|
||
KHALID AYOUCH
DG de FinAccessLa Vie éco : Quel est selon vous l'apport des AMT au marché ? Khalid Ayouch : L’intérêt d’un prix sur la gestion collective est multiple. D’une part, il sensibilise la clientèle des particuliers à l’intérêt des approches quantitatives de l’évaluation des fonds, et notamment sur le fait que les classements uniquement basés sur la performance ne sont pas une panacée. De plus en plus de prix s’intéressent aux performances corrigées par le risque, à travers des mesures telles que l’alpha, le ratio d’information, le ratio de Treynor… D’autre part, les récompenses permettent aux gestionnaires d’OPCVM une communication sur la qualité de leur gestion, sur la base d’une évaluation externe. Pour finir, tout prix a un rôle non négligeable d’animation du marché, il participe à l’essor de la profession, fait connaître les différents acteurs de la place, et ces rendez-vous annuels sont toujours l’occasion de faire le point sur l’évolution du marché. Le choix de mesure de la performance s’est porté sur le ratio de Treynor, quelles sont les spécificités de ce ratio ? Le ratio de Treynor mesure la capacité du gérant à obtenir une prime à l’achat de risque systématique, c’est-à-dire à réaliser une performance supérieure à celle du marché, à risque systématique identique. Le ratio de Treynor mesure le surplus de rentabilité par rapport à celui d'un investissement sans risque, par unité de risque de marché. Cette mesure fait donc partie des ratios de rendement ajusté du risque, au même titre que le ratio de Sharpe, par exemple. Sa particularité est de prendre en compte le risque systématique, à travers la mesure du bêta du fonds, par rapport à un indice de marché. C’est là une différence notable avec le ratio de Sharpe, qui utilise, pour qualifier le risque, une mesure globale de celui-ci : la volatilité. |
||
|
||
HASSAN BOULAKNADAL Président de l’AsfimLa Vie éco : Comment qualifieriez- vous l'apport des AMT aumétier de la gestion collective au Maroc ? Hassan Boulaknadal : Depuis la mise en place de l'industrie de la gestion collective en 1995, le marché des OPCVM s'est inscrit dans une décade de forte croissance aussi bien en terme de nombre de produits qu'en terme d'actifs sous gestion. Cette croissance de l'offre s'est accompagnée d’un effort d'innovation de la part des gestionnaires, appuyés en cela par le régulateur du marché afin de faciliter aux porteurs de parts la lecture et la comparaison entre les OPCVM. Les AMT s'inscrivent pleinement dans cette optique. En recourant aux AMT, les organisateurs permettent au grand public d'avoir un baromètre de comparaison entre les produits d'une même classe d'actifs afin de mieux cerner les risques intrinsèques et apprécier la valeur ajoutée de la société de gestion compte tenu du contexte général des marchés. Quels sont les atouts de la nouvelle méthodologie ? L'environnement financier est par nature changeant. Les organisateurs des AMT sont sensibles à cette donne et ont choisi d'accompagner le marché dans sa quête d'une communication juste et reflétant au mieux les atouts de notre métier. La nouvelle méthodologie des AMT répond ainsi à deux aspects. Primo : mieux cerner les classes d'actifs en comparant les OPCVM ayant des politiques d'investissements les plus proches possible. Secundo : la prise en compte d'un nouvel indicateur qui permet de mesurer le différentiel de performance des gestionnaires par rapport au marché. La nouvelle méthodologie est donc une manière d’apprécier les performances des OPCVM en les comparant aux indicateurs du marché. Cette nouvelleméthodologie constitue également un élément structurant pour le secteur de la gestion collective. Aux termes de la convention, l’Asfim s’engage à centraliser et à fournir des données jusque-là non communiquées. Comment êtes-vous organisés pour ce faire ? Comme vous le savez, faire des traitements sur les séries chronologiques suppose que l’on dispose de données fiables et continues. Dans le cas des AMT, cela implique que l’on dispose à la fois des valeurs liquidatives et des données sur les différents benchmarks. La base des données de l'Asfim permet aujourd’hui de répondre parfaitement à cet impératif. Par ailleurs, la nouvelle exigence en terme de communication des agrégats des portefeuilles exigée par le CDVM permet de faire le travail avec des probabilités d’erreurs minimales. Ainsi, la constitution de pools d’OPCVM et la restitution des calculs ne devrait pas être un sujet de discussion. Un délai d’un an a été laissé aux gestionnaires, le temps de piloter leur gestion en fonction de la nouvelle méthodologie. Pensez-vous qu'ils seront prêts d'ici là ? Les AMT sont une parmi d’autres méthodes de comparaison des performances des OPCVM. Les différentes rencontres entre les promoteurs de cet événement et l’Asfim ont permis de donner encore plus d’assise à cet événement. Dès lors, le changement de l’indicateur ainsi que l’affinement des différentes classes d’actifs sont des changements suffisamment importants pour marquer un temps d’arrêt et permettre au gestionnaire d’intégrer cette nouvelle donne dans la constitution et la gestion des portefeuilles éligibles à concourir dans cet événement. De l’autre côté, la couverture progressive des historiques des différentes classes permettra de donner un sens aux résultats. Par ailleurs, la forte intégration informatique de notre profession ainsi que le bon niveau des compétences permettent de se conformer aux nouvelles règles. Nous somme d’ores et déjà prêts.. |
