financière (FESF), et au Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds de secours permanent qui va lui succéder et doit être mis en place en juillet.

La chancelière allemande s'était efforcée pour sa part de rassurer ses hôtes chinois sur la viabilité de l'euro et la capacité de l'Europe à surmonter cette crise.

La Chine détiendrait plus de 550 milliards de dollars de dette souveraine européenne, selon des informations d'experts non confirmées officiellement.

Les PDG de Siemens Peter Löscher et de Volkswagen Martin Winterkorn participaient notamment à ce forum, ainsi que le patron du fabricant chinois d'ordinateurs Lenovo, Yang Yuanqing ainsi que le celui de la China Development Bank, Chen Yuan.

Wen Jiabao a également cherché à rassurer ses interlocuteurs sur le respect de la propriété intellectuelle en Chine, premier marché mondial de la contrefaçon.

"Bien que nous n'ayons eu que 30 années de réformes, nous réalisons de plus en plus que la protection de la propriété intellectuelle n'est pas uniquement réservée aux étrangers -- elle bénéficie aussi à la Chine", a déclaré le chef du gouvernement chinois.

La chancelière allemande, qui a déclaré ne pas vouloir éluder les droits de l'Homme au cours d'une visite consacrée pour l'essentiel aux questions économiques, a buté sur la décision du pouvoir communiste de lui interdire certaines rencontres.

Me Mo Shaoping, défenseur du lauréat emprisonné du Nobel de la paix Liu Xiaobo et de l'avocat Gao Zhisheng, a ainsi indiqué à l'AFP que la police l'avait empêché jeudi de se rendre à une réception à l'ambassade d'Allemagne donnée en l'honneur de la chancelière à laquelle il avait été convié.

Interrogée vendredi, l'ambassade d'Allemagne n'a pas souhaité faire de commentaires.

A Canton, Mme Merkel avait demandé à rencontrer des journalistes du groupe Nanfang, connu pour ses positions réformistes, mais a essuyé un refus des autorités chinoises, selon une source au sein de la délégation allemande.

A Pékin, Mme Merkel a souligné l'importance de la liberté d'expression et de la liberté sur internet, lors d'une conférence de presse avec Wen Jiabao.

Samedi, elle doit rencontrer l'évêque catholique de Canton avant de regagner l'Allemagne.

© 2012 AFP

2012-02-03 - 11:03:55

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