Les listes présentées par la majorité menée par l'Union pour un Mouvement populaire (UMP) au 1er tour des régionales françaises, tenu dimanche, sont devancées par celles du Parti socialiste (PS), qui peut encore compter sur le renfort de ses alliés pour le second tour, dans un scrutin marqué par un taux d'abstention record de 53,6 %, relève, lundi, la presse hexagonale.
"Le total des voix de gauche avoisine les 50 %", relève +Les Echos+, estimant que "la droite s'attendait à des régionales difficiles, mais sans doute pas à ce point-là".
"Le score de toute la droite parlementaire hier (dimanche), inférieur à celui du seul PS, pose aussi deux questions majeures: l'impopularité de l'exécutif à mi-mandat et l'inefficacité électorale du rassemblement de la droite dès le premier tour, qui était censé créer une dynamique gagnante", souligne +Les Echos+.
"La déroute se confirme pour le parti présidentiel", affirme, pour sa part, +Le Figaro+, rappelant que "d'après le ministère français de l'Intérieur, dans chacune des 22 régions de métropole, l'UMP est distancé au premier tour des régionales par le PS, qui rafle 29,5 PC des suffrages".
Pour ce qui est de "l'abstention particulièrement élevée, à 53,6 PC selon les chiffres définitifs, soit 14 points de plus qu'au premier tour des régionales de 2004", le quotidien avance plusieurs facteurs ayant pu contribuer à ce phénomène.
"Les vingt-six conseils régionaux ne sont élus au suffrage universel direct que depuis 1986 et beaucoup de Français ignorent le nom du président de leur région", estime +Le Figaro+.
"De surcroît, les régionales interviennent en période de crise économique et sociale où les Français attendent davantage de l'Etat que d'initiatives locales", ajoute le quotidien.
Du côté de l'UMP, "tout reste ouvert" et "rien n'est donc joué pour le second tour dans de nombreuses régions françaises".
Evoquant les résultats du scrutin depuis l'hôtel Matignon, le Premier ministre, M. François Fillon, a appelé "tous les électeurs de la majorité présidentielle à se mobiliser pour le second tour au-delà des étiquettes partisanes".
La première secrétaire du PS, Mme Martine Aubry a souligné que son parti était à "un de ses plus hauts niveaux historiques".
Selon Mme Aubry, "les Français ont envoyé un message clair et fort, ils ont aujourd'hui exprimé leur refus d'une France divisée, angoissée et affaiblie".
Néanmoins, "le débat n'aura pas vraiment passionné et le vote n'aura pas déplacé les foules", fait noter +Libération+, pour qui "avant les résultats, c'est surtout le chiffre de l'abstention qui marque les esprits".
Lors de ces régionales, plus de 44 millions d'électeurs ont été appelés à désigner 1.880 conseillers régionaux qui siègeront pour un mandat de quatre ans dans les nouvelles Assemblées des 26 régions de France avec l'Outremer.
Au deuxième tour, prévu dimanche prochain, seules les listes ayant obtenu 10 pc des voix pourront se maintenir. Avec 5 pc, elles pourront pactiser avec une liste maintenue.
Source : MAP