||
|
||
KHALID CHEDDADI PDG de la Caisse interprofessionnelle marocaine de
retraiteLa Vie éco : Qu'est-ce qui vous pousse à soutenir une manifestation comme les AMT de «La Vie éco» à travers une action de sponsoring ? Khalid Cheddadi : Avec un portefeuille de plus de 21 milliards de DH, la CIMR est un acteur majeur du secteur financier marocain. Depuis 2003, nous avons opté pour l’externalisation de la gestion opérationnelle en la confiant à des professionnels et en les responsabilisant. Soutenir une manifestation comme les AMT de «La Vie éco», c’est pour nous encourager l’émergence de gestionnaires financiers performants qui jouent un rôle primordial dans la modernisation et la dynamisation de la gestion financière dans notre pays. Nous pensons qu’un institutionnel n’est pas dans son rôle quand il agit directement sur le marché financier. Il l’est par contre quand il conçoit des stratégies de placement, identifie les classes d’actifs auxquels il compte s’intéresser, fixe l’allocation qu’il souhaite leur réserver, sélectionne les bons gestionnaires et suit leurs réalisations. Car la gestion opérationnelle sur le marché financier est un métier à part entière qui nécessite une présence permanente, un suivi rigoureux des différents marchés, des études d’anticipation et de projection, la maîtrise des techniques d’analyse financière qui ne cessent d’évoluer... Une manifestation telle que les AMT permet d’étaler les performances des gestionnaires au grand jour et de récompenser ainsi ceux qui ont eu le mérite d’investir dans les talents et les nouvelles techniques. Elle permet également aux institutionnels d’avoir un classement des gestionnaires. Pour moi, c’est une excellente initiative qui crée un esprit d’émulation qui ne peut qu’être bénéfique à tout le marché et à tous les investisseurs, et c’est pourquoi nous la soutenons depuis sa création. Vous disposez vous-même d'une sorte de palmarès interne... Effectivement, depuis 2003, date de la mise en oeuvre de la gestion financière déléguée, nous avons introduit une notion proche de celle d'un «palmarès», avec comme idée sousjacente la recherche de la meilleure performance, de plus de transparence et de la mise en oeuvre de la responsabilité. Pour remettre cette action dans son contexte, je rappelle que la gestion déléguée de la caisse est un mandat de gestion benchmarkée où la société de gestion prend des paris, autour du benchmark et en fonction d’un scénario d’évolution du marché discuté avec la caisse au sein des comités d’investissement trimestriels. Cette délégation s’accompagne d'une limitation de l’enveloppe des risques pris, d'un suivi régulier des efforts d’optimisation et enfin d'un audit du mode opératoire par un cabinet externe qui consacre un large chapitre à l’appréciation des performances et au classement des gestionnaires. En mettant en place un dispositif transparent, crédible et indépendant de classement des performances, la CIMR cherche à créer une émulation entre ses prestataires de services et à instaurer une méritocratie où les sanctions vont du retrait du mandat au doublement des actifs sous gestion. Mais, il est clair que l'on ne peut se fier à la simple performance réalisée en fin d’année pour se prononcer sur la qualité d’une gestion. Ceci est d’autant plus vrai dans le cas de la CIMR où les objectifs sont définis à long terme. Voila pourquoi, les critères d’appréciation que nous retenons sont sensiblement différents de ceux de votre manifestation. Je dirais, brièvement, que nous examinons deux volets, l'un qualitatif, l'autre quantitatif, et que nous accordons moins d’importance aux ratios quand ils se tiennent dans un mouchoir de poche. La compliance, le reporting, la qualité des recherches et études d’impact sont, pour une caisse de retraite, des facteurs importants à prendre en considération. Comment la CIMR gère-t-elle ses excédents via les OPCVM ? La gestion financière suit des principes de séquence des études et des instances, de processus d’investissement et de séparation des tâches. Dans sa conception, la gestion financière part de l’étude ALM et d’une allocation des actifs revue périodiquement par un consultant externe de premier ordre. Une fois l’univers d’investissement et les objectifs cernés, le choix du véhicule juridique (mandats, fonds dédiés, contrat de conseil...), du prestataire de service et du mode opératoire viennent encadrer la gestion par classe d’actifs. La mise en oeuvre, quant à elle, est segmentée de façon à dresser des «murailles de Chine» entre le tactique, le stratégique, le conseil et analyse et enfin l’audit. Dans ce dispositif immuable, les sociétés de gestion participent en tant que mandataires de la CIMR pour gérer, en toute indépendance, l’argent qui leur est confié selon les termes d’un mandat. Elles constituent un maillon important de gestion où la qualité intrinsèque et la capacité à générer de l’alpha seules ne suffisent pas. Je peux dire que nous sommes bien placés pour témoigner de leurs efforts d’amélioration et de professionnalisation. Aujourd’hui, nous travaillons avec sept sociétés de gestion mandataires, aussi bien au Maroc qu'à l’étranger, dont deux nouveaux gestionnaires, entrés consécutivement à un palmarès. A fin 2007, nous estimons que notre expérience est très concluante et nous en sommes pleinement satisfait.. |
||