Elles ne couvrent plus que 5.7 mois d'importations.
Les réserves en devises du Maroc s’effritent chaque mois un peu plus. A fin décembre 2011, les avoirs nets détenus par Bank Al-Maghrib ont atteint 166,4 milliards de DH, soit une baisse de 11,2% par rapport à fin 2010 ou 21 milliards en moins en une année. En y ajoutant les quelque 3 milliards de DH (chiffre estimé) détenus par les banques commerciales, les réserves en devises globales du Maroc s’établissent à près de 169,4 milliards de DH, soit plus de 23 milliards de baisse par rapport à 2010.
Rapportées aux importations de 2011, qui ont atteint 355 milliards de DH à fin décembre, ces réserves ne couvrent plus que 5,7 mois d’importation. A fin 2010, les avoirs nets en devises du Maroc, qui totalisaient 192,6 milliards de DH, couvraient 7,8 mois d’importation.
Cette situation s’explique par le renchérissement de la valeur des importations. Leur progression a atteint 19,1% en 2011, imputable à hauteur de 40% à la flambée des produits pétroliers (+32,7%). Certes, les exportations du Maroc en 2011 ont bien évolué (+13%), de même que les recettes des MRE (+7,3%), de voyages (+6%) et les investissements et prêts privés étrangers (+23,8%). Mais cela n’a pas suffi pour contenir la dérive des importations, ce qui a poussé les banques à puiser dans les réserves pour combler l’augmentation des besoins en devises des importateurs.
La situation est-elle devenue inquiétante ? Pas pour Bank Al-Maghrib en tout cas, dont les responsables estiment que le Maroc dispose toujours d’un niveau de réserves acceptable. Mais compte tenu de la conjoncture internationale qui continue à tirer à la hausse le prix des matières premières, les réserves en devises risquent de s’effriter davantage en 2012.